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ZNIEFF 220013813
MARAIS DE LA PLAINE ET ANCIENNES CARRIÈRES DE SAINT-VAAST-LES-MELLO

(n° régional : 60CLE114)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les anciennes carrières de Saint-Vaast-les-Mello et le Marais de la Plaine sont situés en vallée du Thérain, dans le sud du Clermontois.

Ces deux entités naturelles nettement différentes se jouxtent et se complètent.

Les carrières (leurs parties abandonnées uniquement) de calcaire lutétien dur sont occupées par une mosaïque de :

- végétations de recolonisation des dalles calcaires et des éboulis (Alysso-Sedion) ;

- pelouses calcicoles (rapprochées provisoirement au Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae) et ourlets à Brachypode penné (Brachypodium pinnatum) ;

- lisières et fourrés thermophiles du Berberidion, ;

- bois thermocalcicoles du Cephalanthero-Fagion (accompagnés d'éléments du Quercion pubescentis).

Des boisements de pente nord à Hêtre, à Frêne, à Erable, à Tilleul... à sous-bois de fougères (Phyllitido-Fraxinetum) sont également représentés ponctuellement sur les versants.

Le Marais de la Plaine est développé sur les alluvions et les bancs de tourbe alcaline du fond de vallée.

Des aulnaies à Fougère des marais (Thelypterido-Alnetum) s’y développent, ainsi que des mégaphorbiaies (Thalictro-Altheaetum officinalis), des cariçaies (Caricion acutiformis-ripariae) et des peupleraies.

Les bords des eaux accueillent des groupements, dont certains sont pionniers sur les bancs de tourbe (Samolo-Cyperetum fusci fragmentaire).

INTERET DES MILIEUX

Parmi les plus remarquables, les pelouses calcicoles (rapprochées provisoirement au Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae), les dalles rocheuses (Alysso-Sedion) et les forêts thermocalcicoles, milieux rares et menacés en Europe, sont inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Abritant de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées, ces milieux subissent une raréfaction constante dans les plaines du nord-ouest de l'Europe.

Les coteaux les plus thermophiles connaissent des influences méridionales permettant la présence de nombreuses espèces végétales et animales thermophiles rares et/ou menacées.

Cette juxtaposition de milieux forestiers, pelousaires, tourbeux et alluviaux permet l'expression d'une biodiversité élevée pour la Picardie.

INTERET DES ESPECES

De nombreuses espèces végétales assez rares à rares (et menacées pour la plupart) en Picardie sont ainsi présentes :

La flore abrite notamment :

- la Cuscute du Thym (Cuscuta epithymum),

- l’Herniaire glabre (Herniaria glabra),

- le Nardure maritime (Nardurus maritimus),

- l’Ophrys mouche (Ophrys insectifera),

- le Séséli libanotide (Seseli libanotis),

- l'Anacamptis pyramidal (Anacamptis pyramidalis),

- l’Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens),

- l’Erigeron âcre (Erigeron acer),

- le Polystic à aiguillons (Polysticum aculeatum),

- le Daphne lauréolé (Daphne laureola),

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium)...

Dans le marais :

- le Prunier à grappes (Prunus padus),

- le Cassissier (Ribes nigrum),

- le Souchet brun (Cyperus fuscus),

- la Fougère des marais (Thelypteris palustris),

- la Guimauve officinale (Althaea officinalis),

- le Laiteron des marais (Sonchus palustris),

- la Naïade commune (Najas marina)...

Faune

Parmi les oiseaux remarquables figurent :

- la Bondrée apivore (Pernis apivorus), le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), tous deux inscrits en annexe I de la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne ;

- le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), nicheur probable sur les parois rocheuses.

Entomofaune

Les pelouses et lisières thermocalcicoles abritent des lépidoptères menacés, car inféodés aux espaces pelousaires :

- le Fluoré (Colias australis),

- l’Azuré bleu nacré (Polyommatus coridon).

Reptiles de grand intérêt

Présence du Lézard des murailles (Podarcis muralis), sur les espaces rocheux ensoleillés.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

L’absence d’entretien des pelouses et des ourlets entraîne une fermeture progressive du milieu par recolonisation forestière spontanée, ponctuellement contenue par l’action des lapins. Les bouleaux, notamment, ont une vitalité très importante.

Il en résulte une relative banalisation à la fois biologique, cynégétique et paysagère de ces espaces ouverts, originaux et précieux. Des coupes circonstanciées des buissons envahissants seraient donc souhaitables, en dehors de la saison de reproduction de la faune.

Dans le marais, quelques petits aménagements permettraient d’augmenter les potentialités d’accueil des milieux aquatiques et hélophytiques pour la flore et la faune (reprofilage de berges en pente douce, creusement de petites mares, limitation du boisement et réouverture de milieux...).

Commentaires sur la délimitation

Les contours de la zone englobent les milieux les plus précieux pour les habitats, la flore et la faune. Dans la mesure du possible, les zones de carrières en cours d'extraction et les habitations sont évitées.