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ZNIEFF 110020246
VALLÉE DE LA MÉRANTAISE À CHÂTEAUFORT

(n° régional : 78117002)

Commentaires généraux

Ce vaste ensemble de fond de vallée est constitué de plusieurs prairies humides et mésophiles, de quelques friches à grandes herbes et roselières et de boisements alluviaux ; tous ces milieux étant organisés autour de la rivière de la Mérantaise.

La grande variété des habitats et les diverses modalités de gestion permettent le développement d’une flore riche et diversifiée comme en témoigne le nombre important d’espèces végétales recensées (347 espèces). Plusieurs d’entre-elles sont rares dans notre région comme le Dryoptéris écailleux (Dryopteris affinis subsp.borreri), grande fougère caractéristique des chênaies fraîches sur sols acides, et du Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum), fougère protégée en Ile-de-France que l’on rencontre dans les boisements de ravins et parfois comme ici dans les forêts marécageuses aux abords des cours d’eau.

D’autres espèces assez rares dans notre région doivent également être citées comme le Vulpin roux (Alopecurus aequalis), l’Amaranthe livide (Amaranthus blitum), la Laîche vert-jaunâtre (Carex viridula subsp.oedocarpa), la Grande Ciguë (Conium maculatum), le Souchet brun (Cyperus fuscus), le Millepertuis anguleux (Hypericum maculatum subsp.obtusiusculum), le Myosotis raide (Myosotis stricta) et l’Orchis mâle (Orchis mascula).

Au niveau de la faune, cette grande variété de milieux implique une grande diversité d’espèces dont plusieurs d’entre elles, liées aux zones humides, sont rares et même protégées en Ile-de-France. C’est le cas de l’Ecaille marbrée-rouge (Callimorpha dominula), papillon menacé inféodé aux prairies et friches humides. Autrefois très largement répandues dans notre région, ses populations sont aujourd’hui très dispersées et pour l’essentiel localisées à quelques vallées humides de la Seine-et-Marne, de l’Essonne et surtout des Yvelines où l’espèce est encore assez abondante sur le secteur rambolitain. Le Panagée à grande croix (PR) (Panageus crux-major), est un petit carabique qui colonise aussi les prairies tourbeuses et les saulaies marécageuses. En forte raréfaction ces dernières décennies, l’espèce a également été inscrite sur la liste de protection régionale afin de tenter d’enrayer son déclin.

Le Cordulégastre annelé (PR) (Cordulegaster boltonii), également protégé en Ile-de-France, est une grande libellule que l’on rencontre au niveau des sources et suintements intra-forestiers dans les boisements marécageux ainsi que sur les petites rivières des forêts alluviales. Assez rare et localisé dans notre région, le Cordulégastre annelé est assez fréquent sur le massif de Rambouillet et dans le Parc naturel régional où ses habitats de prédilection sont encore largement représentés. Sur le site, l’espèce est fréquente en raison des nombreuses sources et résurgences présentes à ce niveau topographique. La Mante religieuse (PR) (Mantis religiosa), également protégée dans notre région, est au contraire une espèce thermophile qui exploite les milieux ouverts et ensoleillés. Encore abondante jusque dans les années 60, elle a fortement decliné depuis cette époque et ne se maintient plus aujourd’hui que par de petites populations relictuelles souvent très pauvres en individus. Peu commune sur le site, elle reste cantonnée aux ourlets broussailleux des prairies mésophiles.

D’autres espèces rares liées aux zones humides doivent par ailleurs être signalées. Les prairies humides, les mégaphorbiaies et les petites roselières hébergent l’Elaphre des marécages (Elaphrus uliguinosus), le Carabe à chapelets (Carabus monilis), le Drypte échancré (Drypta dentata), la Lébie à tête verdâtre (Lebia chlorocephala), le Lixus des iris (Lixus iridis) et le Crache-sang (Timarcha tenebricosa). Dans les aulnaies humides on peut aussi observer l’Ophone à antennes tâchetées (Parophonus maculicornis), le Leistus à barbe épineuse (Leistus spinibarbis) et surtout le rare Leistus roussâtre (Leistus terminatus). On notera la présence :

- de l’Ophone ponctué (Metophonus puncticollis), carabique lié aux milieux ouverts et sablonneux peu fréquent dans notre région ;

- d’un staphylin rare (Lesteva pubescens) dans le bassin de la Seine lié aux grands marécages forestiers ;

- d’un charançon des zones humides (Hypera conmaculata) qui semble ne jamais avoir été observé dans notre région auparavant.

Sur le périmètre de la réserve naturelle, les vestiges du château d’Ors ont en partie été investis par les chiroptères suite à leur abandon. En effet, d’anciennes caves/champignonnières et un enrochement ornemental sont aujourd’hui utilisés chaque hiver par une vingtaine de chauves-souris appartenant à 6 espèces qui y trouvent les conditions microclimatiques nécessaires à leur phase léthargique : le Vespertilion de Daubenton (Myotis daubentonii), le Vespertilion de Natterer (Myotis nattererii), l'Oreillard roux (Plecotus auritus), le Vespertilion à moustaches (Myotis mystacinus), le Vespertilion de Bechstein (Myotis bechsteinii) et la Sérotine (Eptesicus serotinus). Parmi elles, il faut surtout remarquer la présence du Vespertilion de Bechstein, espèce très rare en Ile-de-France qui figure à l’annexe II de la directive européenne « Habitats ». Principalement arboricole, cette espèce ne fréquente les milieux souterrains qu’aux périodes les plus froides de l’hiver où on la rencontre toujours par individus isolés. Sa population hibernante régionale connue est d’environ 20 individus et seulement 2 gîtes d’hibernation sont connus sur le territoire du Parc naturel.

Parmi la cinquantaine d’oiseaux nicheurs observés sur ce secteur, on retiendra la présence de la Bergeronnette des ruisseaux (PN) (Motacilla cinerea) dont un couple niche régulièrement aux abords du moulin d’Ors.

Au niveau des Fonds de Mérancy, l’ancien lit de la Mérantaise constitue aujourd’hui un petit ruisseau calme bien pourvu en végétation aquatique dans lequel se rencontre la discrète et peu fréquente Musaraigne aquatique (Neomys fodiens).

La Mérantaise héberge sur son secteur aval (entre Ors et les Vassaux) des espèces aquatiques remarquables qui témoignent d’un milieu de très bonne qualité. Ainsi, on trouve l’une des 3 populations reproductrices sur le territoire de la Truite de rivière (Salmo trutta fario), l’unique population connue de Vairon (Phoxinus phoxinus), l’unique observation de l’Anguille (Anguilla anguilla) sur le bassin versant de l’Yvette amont.

Il est important de noter la découverte récente (2010) au sein des friches humides de la vallée du rare Vertigo de Des Moulins, petit escargot méconnu inscrit à l’annexe II de la directive Habitats.

Des inventaires complémentaires sont nécessaires pour les groupes biologiques peu ou non étudiés (mousses, champignons) ainsi qu’une actualisation de certaines données botaniques.

Commentaires sur la délimitation

La délimitation proposée tient compte de la répartition des espèces animales et végétales remarquables, des habitats qui leur sont associés et de l’entité écologique cohérente et fonctionnelle qu’ils constituent (zone d’écrêtage des crues, enchevêtrement de zones ouvertes et boisées de fond de vallée). Les milieux dégradés ou trop anthropisés ont été exclus du périmètre, ce qui implique de scinder la znieff en deux noyaux (secteur du centre-bourg). En revanche, quelques éléments artificiels ont été conservés en raison de leur intégration dans le milieu et de leur grand intérêt chiroptérologique (caves, enrochement). La délimitation s'appuie principalement sur des éléments physiques facilement identifiables (axes routiers, lit de rivière, chemins, lisière forestière). Dans le cas où la délimitation longe le cheminement d’un cours d’eau, le lit mineur de celui-ci est systématiquement inclus au zonage.

Suite à l'avis du CSRPN, les parcelles forestières 97 et 98 ont été rajoutées au périmètre. Ces même parcelles font l'objet d'un agrandissement de la Réserve Naturelle Régionale du Domaine d'Ors.