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ZNIEFF 110020289
ZONE HUMIDE DE MAINCOURT ET RAVIN FORESTIER DE L'ANGOUMOIS

(n° régional : 78193001)

Commentaires généraux

La partie en marais se compose de nombreux habitats hygrophiles (rivières, friches à mégaphorbiaie, roselières, boisements marécageux) et abrite une grande roselière.

L’intérêt botanique de cette zone de marais alluvial est fort en raison de la présence de la Lathrée clandestine (PR) (Lathraea clandestina). Protégée en région Ile-de-France la Lathrée clandestine est une petite plante parasite qui se développe sur les berges de rivières en forêt alluviale. Sur le site, plusieurs stations ont été identifiées de part et d’autre du cours de l’Yvette. La sauvegarde des populations de Lathrée clandestine dans cette vallée constitue un enjeu patrimonial de premier ordre pour la préservation de cette espèce en Ile-de-France.

D’autres espèces remarquables se rencontrent sur le site comme le Potamot de Berchtold (Potamogeton berchtoldii), petite plante aquatique rare qui prospère dans une mare depuis les travaux de curage réalisés. D'autres assez rares en région Ile-de-France sont à signaler comme la Petite Berle (Berula erecta), la Cardamine amère (Cardamina amara)...

Bien que ce marais ne présente plus le même intérêt avifaunistique que par le passé du fait de son boisement progressif, plusieurs espèces peu courantes continuent de la fréquenter. Son principal intérêt est lié à l’existence de grandes roselières parsemées de saules qui servent à la nidification d’oiseaux devenus rares comme la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti) (PN/R) et le Râle d’eau (AR) (Rallus aquaticus) pour lesquels le site abrite 1 à 2 couple nicheurs et jusqu’à 6 hivernants.

La rudéralisation de roselière a favorisé la Rousserolle verderolle (PN/R) (Acrocephalus palustris) présente depuis au moins 2004.

Le Martin pêcheur (Alcedo atthis) (PN), régulièrement capturé à l’occasion des séances de baguage (programme STOC) est susceptible de nicher dans les berges abruptes de l’Yvette. Espèce inscrite en Annexe 1 de la Directive Oiseaux, considéré comme rare en Île-de-France et particulièrement sensible aux conditions hivernales, aucun indice de reproduction fiable n’a été apporté sur ce site.

Malgré l’environnement forestier, la Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) (PN) est présente sur le marais à raison d’au moins 1 couple.

Anciennement nicheur, le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) (PN/R) n’a plus été observé depuis 2004, certainement suite à la dégradation de la roselière.

L'entomofaune est également très diversifiée et d’une grande valeur écologique comme en témoigne la présence de 5 espèces protégées en région Ile-de-France. C’est le cas du Cordulagestre annelé (PR) (Cordulegaster boltonii) et de l’Agrion nain (PR) (Ischnura pumilio), le premier étant relativement abondant sur ce site où il profite des nombreuses sources forestières et des anciens drains dans les roselières tandis que le deuxième reste cantonné sur la petite mare de lisière, de l’Ecaille marbrée rouge (PR) (Callimorpha dominula) et de l’Hespérie du Brome (PR) (Carterocephalus palaemon), papillons menacés inféodés aux milieux palustres en partie boisés, et du Synuque nival (PR) (Synuchus nivalis), carabique rare des boisements secs que l’on rencontre ici en périphérie du site dans les ourlets broussailleux bien exposés.

Les friches humides abritent l’Oedemère à corselet safran (Oedemera croceicollis), hôte exclusif des grands marécages, tandis que les boisements d’aulnes hébergent l’Hypulus quercinus, coléoptère mélandryde rare que l’on rencontre sous les écorces pourries des vieux arbres. D’autres espèces intéressantes comme le Calopteryx vierge (Calopteryx virgo), le Crache-sang (Timarcha tenebricosa), ou encore l’Odacantha melanura, petit carabique paludicole en forte régression, doivent également être signalées.

On notera enfin la présence de la rare et discrète Musaraigne aquatique (PN) (Neomys foediens), qui colonise le cours de l’Yvette où elle chasse les petits mollusques et insectes aquatiques.

La partie ravin représente quant à elle une formation rare à l'échelle régionale, bien que plutôt bien représentée localement sur la Vallée de Chevreuse. Les fougères, qui en constituent un des intérêts écologiques, s’y développent de façon remarquable et couvrent en certains endroits toute la largeur des flancs du ravin. A la faveur du couvert dense des arbres qui assurent non seulement un ombrage permanent mais aussi le maintien d’une importante fraîcheur et humidité de l’air, se développe un cortège diversifié de fougères dont trois d’entre-elles sont d’une grande valeur patrimoniale. C’est le cas du Polystic à soies (Polystichum setiferum), espèce caractéristique des ravins ombragés et humides qui est présente ici en formations compactes, du Blechnum en épi (Blechnum spicant), autre fougère d’affinités montagnardes qui se maintient localement en plaine dans les bois marécageux et du Dryoptèris écailleux (Dryopteris affinis subsp.borreri).

A noter également au nombre des intérêts écologique de ce ravin, la présence de nombreux chaos gréseux ombragés, sur lesquels se développent plusieurs espèces remarquables de bryophytes. La synthèse des données pour ce groupe est en cours, mais on peut notamment citer Racomitrium aciculare, aciculare espèce oréo-atlantique exceptionnelle en Ile de France.

Cet habitat des forêts de ravins ou de pentes orientées au nord (DH) est très rare en région Ile-de-France. Il constitue, par ailleurs, un milieu d’intérêt communautaire au titre de la Directive européenne « Habitats » dans laquelle il est même identifié comme « Habitat prioritaire ».

Le ravin forestier de l’Angoumois n’a pas encore fait l’objet d’investigations faunistiques mais il est probable qu’une microfaune originale et spécifique doit pouvoir s’y rencontrer. signalons cependant la présence de la truite fario (Salmo trutta fario), reproductrice sur la partie marais, ainsi que le Blaireau d'Europe, dont plusieurs terriers régulièrement fréquentés sont visibles sur les pentes du ravin.

Commentaires sur la délimitation

Concernant le ravin, la délimitation proposée tient compte de la répartition des espèces végétales remarquables et se limite, par conséquent, à l’unité physique constituée par ce dernier.

Concernant la partie marais, la délimitation proposée tient compte de la répartition des espèces remarquables, des habitats qui leur sont associés et de la fonctionnalité de l’écosystème (entité écologique cohérente, zone d’écrêtage des crues). Les milieux trop dégradés (friches arbustives au sud-ouest) ou fortement anthropisés (maison et prairie surpâturée) ont été exclus du périmètre occasionnant la scission de la zone en deux noyaux distincts. Au niveau cartographique, la délimitation s'appuie au maximum sur des éléments physiques facilement identifiables (chemins et sentes pédestres, lisière friche/cultures). Lorsque la délimitation longe un sentier, ce dernier est systématiquement exclus du périmètre, au contraire du cours d’eau dont les berges font partie intégrante de la znieff.