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ZNIEFF 220013550
LES VAUCELLES, LA FOSSE MARTIN ET LA HAUTE-FUTAIE À VAUXAILLON

(n° régional : 02SOI106)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le site occupe la partie amont d’un vallon aux contours sinueux, inscrit dans le plateau agricole du Soissonnais.

Le haut des versants entaille les calcaires grossiers du Lutétien. C’est à ce niveau que s’ouvrent les entrées de quelques anciennes carrières souterraines, dont l’une est particulièrement importante. Sous le Lutétien, la présence des argiles de Laon se traduit par un niveau de suintement en haut de pente. Le reste des pentes repose sur des colluvions, où se mélangent les sables de Cuise et des éléments grossiers du Lutétien. Le fond de vallon est occupé par des colluvions et des alluvions modernes, très riches en matières organiques, voire paratourbeuses.

Trois principales pelouses calcaires (Mesobromion) se répartissent sur le site : aux « Vaucelles », à la « Fosse Martin » et à la « Haute Futaie ». Les pelouses, assez âgées, sont en grande partie converties en pelouses-ourlets denses et leur périphérie s’embroussaille (fourrés du Berberidion). Le site de la « Haute Futaie » présente une végétation particulière, liée aux suintements d'eaux carbonatées. Un versant de la « Fosse Martin » est encore pâturé par des bovins.

Les bois de pente sont essentiellement des chênaies-charmaies (Carpinion betuli), localement enrichies en Erable sycomore et en Frêne. Ils sont en grande partie sous influence fraîche et humide. Des bois de l’Equiseto-Fraxinetum (Alno-Padion) se développent sur les pentes exposées au nord (présence ponctuelle de suintements avec concrétions de travertin). En quelques points du fond de vallée, des fragments d'aulnaie subsistent.

Le fond de vallée est couvert par des fourrés de saules entrecoupés de petites roselières, de cariçaies et d’étangs, creusés récemment pour la pêche de loisir (souvent bordés d’habitations temporaires). Des peupleraies couvrent également une bonne partie du fond de vallon.

INTERET DES MILIEUX

Milieux et enchaînement de milieux typiques du Soissonnais :

- marais alcalin de pente, milieu rarissime et relictuel en Picardie continentale ;

- pelouses calcicoles du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae, bien présentes dans le Tertiaire parisien, mais peu fréquentes en Picardie, inscrites à la directive "Habitats" de l'Union Européenne ;

- pelouses-ourlets du Coronillo-Brachypodietum, suite chronologique de l’habitat précédent, qui héberge plusieurs espèces intéressantes ;

- boisements de pente sur suintements (Equiseto-Fraxinetum), surtout présents en Picardie dans le Tertiaire parisien ;

- cavité remarquable pour l’hivernage des chauves-souris, présentant une diversité spécifique intéressante ;

- fragments de hêtraie neutrophile (Hyacinthoido-Fagetum), en rebord de plateau.

INTERET DES ESPECES

Dans le marais de pente :

- le Choin noirâtre (Schoenus nigricans), devenu très rare en Picardie, mais qui était beaucoup plus présent dans ce type de milieu à l’époque où la plupart des versants étaient pâturés, particulièrement dans le Soissonnais et le Laonnois ;

- la Gymnadénie odorante (Gymnadenia odoratissima*), qui se rencontre à la fois sur coteau calcaire sec et dans les marais tourbeux alcalins.

Sur les pelouses :

- la Globulaire ponctuée (Globularia bisnagarica), présente sur les écorchures ;

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), proche ici de la limite de son aire de répartition ;

- l’Inule à feuilles de saule (Inula salicina*), rare en Picardie ;

- le Fluoré (Colias australis), papillon en forte régression en Picardie.

Dans les bois de pente :

- le Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum), fougère dont les frondes persistent en hiver ;

- la Dryoptéride écailleuse (Dryopteris affinis ssp affinis), très rare en Picardie.

Dans la cavité :

- le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), une chauve-souris inscrite à l’annexe II de la directive "Habitats" ;

- un Oreillard (Plecotus sp.), autre chauve-souris peu fréquente en Picardie.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les coteaux, entraînant une fermeture des pelouses et des marais de pente, phénomène qui menace directement les espèces strictement pelousaires. Les broutis et les grattis des lapins maintiennent ponctuellement la dynamique des pelouses, en rajeunissant le milieu.

- Maintien du pâturage d’une partie du site, processus qui assure la pérennité de certaines espèces et, surtout, de paysages typiques des petits vallons du Soissonnais, devenus très rares aujourd’hui.

- Plantation de peupliers et creusement d’étangs de pêche dans des zones de marais, au détriment de la flore palustre héliophile.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site comprend un vallon perpendiculaire à la vallée de l'Ailette, à l'amont de Vauxaillon, du fond jusqu'à la convexité sommitale. Le site s'individualise bien des cultures intensives du plateau agricole. A l'aval des limites retenues, le vallon est d'un moindre intérêt biologique.