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ZNIEFF 210020019
FORÊTS, PRAIRIES ET RUISSEAUX DU VAL MOIRON ENTRE FOULAIN ET BIESLES

(n° régional : 04980000)

Commentaires généraux

Les principaux groupements colonisant le plateau, les escarpements rocheux et les coteaux surplombant la combe du Val Moiron et ses vallons latéraux sont regroupés au sein de la ZNIEFF II dite des "forêts, prairies et ruisseaux du Val Moiron entre Foulain et Biesles", d'une superficie de plus de 1 700 hectares et située non loin de l'agglomération de Chaumont.

Les forêts sont bien caractéristiques et typiques de cette région centrale de Haute-Marne. Sur les versants les mieux exposés prospère la hêtraie thermophile : les essences principales sont, outre le hêtre et le chêne sessile, le tilleul à grandes feuilles, l'alisier blanc et l'alisier torminal. Ce type de bois clair est parfois troué par des microclairières avec quelques arbustes épars (cerisier de Sainte-Lucie, genévrier commun, cornouillers mâle et sanguin, lauréole, viorne mancienne) et une strate herbacée avec l'arabette à fleurs peu nombreuses, dompte-venin officinal, seslérie bleue, mélitte à feuilles de mélisse, sceau de Salomon odorant, vigne blanche, etc. Localement la chênaie pubescente abrite la violette blanche (inscrite sur la liste rouge des végétaux de Champagne-Ardenne).

Sur les versants très pentus et ébouleux se trouve une tiliaie-érablaie sur blocs riche en frêne, tilleul à grandes feuilles, érables plane et sycomore, orme de montagne, hêtre ; l'actée en épis et la mercuriale vivace se remarquent dans le tapis herbacé, de même qu'en pied de falaises le cynoglosse des montagnes, inscrit sur la liste rouge régionale.

Sur les versants aux conditions moins marquées se rencontre la hêtraie neutrophile calcicole (ou encore la chênaie-charmaie-hêtraie calcicole) : le hêtre (dominant), le chêne sessile, le merisier, les érables, le frêne commun sont présents. Le tapis herbacé est caractérisé par l'ornithogale des Pyrénées, la mercuriale vivace, la mélique à une fleur, l'anémone des bois, etc.

Le long des ruisseaux et des fond de vallon, l'aulnaie-frênaie s'est développée avec le frêne, l'aulne glutineux, l'érable sycomore et l'érable plane dominant une sous strate constituée par le groseillier rouge, le noisetier et la bourdaine, le lamier jaune, la ficaire fausse renoncule et diverses laîches. Le plateau est le domaine de la chênaie-charmaie-hêtraie calcicole.

En dehors des groupements forestiers, il faut signaler la présence de petites pelouses à seslérie bleue, laîche pied d'oiseau (protégée en Champagne-Ardenne), hélianthème jaune, germandrée petit-chêne, polygale du calcaire, genêt pileux, orchis mâle, ophrys mouche, arabette hérissée et arabette des sables (sur les micro-éboulis).

De très nombreuses sources, dont certaines sont tufeuses, se rencontrent dans le périmètre de la ZNIEFF ( le long du val Moiron, de Folvau, du Val Bricard, du Val des Trois Fontaines, etc.), ainsi que des étangs (étangs de la Forgeotte, de la Combe du Vedet et du château de Moiron) et de minuscules bas-marais alcalins.

Les eaux des ruisseaux du Val Moiron, de Folvau et des Trois Fontaines sont de bonne qualité : elles renferment deux poissons inscrits aux annexes II et IV de la directive Habitats, le chabot et la lamproie de Planer. On y trouve également l'écrevisse à pieds blancs protégée en France depuis 1983, inscrite à l'annexe III de la convention de Berne et aux annexes II et IV de la directive Habitats.

On note également la présence du crapaud accoucheur (figurant dans le livre rouge de la faune menacée en France) pour les amphibiens, de la couleuvre verte et jaune (située à sa limite septentrionale de répartition dans le département) et de la vipère aspic pour les reptiles : ils sont tous les trois protégés en France depuis 1993, les deux premiers sont de plus inscrits à l'annexe II de la convention de Berne et à l'annexe IV de la directive Habitats.

Plus de 60 espèces d'oiseaux (dont huit figurent sur la liste rouge régionale) ont été notées sur cette ZNIEFF. La présence du grimpereau des bois (une nichée découverte, espèce montagnarde à aire disjointe en plaine) et du pic cendré méritent d'être souligné tout comme l'abondance du pigeon colombin (15 à 20 couples estimés). Des pics variés, dont le pic mar fréquentent les boisements. Le milan noir et le milan royal sont signalés comme nicheurs au niveau des coteaux. Les autres espèces nicheuses appartenant à la liste rouge sont le cincle plongeur et le rougequeue à front blanc.

De nombreux mammifères fréquentent le site notamment deux chauves-souris appartenant à la liste rouge régionale, le vespertilion à moustaches et le petit rhinolophe (inscrit à l'annexe II de la convention de Berne, aux annexes II et IV de la directive Habitats et figurant dans le livre rouge de la faune menacée en France, catégorie "vulnérable"). Les carnivores sont également bien représentés (chat sauvage, martre des pins, fouine, hermine, etc.).

Les bois possèdent également un grand intérêt archéologique : bornes armoriées (la Charbonnière, Combe du Vedet et Coteau de Folvau), enceinte de l'âge du Fer (au dessus des Grands Bois) et alignements. Il existe aussi dans le périmètre de la ZNIEFF une mine de fer exploitée au dix-neuvième siècle : il s'agit d'une diaclase élargie riche en minerai. Actuellement elle constitue une cavité superficielle.

La ZNIEFF est dans un bon état général, son caractère paysager en fait un site très apprécié et fréquenté par les promeneurs.

Commentaires sur la délimitation

Les limites de la ZNIEFF englobent les milieux les plus riches d'un vaste ensemble à dominante forestière situé entre Foulain et Biesles.