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ZNIEFF 110001452
ZONES HUMIDES DE LA POUSSARDERIE ET DE PAINCOURT

(n° régional : 78164006)

Commentaires généraux

Ce vaste ensemble de prairies, friches humides et roselières se caractérise par une faible diversité floristique qui s'explique par l'abandon de ces terrains humides et l'uniformisation progressive de la végétation qui s’en suit. Néanmoins, plusieurs espèces végétales intéressantes comme le Sélin à feuilles de Carvi (Selinum carvifolium), grande et rare ombéllifère abondante en limite de magnocariçaie et de phragmitaie, la Potentille droite (Potentilla recta), présente sur la prairie mésophile et le long des chemins sablonneux, ou encore la Centaurée de Timbal (RRR) (Centaurea timbalii), la Petite Berle (Berula erecta) et le Millepertuis anguleux (Hypericum maculatum obtusiusculum).

Ces milieux humides abritent une faune riche et extrêmement diversifiée comme l’illustrent parfaitement les nombreuses espèces d’insectes qui ont été recensées sur le site (plus de 600). Quatre d’entre elles sont protégées en Ile-de-France dont 2 espèces de lépidoptères nocturnes particulièrement rares : l'Ecaille marbrée rouge (PR) (Callimorpha dominula), inféodée aux mégaphorbiaies des bords de ruisseaux, la Noctuelle du Roseau-à-balais (PR) (Arenostola phragmitidis), espèce paludicole dont les chenilles minent les tiges du Roseau commun. D'autres lépidoptères diurnes peu fréquents comme le Nacré de la Sanguisorbe (Brenthis ino), inféodé aux mégaphorbiaies, le Grand et le Petit Mars changeant (Apatura iris et Apatura ilia), espèces qui fréquentent également les prairies humides mais qui affectionnent plus particulièrement leurs lisières riches en saules, sont également bien repésentés sur cette grande zone humide. Plus sèche, la petite prairie mésophile est le milieu de prédilection du Demi-deuil (Melanargia galathea) et de l’Hespérie de l’Alcée (Carcharodus alceae).

Les coléoptères sont aussi très diversifiés sur le site et plusieurs taxons sont d’un grand intérêt patrimonial comme la Panagée Grande-croix (PR) (Panageux crux-major), espèce hygrophile caractéristique des prairies tourbeuses qui est légalement protégée en Ile-de-France, la Panagée à deux tâches (Panageux bisputulatus), espèce voisine encore plus rare mais au contraire inféodée aux lisières thermophiles des terrains sablonneux qui bordent le site où elle côtoie ici la Chrysomèle sanguine (Chrysolina sanguilonenta), espèce des friches sèches en voie de raréfaction qui se développe sur les linaires, l'Anchomène endeuillé (Agonum lugens), hôte rare et exclusif des terrains marécageux et des grandes phragmitaies, le Carabe enchevêtré (Carabus intricatus), espèce rarissime sur le massif de Rambouillet qui se cantonne ici au boisement mixte situé au sud du site, et de nombreuses autres espèces peu fréquentes et en forte régression dans la région comme le Ptérostique inégal (Pterostichus inaequalis), le Cychrus caraboide (Cychrus caraboides), le Carabe à chapelets (Carabus monilis), le Clairon des rayons (Trichodes alvearius), le Crache-sang (Timarcha tenebricosa) pour ne citer que les principales. On notera également la présence du Staphylinus dimidiaticornis, grand staphylin des prairies marécageuses.

Les orthoptères et les odonates sont en revanche peu diversifiés. On citera tout de même la présence de la Grande Aeschne (PR) (Aeshna grandis), grande et rare libellule observée à plusieurs reprises en chasse sur les friches humides(en l'absence d'indice de reproduction elle ne figure pas dans la liste des espèces déterminantes), et la Decticelle bariolée (Metrioptera roeselii), sauterelle encore assez commune des prairies hygrophiles mais qui présente ici d'importants effectifs de population.

L’étude de L'avifaune a permis de recenser plusieurs espèces remarquables pour la région, sans pour autant que leur effectifs ne leur permettent d’être déterminantes. Il s’agit notamment de la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), dont 5 à 6 couples se reproduisent probablement sur le site, du Martin-pêcheur (Alcedo atthis), de la Bécasse des bois (hivernante). D’autres espèces intéressantes probablement nicheuses dans les boisements périphériques fréquentent régulièrement le site, comme la Bondrée apivore et l'Epervier d'Europe. A noter enfin qu’un Aigle botté (Hieraaetus pennatus) a été observé sur ce site au printemps 2009.

Commentaires sur la délimitation

Les secteurs anthropisés ou trop fortement dégradés (prairies surpâturées à l’Est du site et anciens bâtiments de la ferme aujourd'hui restaurés) ont été systématiquement exclus du périmètre. La délimitation tient compte de la répartition des espèces remarquables et de l’homogénéité des habitats au sein de la zone humide (même entité écologique fonctionnelle). Deux parcelles boisées situées au sud de la zone ont été incluses en raison des nombreuses espèces remarquables qu’elles abritent. Au niveau cartographique, les limites sont calées au maximum sur des structures existantes (chemins, lisières forestières, bord de route…).