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ZNIEFF 220013431
CONFLUENCE DE LA SERRE ET DU RUISSEAU DE SAINT-LAMBERT

(n° régional : 02MAR105)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Cette zone est constituée d'un tronçon aval de la Serre, long d'environ huit kilomètres, et d'un secteur aval de son affluent, le Saint-Lambert, situé en rive gauche, d'une longueur équivalente. La confluence de la Serre et du Saint-Lambert s'effectue sur la partie ouest, à environ un kilomètre de celle de la Serre avec l'Oise. Cet ensemble de vallées inondables entretient donc des liens fonctionnels étroits avec la rivière Oise.

Quelques prairies paratourbeuses persistent dans le lit majeur de la Serre. Les bords de la rivière sont soulignés de boisements à base de saules et les herbiers aquatiques sont localement bien développés sur la Serre et sur quelques fossés latéraux.

Les peupleraies, implantées un peu partout sur la zone, prolifèrent plus particulièrement dans le secteur de la confluence des deux rivières. Des phragmitaies persistent très ponctuellement, tandis que les saulaies, accompagnées de formations nitrophiles herbacées à hautes herbes prévalent sous les peupleraies, dans les trouées des plantations et sur les layons annuellement fauchés.

Des formations prairiales alluviales sont observées dans le secteur ouest. Celles-ci sont dominées par l’Achillée sternutatoire (Achillea ptarmica) et diverses centaurées (Centaurea gp. jacea). On remarque, sur certaines de ces prairies, des étangs à vocation cynégétique, anciens ou très récents.

INTERET DES MILIEUX

Un secteur d'inondations, avec un ensemble de prairies et de fossés, correspond aux caractéristiques des zones de frayères pour le Brochet (Esox lucius) et la Lote de rivière (Lota lota). Ces milieux deviennent rares en Picardie.

L'ensemble de prairies de fauche méso-eutrophes des plaines alluviales représente des milieux en voie de régression générale, du fait d'un excès d'amendements répétés.

La Serre, le Saint-Lambert, et les fossés qui les bordent, constituent autant de refuges pour les poissons, lors des fortes crues de l'Oise, et créent également des voies de passages pour les déplacements locaux des différentes espèces.

INTERET DES ESPECES

On constate un peuplement piscicole assez diversifié, dont plusieurs éléments sont rares à l'échelle de la région :

- la Lote (Lota lota),

- l'Anguille (Anguilla anguilla),

- le Brochet (Esox lucius),

- la Lamproie de Planer (Lampetra planeri),

- le Chabot (Cotus gobio),

- la Loche de rivière (Cobitis taenia).

Ces trois dernières espèces sont inscrites à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Deux espèces végétales sont protégées par la loi :

- la Véronique à écusson (Veronica scutellata*),

- la Stellaire des marais (Stellaria palustris*)

Toutes deux sont caractéristiques des prairies humides.

Plusieurs autres plantes rares en Picardie sont observées : Carex vulpina, Oenanthe fistulosa et Oenanthe aquatica.

L'abondance de la floraison de l’Achillée sternutatoire est remarquable, compte tenu de la régression de cette espèce en Picardie et, plus généralement, sur les prairies de fauche de la moitié nord de la France.

L'avifaune révèle plusieurs espèces dont les effectifs tendent généralement à régresser et dont le degré de rareté régionale en fait des espèces déterminantes : la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) et le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), tous deux inscrits à la directive "Oiseaux" de l’Union Européenne ; le Râle d'eau (Rallus aquaticus) ainsi que plusieurs espèces de fauvettes paludicoles, dont la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides).

L'entomofaune, bien que partiellement étudiée, présente d’ores et déjà de nombreuses espèces rares en Picardie, voire en France. Dix espèces de papillons déterminants y ont été observées, dont la Noctuelle à Baïonette (Phragmatiphila nexa ssp. nexa), qui n’a été observée que dans trois sites en France depuis 1978 (tous dans l’Aisne). D'un point de vue entomologique, cette espèce confère au site une importance nationale certaine.

Le cortège d'orthoptères est relativement caractéristique de celui des grandes plaines alluviales. L'abondance du Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum) et du Criquet marginé (Chorthippus albomarginatus), présent ici dans l’une de ses seules stations picardes connues actuellement, est remarquable, étant donné la rareté en Picardie des biotopes de ces deux espèces.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

L'implantation relativement massive de peupliers est à l'origine d'une nette altération des milieux. Ces plantations, substituées à des formations végétales naturelles et semi-naturelles, accueillant de nombreux taxons de valeur patrimoniale élevée, ont un effet négatif sur l'environnement. Les végétations associées aux peupleraies, bien que localement luxuriantes, sont moins favorables à l'expression d'une biodiversité de qualité.

L'apport des feuilles de peupliers est une source d’altération des milieux aquatiques, notamment en raison de la désoxygénation de l'eau, lors de la décomposition et de la diffusion de produits de dégradation, néfastes pour la faune aquatique.

Le maintien des prairies de fauche et d'herbiers aquatiques dans les fossés et les cours d'eau, sur un secteur à fortes potentialités pour la reproduction de plusieurs espèces de poissons rares en Picardie, est un facteur positif en faveur de l'ichtyofaune. Ces milieux jouent un rôle de support des pontes, effectuées durant les périodes de débordements (cas du Brochet, par exemple)

La réalisation de nouvelles pièces d'eau semble se faire, de façon prioritaire, sur les prairies de fauche, processus qui tend à réduire leur surface, déjà amoindrie par l'extension des peupleraies.

N.B. : les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre englobe la partie avale de la Serre ainsi que celle du ruisseau de Saint Lambert en incluant le lit majeur de cette zone de confluence.