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ZNIEFF 220005044
VALLEE DE LA BIEVRE

(n° régional : 02LAN125)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Située en amont du plan d'eau de l'Ailette, la vallée de la Bièvre s'étend sur trois kilomètres et est insérée entre deux contreforts cultivés. Les boisements humides sont dominants et appartiennent à l'aulnaie-frênaie ou l'aulnaie-bétulaie.

Les prairies oligotrophes, probablement mieux représentées par le passé, sont actuellement graduellement remplacées par des saulaies, puis des boisements hygrophiles. Quelques prairies oligotrophes à Molinie persistent sur les parties les plus turficoles. Les prairies pâturées, situées sur les niveaux supérieurs, subissent une colonisation permanente par des espèces de la fruticée et de la charmaie.

Une série d'étangs, à vocation de loisir, a été creusée en aval du moulin des Bièvres. Des espèces végétales décoratives, dont des espèces des milieux aquatiques, ont été introduites à des fins d'agrément. La végétation naturelle de ce secteur est particulièrement appauvrie, en raison des pratiques de gestion et d'entretien, orientées vers une forme d'esthétisme particulière.

Des plantations de peupliers sont constatées.

INTERET DES MILIEUX

- Présence de prairies oligotrophes, biotopes d'espèces végétales légalement protégées et en voie de raréfaction.

- Présence d'îlots de marais tourbeux des bas-marais alcalins, avec cortège d'espèces végétales rares dans la région.

- Petites mares oligo-mésotrophes, riches en calcaire, et constituant le biotope du Potamot rougeâtre (Potamogeton coloratus*), espèce légalement protégée.

- Aulnaie-frênaie et aulnaie-bétulaie, caractéristiques, avec présence d'espèces peu fréquentes dans la région, milieux en régression en Picardie, du fait de leur transformation fréquente en peupleraie.

INTERET DES ESPECES

Présence de deux espèces végétales légalement protégées : le Potamot rougeâtre (Potamogeton coloratus*) et le Saule rampant (Salix repens ssp. angustifolia*).

Du fait de la disparition des milieux, notamment les prairies oligotrophes, plusieurs autres espèces sont peu fréquentes dans la région, ou en voie de raréfaction importante : la Laîche bleuâtre (Carex panicea), la Laîche vésiculeuse (Carex vesicaria), l'Oenanthe à feuilles de Silaüs (Oenanthe silaifolia) et le Silaüs des près (Silaum silaus).

On observe, en grande abondance, le Laiteron des marais (Sonchus palustris), espèce peu fréquente à l'échelle de la région picarde, ainsi que le Myosotis des bois (Myosotis sylvatica) et la Renouée bistorte (Polygonum bistorta). Cette dernière plante, à répartition plus continentale, est localisée essentiellement en région picarde, à la Thiérache.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

Les prairies pâturées oligotrophes ne persistent que très ponctuellement, en raison de l'abandon du pâturage. Les milieux naturels tendent actuellement à être colonisés par différents groupements buissonnants prés-forestiers. Ce processus de mutation des milieux est accéléré, en raison de la création d'un réseau de fossés profonds, drainant de façon drastique les zones tourbeuses.

La dynamique végétale est nettement orientée vers un développement important de formations plus eutrophes, ce qui imprime un changement du paysage de cette zone humide.

L'implantation d'étangs de loisir constitue un autre facteur de dégradation des milieux naturels. La valeur patrimoniale de ces étangs et abords semble faible, étant donné l'entretien strict réalisé à des fins esthétiques.

Des plantations de peupliers sont constatées mais ne représentent qu'une faible surface.

N.B. : Les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

La zone comprend la partie amont de la vallée de la Bièvre et intégre une série de milieux humides oligotrophes à méso-eutrophes situés de part et d'autre de ce petit cours d'eau.