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ZNIEFF 220013790
MARAIS D'AMBLAINVILLE

(n° régional : 60PDT109)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le Marais d'Amblainville, également dénommé Marais du Rabuais, est situé à cheval sur les deux Régions Picardie et Ile-de-France, au pied de la cuesta tertiaire d'Ile-de-France. Il s'étire dans une dépression au contact entre la craie du Pays de Thelle et des terrains calcaires et sableux du Vexin.

Cette dépression est alimentée par les résurgences des eaux alcalines du plateau du Thelle, et par les eaux superficielles, du Sausseron notamment. Ce dernier est alimenté par des sources de la cuesta.

Cette configuration a permis le développement d'une tourbière alcaline. La zone centrale est alimentée par des eaux souterraines de qualité, tandis que les espaces périphériques sont alimentés par des eaux superficielles de moindre qualité. L'ensemble est parcouru par un réseau de fossés de drainage.

La végétation du marais est dominée par des formations à grandes herbes : cariçaies (Caricion rostratae et Caricion elatae), cladiaies, mégaphorbiaies et phragmitaies (Thalictro-Filipendulion et Phragmition) ; par des reliques de formations prairiales, notamment au niveau des layons, et par des formations forestières : saulaies, aulnaies à Fougère des marais du Thelypterido-Alnetum, bétulaies, frênaies... De vastes plantations de peupliers y ont été effectuées, dont une bonne partie a été exploitée récemment.

La végétation aquatique n'existe désormais plus que dans les fossés, les rus et les quelques petites mares et ornières.

Le marais est bordé de cultures intensives et de peupleraies.

INTERET DES MILIEUX

Les marais tourbeux alcalins sont devenus très rares dans le nord de la France, à la suite de la régression globale des zones humides. Les cladiaies, bien développées comme c'est le cas ici, sont exceptionnelles en Picardie. Elles relèvent ainsi de la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Les milieux ouverts (cariçaies, cladiaies, phragmitaies...) et les bords des eaux représentent les habitats les plus remarquables, qui abritent les espèces les plus rares de la flore et de la faune.

INTERET DES ESPECES

Flore :

De nombreuses espèces végétales sont rares et menacées en Picardie avec, notamment, les taxons suivants :

- la Laîche verdoyante (Carex viridula subsp. brachyrhyncha var. elatior),

- le Myosotis cespiteux (Myosotis laxa subsp. cespitosa),

- le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*),

- la Fougère des marais (Thelypteris palustris),

- le Marisque (Cladium mariscus),

- le Choin noirâtre (Schoenus nigricans),

- le Jonc subnoduleux (Juncus subnodulosus),

- l'Ecuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris),

- la Samole de Valerandus (Samolus valerandi),

- la Cardère poilue (Dipsacus pilosus),

- le Laîteron des marais (Sonchus palustris)...

Plusieurs espèces d'un grand intérêt ont été mentionnées par le passé et restent à retrouver, notamment le Dactylorhize négligé (Dactylorhiza praetermissa*), l'Epipactis des marais (Epipactis palustris), la Laîche allongée (Carex elongata), le Jonc bulbeux (Juncus bulbosus)...

Faune :

Espèces remarquables de l'avifaune nicheuse : le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), espèce inscrite à la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne, en stationnement migratoire ou en hivernage : le Hibou des marais (Asio flammeus), le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), la Gorgebleue (Luscinia svecica), et le Martin-pêcheur (Alcedo atthis)...

La mammalofaune comprend notamment le rare Muscardin ( Muscardinus avellanarius).

Pour ce qui concerne l'entomofaune, et notamment les odonates, le Cordulegastre annelé (Cordulegaster boltonii) et l'Orthetrum brun (Orthetrum brunneum) ont été observés.

Les lépidoptères les plus intéressants sont l'Ecaille marbrée (Callimorpha dominula), le Miroir (Heteropterus morpheus), l'Herminie crible (Macrochilo cribrumalis) et Lamia textor.

La batrachofaune comprend la Grenouille agille (Rana dalmatina), assez rare en Picardie, et la Rainette verte (Hyla arborea), vulnérable en France, signalée au début des années 1990.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

La création de fossés de drainage et les plantations de peupliers concourent à dégrader la qualité du marais par abaissement des niveaux d'eau, déjà très bas à cause de la sécheresse des années 1990.

La qualité des eaux superficielles alimentant le marais serait également à améliorer.

Faute de valorisation pastorale et d'entretien régulier, les zones les plus ouvertes du marais tendent à s'embroussailler par le boisement spontané, générant ainsi une banalisation du patrimoine biologique et du paysage.

Un programme de préservation et de restauration du marais est envisagé, qui vise à remettre en valeur cette zone humide tourbeuse, qui compte parmi les plus remarquables de l'Oise.

N.B. Les espèces végétales dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées en Picardie.

Commentaires sur la délimitation

Les contours du site englobent les milieux les plus remarquables pour la flore et la faune. Le cultures sont évitées, hormis un mince liseré faisant office de zone-tampon en périphérie.