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ZNIEFF 220013827
COTEAUX DE MOULIN-SOUS-TOUVENT

(n° régional : 60SOI104)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les Coteaux de Moulin-sous-Touvent sont situés au nord-ouest du plateau du Soissonnais, dans la partie amont de la vallée du Ru de Bitry.

Cette petite vallée est orientée nord-sud, mais sa partie amont présente une digitation étirée d'ouest en est. Elle est profondément encaissée dans le plateau du Soissonnais et présente des versants souvent raides, notamment au niveau des corniches sommitales, où affleure la dalle calcaire.

La structure géologique est typique du Soissonnais occidental avec, de bas en haut :

- les alluvions, en fond de vallée ;

- les argiles sparnaciennes ;

- les sables cuisiens ;

- les épais calcaires lutétiens qui structurent le plateau du Soissonnais ;

- les limons de plateau, plus ou moins résiduels.

Les argiles sparnaciennes forment une base pour la nappe des sables cuisiens. Cette dernière génère une source alimentant le Ru de Bitry.

Cette diversité géologique ainsi que l'orientation des versants (Ravin du Martinet orienté nord-sud, vallée de l'Aigle orientée est-ouest) et l'histoire de l'occupation du sol permettent la présence de milieux diversifiés :

- pelouses calcicoles (rapprochées du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae) et calcaro-sableuses (du Koelerio-Phleion), anciennement pâturées par des troupeaux d'ovins ;

- lisières thermophiles du Berberidion et bois thermocalcicoles du Cephalanthero-Fagion (accompagnés d'éléments du Quercion pubescentis) ;

- aulnaies et peupleraies plus ou moins inondées (vers Violaine) ;

- bois frais de pente nord.

Quelques plantations de peupliers ont été effectuées dans le fond de vallée en lieux et places des aulnaies et des prairies humides.

Le fond du Ravin Martinet est largement cultivé.

INTERET DES MILIEUX

Parmi les éléments les plus remarquables, les pelouses calcicoles et calcaro-sableuses, ainsi que les forêts thermocalcicoles sont des milieux rares, menacés en Europe, et, de ce fait, inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Ils abritent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées. En effet, ces milieux connaissent une raréfaction constante en Europe.

Les coteaux exposés au sud connaissent des influences méridionales amenant la présence de nombreuses espèces végétales et animales thermophiles rares et/ou menacées.

Cette juxtaposition de milieux forestiers et pelousaires en exposition nord et sud favorise l'expression d'une biodiversité élevée pour la Picardie.

INTERET DES ESPECES

De nombreuses espèces végétales assez rares à très rares (et menacées pour la plupart) en Picardie sont présentes, notamment les suivantes :

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*),

- l'Anacamptide pyramidal (Anacamptis pyramidalis),

- l’Orchis militaire (Orchis militaris),

- l’Ophrys araignée (Ophrys sphegodes*),

- la Phléole de Bohmer (Phleum phleoides),

- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris),

- le Thésion couché (Thesium humifusum),

- le Séséli annuel (Seseli annuum),

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium).

Plusieurs espèces de bryophytes (mousses) rares et menacées ont également été notées sur les pelouses et écorchures, dont Rhytidium rugosum et Cephaloziera baumgartneri.

Faune

Herpétofaune :

Présence du Lézard agile (Lacerta agilis) sur les coteaux thermophiles, espèce inscrite en annexe IV de la directive "Habitats" de l’Union Européenne.

Entomofaune :

- le Fluoré (Colias australis) ;

- l’Azuré bleu-nacré (Polyommatus coridon), sur les coteaux thermophiles.

Bien d’autres espèces de Lépidoptères remarquables restent certainement à découvrir.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

La cessation des activités pastorales traditionnelles (parcours à moutons) sur les pelouses et les ourlets calcicoles, entraîne inéluctablement une fermeture progressive du milieu par boisement spontané. Cette occlusion par embroussaillement est très peu contenue par les broutements des herbivores (lapins et chevreuils essentiellement).

Il en découle une banalisation tant biologique que paysagère de ces anciens espaces ouverts, particulièrement originaux et précieux. Afin de limiter cet enfrichement préjudiciable, des coupes circonstanciées des buissons envahissants seraient souhaitables, en dehors de la saison de reproduction.

Dans l'idéal, une restauration d'un pâturage extensif serait très bénéfique sur les parcelles où cela s’avèrerait encore envisageable.

N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre de la zone englobe les milieux les plus remarquables pour les habitats, la flore et la faune. Autant que possible, les cultures et les milieux urbanisés sont exclus, hormis un fin liseré périphérique faisant office de zone-tampon.