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ZNIEFF 220013469
BOIS EN VAIN A GUIGNICOURT (EX BOIS CLAQUE-DENTS)

(n° régional : 02CHP105)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le site du « Bois en Vain » est isolé au milieu des grandes cultures de la Champagne picarde.

Le bois repose sur des dépôts quaternaires peu profonds de sables de Sissonne, où affleure parfois la craie sénonienne sous-jacente.

Le mélange de ces deux substrats a conduit à la formation de sols calcaro-sableux, colonisés par des bois thermophiles (Cephalanthero-Fagion fragmentaire), où le Chêne pubescent (Quercus pubescens) est encore présent, complété par du Mercurialo-Carpinenion jeune et par des stades divers de la recolonisation forestière, depuis l’ourlet thermophile (Geranion sanguinei) jusqu'aux fourrés du Berberidion. Les pelouses calcaires (Mesobromion), relictuelles, sont cantonnées aux layons et aux bermes des chemins.

Les franges des cultures accueillent une flore proche de celle des pelouses calcaires.

INTERET DES MILIEUX

- Pelouses du Lino leonii-Festucetum lemanii, unité précontinentale champenoise, en limite occidentale de répartition, exceptionnelle en Picardie, et très menacées sur le site.

- Ourlets thermophiles devenus rarissimes en Picardie ; habitats d’espèces rares.

- Boisements de la série du Chêne pubescent, en limite nord de répartition.

- Marges de cultures, remarquables par les espèces qu’elles accueillent.

Les sols sablo-calcaires ont été, pendant très longtemps, peu propices à l’agriculture et valorisés par l’élevage du mouton. Avec l’évolution des techniques de fertilisation, la plaine crayeuse environnante a été cultivée ,mais les îlots sableux, moins productifs, sont restés longtemps pâturés. Les boisements thermophiles jeunes, que l’on observe aujourd’hui, sont issus de l’abandon des savarts. Les bois de recolonisation, tels que le « Bois en Vain » ont donc une valeur ethno-écologique exceptionnelle, tant par leur rareté intrinsèque que par le témoignage qu’ils représentent.

INTERET DES ESPECES

Dans les pelouses et les ourlets thermophiles :

- l’Anémone sauvage (Anemone sylvestris*), menacée en France ;

- la Gentiane croisette (Gentiana cruciata*), très rare en Picardie ;

- l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon ssp. rebeli), dont la chenille se nourrit sur l’espèce précédente ;

- le Gazé (Aporia crataegi), exceptionnel en Picardie en dehors du camp de Sissonne.

Dans le bois : le Cynoglosse d’Allemagne (Cynoglossum germanicum*), espèce en disjonction d’aire avec ses populations plus orientales.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les savarts, phénomène déjà ancien sur le site, qui conduit à la disparition de milieux et d’espèces exceptionnelles.

- Entretien des abords de la voie ferrée par des moyens peu favorables au maintien de la diversité biologique (épareuse, phytocides,...).

- Mise en culture des lisières herbeuses des bois, milieu qui accueille l’Anémone sauvage.

- Transport de produits phytosanitaires et d’engrais par le vent depuis les cultures environnantes, phénomène nuisible à la flore des lisières.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site comprend un bosquet isolé au milieu des cultures