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ZNIEFF 220005029
MARAIS D'ISLE ET D'HARLY

(n° régional : 02VDS102)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le site comprend les « Marais d’Isle », à Saint-Quentin, et les « Marais d’Harly », tous deux enclavés entre l’agglomération saint-quentinoise et les cultures du Vermandois.

Le contexte géologique extérieur du site se résume principalement aux limons du plateau, qui recouvrent la craie blanche coniacienne. Le site proprement dit repose sur des alluvions modernes tourbeuses, voire sur de la tourbe.

Les marais présentent une grande variété d’habitats aquatiques et amphibies :

- herbiers submergés à Cératophylle (Ceratophyllum demersum) et à divers Potamots (Potamogeton pl. sp.) ;

- herbiers flottants du Riccio-Lemnion trisulcae ;

- herbiers à nénuphars du Nymphaeion albae ;

- herbiers flottants fragmentaires, de l’Hydrocharition morsus-ranae ;

- tremblants pionniers à Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris) ;

- roselières des tourbes minéralisées à Massette et à Roseau (Phragmition) ;

- végétation des vases méso-eutrophes, temporairement exondées, du Caricion rostratae ;

- mégaphorbiaies turficoles, du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae ;

- saulaies-aulnaies tourbeuses, de l’Alnion glutinosae ;

- aulnaies-frênaies médio-européennes, de l’Alno-Padion.

Des peupleraies âgées, des fourrés de recolonisation ,à base de saules, et de Viorne obier (Viburnum opulus), ainsi que des mégaphorbiaies eutrophes, complètent le site.

Les marais d’Harly accueillaient une tourbière bombée aujourd’hui complètement boisée.

INTERET DES MILIEUX

- Herbiers aquatiques du Riccio-Lemnion trisulcae, de l’Hydrocharition morsus-ranae, du Nymphaeion albae et du Potamion pectinati, tous en grande régression en Picardie, et pour lesquels la vallée de la Somme représente un réservoir très important en terme de conservation.

- Groupements des vases exondées (à Carex pseudocyperus), relevant d’une association subcontinentale rare (Cicuto virosae-Caricetum pseudocyperi), typique de cette partie de la vallée de la Somme.

- Roselières du Thelypterido-Phragmitetum, rares à l’échelle nationale.

- Cladiaies subatlantiques, rares en Picardie.

- Mégaphorbiaies turficoles du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae, principalement localisées en vallée de la Somme, en Picardie.

- Systèmes boisés hygrophiles, de l’Alno-Padion et de l’Alnion glutinosae, très menacés en Picardie par la régression généralisée des zones humides, par la plantation de peupliers et par l’absence de régénération des milieux.

Tous les milieux précédemment cités sont rares en Europe et inscrits, à ce titre, à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

- Présence ancienne d’herbiers à Stratiotes aloides, groupement médio-européen disparu de Picardie.

- Grande diversité des milieux aquatiques et amphibies sous influence subcontinentale, remarquable dans cette région agricole.

- Roselières permettant la reproduction d’espèces animales rares.

- Etangs constituant une halte migratoire et hivernale importante pour les oiseaux d’eau.

INTERET DES ESPECES

Dans les étangs les mares et les fossés:

- le Rubanier nain (Sparganium natans*), rare en Picardie ;

- le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*), vulnérable dans la région ;

- Riccia fluitans, une mousse aquatique très rare en Picardie ;

- le Brochet (Esox lucius), dont les populations sauvages sont menacées en France ;

Dans les roselières:

- la Ciguë vireuse (Cicuta virosa*), espèce nord-européenne des vases exondées ;

- la Grande Douve (Ranunculus lingua*), rare et vulnérable en Picardie ;

- la Noctuelle à baïonnette (Phragmatiphila nexa), une noctuelle très rare en France ;

- le Sympètre noir (Sympetrum danae), qui fréquente le site au passage ;

- la Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii), rarement notée en Picardie ;

- la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), en grande régression en Picardie ;

- le Butor étoilé (Botaurus stellaris), en régression drastique en Picardie et qui n’est plus présent qu’en hiver sur le site ;

- le Blongios nain (Ixobrychus minutus), en danger en Europe et inscrit à la directive "Oiseaux" ;

- la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), inscrite sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Picardie.

dans les boisements alluviaux :

- l’Orme lisse (Ulmus laevis*), qui a fortement régressé, en même temps que les boisements qui l’accueillent ;

- l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), un passereau en limite méridionale de répartition.

Les marais ont aujourd’hui perdu beaucoup de leur intérêt patrimonial, comme l'indique la disparition de Thersamolycaena dispar* (la forme gronieri, à la position systématique discutée, était endémique des marais de Saint-Quentin), de Lysimachia thyrsiflora*, de Pilularia globulifera*, de Comarum palustre*, de Vaccinium oxycoccos* et de Stratiotes aloides.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Présence d’une réserve naturelle d’état sur le territoire des « Marais d’Isle », assurant la préservation et la restauration des habitats.

- Rejets directs d’eaux usées dans le cours de la Somme, en amont de la réserve, maintenant des teneurs en phosphore très élevées.

- Eutrophisation des milieux aquatiques, accélérant le processus d’envasement des étangs et éliminant la flore des eaux oligotrophes, au profit d'espèces nitrophiles banales.

- Fréquentation humaine limitée, favorisant la quiétude de l’avifaune.

- Absence d’entretien de la tourbière bombée d’Harly, qui a conduit à sa disparition.

- Envahissement des roselières par les saules.

- Remblaiement ancien des marais, parfois à l’aide de gravats et de déchets non contrôlés.

N.B. : les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site comprend l'ensemble de la Réserve Naturelle, limitée par l'emprise de l'agglomération de Saint-Quentin, ainsi que les marais d'Harly dans le cadre de la fonctionalité entre les milieux et sur la base de ses potentialités encore très fortes.