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ZNIEFF 110030025
BOIS DE BRATEAU, BOIS DES GAS ET PRAIRIES ASSOCIEES

(n° régional : 91579002)

Commentaires généraux

Le périmètre de la ZNIEFF regroupe une mosaïque d’habitats humides : étangs, plans d’eau, végétations basses (cariçaies, phragmitaies…), saulaies et boisements humides.

La ZNIEFF concerne une zone humide très marécageuse et en grande partie boisée (50-60%). Ces bois humides correspondent pour l’essentiel à de l’aulnaie ou de la frênaie-aulnaie inondée, en moindre mesure à des taillis de saules et rarement à de la peupleraie (très faible superficie).

Ces boisements humides sont entrecoupés de zones ouvertes marécageuses qui abritent quelques plantes classiques des marais de la vallée de la Juine, comme le Laiteron des marais (Sonchus palustris).

Au sein du Bois de Brateau, on retrouve ces habitats humides sous les lignes à haute tension, au sein des chemins. Au nord des lignes à haute tension, ces habitats sont en cours de colonisation par les boisements (mosaïque d’habitats ouverts et de frênaie-aulnaie inondée). Ces habitats sont également présents dans le Bois des Gas (zone située entre le bras de l’Essonne et le PR). Toutefois, les inventaires floristiques y ont été plus réduits du fait que n’avons pas eu accès à toutes les parcelles de cette propriété privée.

Au sein du Bois de Brateau, les milieux très inondés correspondent à une mosaïque de jonchaies à Jonc épars (Juncus effusus), de cariçaies à grandes laîches (Carex acutiformis, C. paniculata) et roselières à Grande Glycérie (Glyceria maxima) et Roseau commun (Phragmites australis).

Sous les lignes, sur un bourrelet non inondé, une friche herbacée en partie envahie par les ronces abrite une espèce intéressante : le Colchique d’automne (Colchicum autumnale). Seuls 2 pieds ont été observés entre des ronciers. Cette plante très toxique rare dans l’Essonne a également été observée (3 pieds) avec plusieurs plantes remarquables au sud du Bois de Brateau, en bordure de la Juine, au sein d’une prairie plus ou moins humide. Nous pouvons ainsi mentionner la Spergulaire rouge (Spergularia rubra), présente dans une zone un peu piétinée, et la Mauve alcée (Malva alcea). Ces deux plantes considérées comme assez rares dans l’Essonne constituent des stations qui se pérennisent puisqu’elles avaient déjà été observées précédemment. Le Passerage champêtre (Lepidium campestre), peu abondant, se développe également dans cette zone. Cette plante considérée comme assez rare dans l’Essonne n’avait jusqu’alors pas été mentionnée sur la commune de Saint-Vrain. Dans le prolongement de cette prairie, en bordure de Juine, sur la commune d’Itteville, on peut ajouter la Grande ciguë (Conium maculatum). Cette plante est assez rare dans l’Essonne.

L’Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa), une orchidée protégée en Île-de-France et signalée en 1995 dans ce secteur n’a pas été observée en 2009. Elle est probablement située dans les terrains privés qui n’ont pas pu être inventoriés. Toutefois cette plante a été recensée en 2000 au sein du Marais d’Itteville (zone qui jouxte la présente ZNIEFF).

Au nord du Bois de Brateau, une friche humide en cours de boisement est marquée par l’abondance de l’Érable Negundo (Acer negundo), une exotique envahissante. Le plan de gestion approuvé par la commune, prévoit à court terme de contenir les populations de cette espèce, voire les éliminer à long terme.

Ce plan de gestion prévoit également de restaurer les habitats marécageux ouverts et les prairies humides (élimination des ronciers, des ligneux…).

Les rives boisées de la Juine ont en général peu d’intérêt car l’ombrage empêche le développement d’une flore diversifiée. Seules quelques plantes communes ont été vues. On peut citer une espèce peu commune, le Populage des marais (Caltha palustris), rare à l’échelle communale puisque moins de 10 pieds y ont été observés.

Les rives mieux éclairées abritent une flore herbacée plus variée. Sur les berges de la Juine, la végétation hygrophile renferme surtout des espèces plus ou moins communes, avec par exemple quelques espèces peu communes comme le Rorippe amphibie (Rorippa amphibia) ou le Scirpe des bois (Scirpus sylvaticus). On peut citer également l’Oseille des eaux (Rumex hydrolapathum), une plante classique dans les grandes vallées, et le spectaculaire Laiteron des marais (Sonchus palustris), bien caractéristique des marais de la vallée de la Juine.

Les espèces remarquables observées le long de la Juine se cantonnent surtout dans le lit de la rivière avec surtout des hydrophytes fixées. La Lentille d’eau à plusieurs racines (Spirodela polyrhiza), considérée comme assez rare dans l’Essonne, est déterminante ZNIEFF en Île-de-France. Elle n’avait jusqu’alors pas été mentionnée sur la commune de Saint-Vrain. Cette plante aquatique flottante se cantonne à quelques bordures calmes. Le Rubanier simple (Sparganium emersum), rare dans l’Essonne, semble maintenir ses populations. Une renoncule a également été recensée. De détermination délicate, les échantillons observés n’ont pas permis de l’identifier avec certitude. Toutefois, il semblerait que ce soit la Renoncule flottante (Ranunculus fluitans). Cette renoncule aquatique très rare dans l’Essonne. Malgré une recherche attentive, une plante indigène remarquable citée dans la bibliographie n’a pas été retrouvée au niveau de la Juine. Il s’agit de la Lentille d’eau à trois lobes (Lemna trisulca) considérée comme assez rare dans l’Essonne.

A ces espèces indigènes, il faut ajouter dans le lit de la rivière des espèces plus ou moins rares, mais naturalisées, donc sans valeur patrimoniale : l’Azolla fausse-filicule (Azolla filiculoides), minuscule fougère flottant à la surface de l’eau, l’Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides), plante exotique parfois envahissante et l’Élodée du Canada (Elodea canadensis).

En ce qui concerne la faune, la ZNIEFF regroupe des espèces patrimoniales de milieux humides mais aussi des espèces typiquement forestières. Ainsi, l’intérêt de la ZNIEFF concerne principalement les boisements traversés par les bras de la Juine, ainsi qu’à la clairière sous les lignes à haute tension, en somme les secteurs les plus ouverts comportant des espaces en eau.

L’intérêt principal de la ZNIEFF s’attache aux insectes, plus précisément aux libellules. Aux côtés d’espèces répandues telles que le Caloptéryx éclatant (Calopteryx splendens), l’Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes) et l’Anax empereur (Anax imperator), nous relevons la présence de 5 espèces remarquables. Il s’agit de la Grande Aeschne (Aeshna grandis) qui est une espèce protégée en Île-de-France et déterminante ZNIEFF en Île-de-France. Cette espèce a été observée avec au moins un individu en chasse. De même, plusieurs mâles de Libellule fauve (Libellula fulva) ont été observés. Cette libellule fréquente et se reproduit dans les pièces d'eau stagnantes généralement ensoleillées, ou dans les parties calmes des cours d'eau. La végétation aquatique et amphibie doit y être dense. La larve est relativement exigeante quant à la qualité de l'eau. La présence de cette espèce est dispersée dans l'ensemble de l'Île-de-France, où elle est assez rare et déterminante ZNIEFF. Le Gomphe gentil (Gomphus pulchellus) avec plusieurs individus métamorphosés depuis peu en juin se reproduit sur le site. Cette libellule recherche les eaux ensoleillées faiblement courantes ou stagnantes. Les parties calmes des cours d'eau, les gravières et les rives de lacs peu végétalisées ont sa préférence. Elle est assez rare et déterminante ZNIEFF en Île-de-France. L’Agrion de Vander Linden (Erythromma lindenii), avec plusieurs individus sur les feuilles flottantes des herbiers aquatiques, fréquente aussi le site. Cette espèce se reproduit dans les eaux faiblement courantes, ou stagnantes, riches en plantes aquatiques de préférence à feuilles flottantes. Elle est en revanche peu exigeante quant à la qualité de l'eau. Elle est déterminante ZNIEFF en Île-de-France. Le Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) a été recensé sous les lignes à haute tension. Cette espèce fréquente les eaux vives peu polluées et oxygénées, qu'elles soient ombragées ou ensoleillées. Ses exigences en font un bon indicateur de la qualité des habitats qu'elle fréquente. La majorité des populations se trouve dans l'Essonne, les Yvelines et la Seine-et-Marne. Elle est assez rare et déterminante ZNIEFF en Île-de-France.

La ZNIEFF est fréquentée par 5 espèces de chiroptères. Le Murin de Daubenton (Myotis daubentoni), avec plusieurs individus en chasse au-dessus des étangs. Cette espèce se rencontre fréquemment dans les vallées et les plateaux riches en zones humides. Elle chasse très souvent au-dessus des plans d’eau et des rivières, mais elle capture aussi ses proies dans les allées forestières. Le Murin de Natterer (Myotis nattereri), avec 3 individus en chasse. Cette espèce fréquente principalement les secteurs comportant des vieux arbres à cavités. La probabilité qu’un gîte se situe dans la ZNIEFF, plus précisément dans le parc du château de Billy, est élevée. Le Murin à moustaches (Myotis mystacinus) a été observé en bordure des prairies et du hameau de Brateau (terrains de chasse). L'espèce fréquente les secteurs boisés et leurs lisières, même s'ils sont de petite dimension, du moment qu'ils sont environnés par des secteurs ouverts, parsemés ou sillonnés de haies et de buissons. On trouve ses gîtes dans les arbres creux, ainsi que dans les maçonneries ou derrière les volets des maisons. Les diptères font partie des proies les plus fréquentes pour l'espèce. La Noctule commune (Nyctalus noctula) a été contactée au-dessus de l’étang du Bois de Brateau. Cette espèce typiquement forestière gîte dans les trous d'arbres. Ces 4 espèces sont en régression en Île-de-France, déterminantes ZNIEFF en Île-de-France et sont citées en annexe IV de la directive « Habitats-Faune-Flore ».

Bien qu’aucun indice d’hivernage n’ait été observé, il n’est pas exclu que ces espèces se reproduisent sur le site. La Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), plus fréquente, a été contactée dans le Bois des Gas, au sud et au sein des lisières du Bois de Brateau.

En ce qui concerne les oiseaux, notons la présence dans le Bois de Brateau, du Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) et celle du Pic noir (Dryocopus martius) avec un individu cantonné fréquentant l’aulnaie. Ce dernier, inscrit à l'annexe I de la directive « Oiseaux » et considéré comme rare, est déterminant pour la création de ZNIEFF si le site regroupe un minimum de 10 couples. Ceci n'est pas le cas pour ce site. Le ruisseau situé au pied du mur d’enceinte du Bois des Gas est fréquenté par le Martin-pêcheur (Alcedo athis). La reproduction de l’espèce est possible dans le secteur, d’autant plus que les rives du ruisseau sont assez abruptes par endroits. Cette espèce a aussi été recensée le long de la Juine. La reproduction de cette espèce est également possible sur les rives abruptes de la rivière. Cette espèce est déterminante pour la création de ZNIEFF à partir de 5 couples.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre de la ZNIEFF est délimité par les éléments physiques identifiables (chemin, lisières…) localisés au plus près des espaces et des espèces remarquables. Les milieux connexes (prairies…) jouant un rôle reconnu in situ auprès de la faune sont également inclus. Le périmètre de la ZNIEFF est établi de manière à exclure les zones fortement anthropiques (plaines de culture, habitations notamment).

Au niveau du Bois de Brateau, la ZNIEFF est calée à l’ouest sur la lisière forestière, au nord sur le « chemin vicinal 3 de Saint-Vrain à Itteville », à l’est sur la Juine. A ce niveau la limite est calée sur la ligne médiane de la Juine de manière à intégrer les berges et les zones d’eau calmes bénéfiques à plusieurs espèces remarquables.

Au niveau des prairies située à proximité du hameau de Brateau, la limite est, d’une part, calée sur le pourtour de ces dernières et, d’autre part, sur le « chemin rural 34 de Brateau à Brière ».

Au niveau du Bois des Gas, le pourtour de la ZNIEFF s’appuie à l’est sur la rive nord (incluse) du bras parallèle à la Juine, au nord sur le PR, à l’ouest sur la lisière forestière, au sud-ouest sur la rive sud (incluse) du bras parallèle à la Juine et au sud-est la limite administrative (ligne médiane de la Juine).