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ZNIEFF 210020221
COTEAUX ET VALLEE DE LA BONNELLE À LANGRES ET SAINTS-GEOSMES

(n° régional : 05150000)

Commentaires généraux

La ZNIEFF de type II des coteaux et de la vallée de la Bonnelle occupe un territoire de plus de 700 hectares à l'ouest des communes de Langres et de Saints-Geosmes, dans le département de la Haute-Marne. Elle contient deux ZNIEFF de type I concernant les forts de la Pointe de Diamant (ou Fort Defrance) et de la Bonnelle (ou Fort Decrès), inscrits dans le réseau Natura 2000 (en cours de validation).

Elle comprend d'une part des groupements alluviaux (principalement des prairies, plus localement des ripisylves, des marais, des magnocariçaies, des mégaphorbiaies et des jonçaies marécageuses), d'autre part des prairies fraîches sur marnes à assez sèches pâturées et des bois sur les coteaux et, dans les parties sud et sud-ouest de la zone, en bordure de plateau, un réseau de haies sur meurgers (tas de pierres retirées des champs), de petites cultures, pelouses, prairies et jachères. Autrefois très bien représenté dans la région, ce dernier type de milieu disparaît, victime des remembrements et des défrichements.

La gamme des groupements prairiaux des vallons et des coteaux est très étendue en fonction de la nature du sol, de la durée de l'inondation ou de leur traitement (fauche, pâture ou traitement mixte), elles sont aujourd'hui le plus souvent pâturées. Les prairies sont riches en graminées (fromental, houlque laineuse, flouve odorante, pâturin commun, fétuque des prés, trisète dorée) et en légumineuses (lotier corniculé, trèfle blanc, trèfle des prés, vesce cultivée, sainfoin). Elles sont accompagnées par la berce sphondyle, le crépis bisannuel, l'oseille sauvage, le salsifis des prés, le plantain intermédiaire, la grande marguerite, la renoncule âcre, l'achillée millefeuille, la centaurée jacée, le caille-lait blanc. Dans les zones plus humides la flore s'enrichit en espèces hygrophiles : on y observe le colchique des prés, la succise des prés, certaines laîches (laîche distique, laîche hérissée), le lychnis fleur de coucou, la cardamine des prés, le myosotis cespiteux, l'orchis à larges feuilles le jonc glauque, la fétuque roseau, la fétuque rouge.

Les milieux marécageux sont très localisés et surtout constitués par des groupements à hautes herbes ou à grandes laîches (massette à larges feuilles, épilobe hirsute, scirpe des bois, lysimaque nummulaire, valériane dioïque, prêle des marais, laîche aiguë, laîche des marais, laîche de Davall, laîche faux panic, cirse maraîcher, cirse laineux, euphorbe raide…).

La végétation du bord des eaux est constituée par le cresson de fontaine, le faux cresson, la petite berle, la glycérie flottante, la véronique mouron d'eau…

La rivière de la Bonnelle possède localement une ripisylve qui peut localement former une aulnaie-frênaie, avec le frêne, l'aulne glutineux, l'érable sycomore et de nombreux arbustes.

Sur les coteaux, les bois entrent dans deux catégories : la chênaie-charmaie et, sur les gros blocs éboulés, l'érablière à scolopendre, polypode intermédiaire et fougère mâle.

La végétation des pelouses du plateau est intéressante à plus d'un titre : les orchidées sont variées (orchis militaire, orchis mâle, orchis pourpre, orchis bouc, acéras homme-pendu). On y remarque aussi la fétuque de Leman, le brome dressé, le brachypode penné pour les graminées, l'hélianthème jaune, le cytise pédonculé, le séséli des montagnes, le lotier corniculé, le petit boucage, la germandrée petit-chêne, la carline vulgaire, la petite pimprenelle, la luzerne lupuline, la potentille vernale… Beaucoup sont fortement embroussaillées (cornouiller sanguin, cornouiller mâle, cerisier de Sainte-Lucie, prunellier épineux, viorne lantane, orme champêtre). Au sol, les espèces caractéristiques de la pelouse régressent au profit de la vesce à feuilles ténues, du fraisier vert, de l'hellébore fétide, de la marjolaine, de l'aigremoine eupatoire, de la mercuriale vivace, de l'ancolie vulgaire... D'autres pelouses sont pâturées.

Une végétation particulière s"est installée sur les rochers surplombant la source de la Bonnelle avec des fougères (fausse capillaire, rue-de-murailles), des orpins (orpin blanc, orpin de Bologne, orpin âcre), des annuelles (tabouret perfolié, mélique ciliée, céraiste nain, arabette des sables), l'œillet des chartreux, la véronique couchée, la germandrée petit-chêne, la laîche printanière, la petite piloselle, l'épiaire dressée, l'hellébore fétide et enfin la campanule à feuilles de pêcher, espèce rare en Haute-Marne.

La couleuvre verte et jaune se rencontre dans la ZNIEFF : espèce d'origine méridionale, elle est rare en Haute-Marne et fait partie de la liste rouge régionale des reptiles. Le lézard des murailles (annexe IV de la directive Habitats) et la vipère aspic fréquentent aussi le site.

La faune avienne est également bien diversifiée : sur la soixantaine d'espèces d'oiseaux rencontrée, six figurent sur la liste rouge des oiseaux nicheurs menacés de Champagne-Ardenne : il s'agit de la pie-grièche écorcheur (zones de bocage), de l'alouette lulu (dans les pelouses), du cincle plongeur (ou merle d'eau), du torcol fourmilier, de la huppe fasciée et du milan noir.

Les milieux prairiaux et les milieux ouverts sont également fréquentés (pour la nidification et l'alimentation) par le tarier pâtre, l'accenteur mouchet, le bruant jaune, la grive litorne, le héron cendré, l'alouette des champs, etc. Le martin pêcheur et la bergeronnette des ruisseaux nichent à proximité de la rivière.

Les bois abritent de nombreux pics comme le pic épeiche, le pic vert et le pic noir, des grives (grive musicienne, grive draine), la tourterelle des bois, le pigeon ramier, le geai des chênes, le pouillot véloce, la fauvette à tête noire, le roitelet huppé, le loriot d'Europe, etc.

Les forts de la Bonnelle (au sud), de la Pointe de Diamant (au nord) et les magasins souterrains (poudrières) qui leur sont attachés constituent un site d'hivernage (utilisé aussi en période estivale en tant que zone de repli, de chasse ou de repos) pour treize espèces de chauves-souris : le grand rhinolophe et le vespertilion à oreilles échancrées (qui s'y reproduisent aussi), le petit rhinolophe, le vespertilion de Bechstein, le grand murin et la barbastelle (c'est la colonie la plus importante de tous les fort haut-marnais). Selon le programme Life, la barbastelle est au seuil de sa disparition en Europe de l'ouest et seuls les secteurs de la région (avec ceux de la Lorraine), hébergent encore quelques populations qui pourraient faire espérer le maintien de cette espèce. Ces six espèces de chauves-souris sont protégées sur le plan européen par la convention de Berne (annexe II), inscrites dans les annexes II et IV de la directive Habitats et dans le livre rouge de la faune menacée en France. Elles sont accompagnées par le vespertilion à moustaches (en effectifs assez importants), le vespertilion de Daubenton, le vespertilion de Natterer, la sérotine commune, l'oreillard commun et la pipistrelle, également protégés en France et en Europe et inscrits avec les premières sur la liste rouge des mammifères de Champagne-Ardenne. Une treizième espèce de chauves-souris a été recensée pendant l'hiver 1996/1997, il s'agit de la sérotine boréale ou sérotine de Nilsson (c'est la chauve-souris la plus septentrionale d'Europe).

Le chevreuil, le renard, le blaireau, le chat sauvage, la martre des pins, le putois et la musaraigne aquatique (inscrits tous les deux sur la liste rouge régionale) sont les autres mammifères recensés qui fréquentent la ZNIEFF.

Elle est dans un bon état général.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFF correspond à la partie amont d'un vallon suburbain exposé au nord. Les limites correspondent, pour sa partie est, à celles de l'agglomération de Langres et pour sa partie sud à la R.D. 287. Ailleurs, elles suivent celles des milieux les plus riches, en englobant les sites à chauves-souris.