Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 110030033
MARAIS, BOISEMENTS ET RIGOLES AUTOUR DE L'ÉTANG DE LA TOUR

(n° régional : 78517001)

Commentaires généraux

L’étang de la Tour présentait un très fort intérêt floristique lié aux groupements de plantes annuelles se développant sur les vases éxondées. Ces vases sont cependant peu dégagées depuis plusieurs années, du fait du maintien d’un niveau d’eau assez régulier durant l’été. De ce fait la Znieff a été réduite sur les berges de l’étang (partie sud de plus dédiée à la pêche et activités de loisir), mais a contrario étendue vers l’est sur un ensemble de boisements plus ou moins humides dans lesquels les coupes forestières ont notamment favorisé la présence de landes humides favorables à plusieurs espèces de lépidoptères bien représentées sur le site : l'Hespérie du brome (PR) (Carterocephalus palaemon), la Mélitée du melampyre (PR) (Mellicta athalia) et le Miroir (Heteropterus morpheus). Sur cette partie plus humide de la znieff se trouvent plusieurs espèces végétales caractéristiques et notamment le Carvi verticillé (PR) (Carum verticillatum), ou la Serratule des teinturiers (Serratula tinctoria), ou encore le Paturin des marais (PR) (Poa palustris).

Au nord de la Znieff, un long tronçon de la Rigole des eaux de Versailles se trouve aussi ajouté au périmètre de la Znieff, notamment du fait de la présence d’une importante population d’Agrion de Mercure (DH/PN) (Coenagrion mercuriale). Ce petit zygoptère affectionne les cours d’eau lents de bonne qualité, plutôt en pleine lumière et pourvus d’importants herbiers (Cresson, Berle, Ache…). On le trouve ici en compagnie d’autres odonates intérressants comme le Cordulégastre annelé (PR) (Cordulegaster boltonii boltonii) ou l’Orthetrum bleuissant (Orthetrum coerulescens).

Du point de vue botanique la queue de l’étang et une petite partie des berges restent cependant des sites potentiels pour l’observation des espèces de vasières éxondées. Ces espèces sont à y rechercher, notamment la Littorelle à une fleur (PN) (Littorella uniflora), le Bident radié (PR) (Bidens radiata) et la Potentille couchée (PR) (Potentilla supina).

Ces milieux temporaires de vases exondées abritent également d’autres espèces végétales rares et menacées comme le Scirpe épingle (R) (Eleocharis acicularis), le Scirpe à inflorescences ovoïdes (TR) (Eleocharis ovata), la Patience des marais (TR) (Rumex palustris) et le Bident penché (R) (Bidens cernua). Dans le plan d’eau se développe par ailleurs le Callitriche pédonculé (TR) (Callitriche brutia), plante aquatique très rare au niveau régional.

A noter enfin la présence de la Bifora rayonnante, espèce des sites rudéralisés et des cultures, présente ici à proximité du plan d’eau dans un secteur particulièrement fréquenté. Extrêmement rare, cette espèce n’avait pas été revue récemment en Ile-de-France avant sa découverte à l’étang de la Tour en 1994.

L'entomofaune reste à ce jour très mal connue sur ce site mais la présence d'espèces sensibles et peu fréquentes comme le Criquet marginé (Chorthippus albomarginatus) dans le petit marais, le charançon Tapinotus sellatus et la chrysomèle Galerucella pusilla sur la végétation palustre des berges du plan d’eau, témoigne des fortes potentialités entomologiques de cette zone humide.

Enfin, pour le volet avifaunistiques citons principalement la Bouscarle de Cetti (PN) (Cettia cetti), présente dans les bosquets de saules au nord de l’étang (un couple probable) et le Martin pêcheur (PN) (Alcedo athis) qui fréquente régulièrement le site.

Commentaires sur la délimitation

La délimitation proposée tient compte de la répartition des espèces remarquables et de la fonctionnalité de l’écosystème. Ainsi, seuls les abords immédiats du plan d’eau abritant une végétation palustre et le petit marais situé au nord du site ont été retenus au niveau de l'étang lui même, en retirant par rapport à l'ancien périmètre toute la partie sud dédiée à la pêche et aux activités de loisir, dont les berges sont sur piétinées.

Au niveau cartographique, la délimitation s'appuie au maximum sur des éléments physiques facilement identifiables (chemins forestiers, digues) ainsi que sur une limite communale. Pour la partie de la rigole des eaux de Versailles intégrée au site, entre les "Cailloux" et "la petite Hogue", c'est l'ensemble des deux berges enherbées qui bordent la rigole qui est intégré.