Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 220013803
BOIS DE TUMBREL ET DE CHAVENCON (BUTTES DE RÔNE)

(n° régional : 60VFR109)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le massif forestier des Buttes de Rône est situé à cheval sur la limite de l'Ile-de-France et de la Picardie, en bordure orientale du Vexin.

Ces buttes tertiaires résiduelles sont caractérisées par une remarquable séquence géologique, typique du Vexin avec, de haut en bas : les meulières stampiennes relictuelles, les sables de Fontainebleau, les marnes et argiles (Stampien, Sannoisien et Bartonien), les sables, les argiles et les grès marinésiens.

Les affleurements importants de sables et grès génèrent la présence de sols acides dominants, imperméables au niveau des argiles et des marnes, qui sous-tendent des nappes perchées.

Cette acidité est renforcée par les conditions climatiques dues aux flux atlantiques d'ouest : les précipitations sont relativement importantes sur ces buttes élevées (212 m au sud de Cresnes) plus arrosées.

Les milieux boisés n'ont pas toujours été utilisés uniquement pour la production sylvicole. Les landes à Ericacées et les junipéraies relictuelles, qui subsistent de-ci de-là, témoignent de la présence ancienne de pratiques pastorales de parcours, notamment au sommet des buttes.

Il en résulte la présence de milieux très précieux marqués de l'influence atlantique :

- landes humides subatlantiques relictuelles à Bruyère à quatre angles (Erica tetralix, du Calluno vulgaris-Ericetum tetralicis, comprenant localement d'étonnantes junipéraies en milieu acide ;

- landes sèches fragmentaires à Erica cinerea (Ulici europaeis-Ericetum cinerae) ;

- layons herbeux acides à Carex echinata et à Carex strigosa (Caricion remotae) ;

- pelouses sableuses hygroclines à Nard raide (Nardus stricta) du Nardo-Galion ;

- aulnaies à Osmonde et à Blechne en épi (Blechno spicant-Alnetum glutinosae), comprenant de nombreuses sphaignes ;

- cariçaies à Laîche lisse (Caricion laevigatae-Alnetum glutinosae) ;

- chênaies sessiliflores sur sables podzoliques (Mespilo germanici-Quercetum petraeae) et chênaies pédonculées-boulaies pubescentes à Sorbier des oiseleurs et à Myrtille (Sorbo aucupariae-Quercetum roboris subass. vaccinietosum myrtilli) ;

- boisements de Chênes sessiles, et de bouleaux à Molinie (Querco roboris-Betuletum pubescentis) sur sables hydromorphes. ;

- chênaies-charmaies acidoclines, du Hyacinthoido non scriptae-Fagetum sylvaticae, traitées en taillis sous futaie.

Quelques prairies subsistent en lisière des bois en bas de pente.

INTERET DES MILIEUX

Parmi les plus remarquables, les landes humides à Bruyère à quatre angles (Calluno vulgaris-Ericetum tetralicis) ; les landes sèches à Bruyère cendrée (Ulici europaeis-Ericetum cinerae) ; les prairies oligotrophes sèches (Nardo-Galion) ; les boisements acides (Quercion robori-petraeae, dont le Querco-Betuletum pubescentis molinietosum) ; les mares et les aulnaies tourbeuses acides (Alno-Ulmion, dont le Blechno-Alnetum et le Carici laevigatae-Alnetum) sont des milieux rares et menacés en Europe, et relèvent de la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Ils abritent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées.

Les quelques mares permettent la présence de batraciens remarquables.

Ces milieux essentiellement forestiers abritant des aulnaies, des landes et des pelouses acides relictuelles, et présentant divers degrés d'acidité et d'humidité, permettent l'expression d'une biodiversité exceptionnelle en Picardie.

INTERET DES ESPECES

De nombreuses espèces végétales assez rares à exceptionnelles (et menacées pour la plupart) en Picardie sont présentes, notamment les suivantes :

- la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix*) ;

- la Bruyère cendrée (Erica cinerea*) ;

- le Nard raide (Nardus stricta*) ;

- la Laîche lisse (Carex laevigata*) ;

- l’Osmonde royale (Osmunda regalis*) ;

- la Laîche allongée (Carex elongata) ;

- la Laîche maigre (Carex strigosa) ;

- la Myrtille (Vaccinum myrtillus), notablement abondante ici...

Parmi les bryophytes, plusieurs espèces sont au minimum assez rares en Picardie, avec ,notamment, plusieurs espèces de sphaignes et Aulacomnium palustre, espèce très rare et inféodée aux milieux tourbeux.

Faune :

Parmi les oiseaux remarquables figurent le Pic noir (Dryocopus martius) inscrit en annexe I de la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne, et le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), vulnérable en Picardie.

La batrachofaune comprend la Grenouille agile (Rana dalmatina), assez rare en Picardie, en limite d’aire septentrionale et inscrite en annexe IV de la directive "Habitats". D'autres espèces d'oiseaux et de batraciens remarquables restent certainement à découvrir.

Plusieurs espèces de lépidoptères nocturnes de grand intérêt, liées notamment aux landes à Ericacées et à Myrtille, ont pu être identifiées : Hygena crassalis, Callopsicha juventia, Acronicta strigosa, Chlorissa viridata.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Fermeture par boisement des ultimes espaces ouverts de landes acides.

- Plantations de résineux réduisant fortement l'intérêt tant biologique, que paysager ou cynégétique du site.

- Altération des lisières par régression de l'écrin de prairies et de haies, au profit des cultures dont les intrants eutrophisent les abords des bois.

N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Les contours du site comprennent les bois et leurs lisières externes et internes les plus remarquables pour les habitats, la flore et la faune. Les cultures et les habitations sont exclues, dans la mesure du possible.