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ZNIEFF 220013831
COTEAUX DU VALLON DU RU DE MILLEVILLE A ATTICHY

(n° régional : 60SOI105)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les coteaux du Ru de Milleville sont situés en amont d'Attichy, au nord-ouest du plateau du Soissonnais, entre les lieux-dits Le Pré de la Faloise et Le Fond de Lionval.

Cette petite vallée, partiellement drainée par le Ru de Milleville, est profondément encaissée dans le plateau, avec des coteaux festonnés en pente assez raide (120-130 mètres sur le plateau, 70 à 100 mètres sur le talweg).

La structure géologique reprend la séquence typique du Soissonnais occidental avec, de bas en haut :

- les alluvions et colluvions, en fond de vallée ;

- les argiles sparnaciennes ;

- les sables cuisiens ;

- les épais calcaires lutétiens qui définissent le plateau du Soissonnais ;

- des limons de plateau résiduels, en haut de versant.

Les argiles sparnaciennes, qui forment un plancher pour la nappe des sables cuisiens, génèrent une source alimentant le Ru de Milleville. La partie amont du ru est alimentée de façon intermittente.

Les versants sont essentiellement orientés nord-sud, mais présentent de petites digitations orientées est-ouest.

Cette diversité géologique et topographique, ainsi que l'histoire de l'occupation du sol, permettent la présence de milieux diversifiés :

- de vastes pelouses calcicoles (rapprochées du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae) et calcaro-sabulicoles, anciennement pâturées par des troupeaux d'ovins, avec des écorchures et des affleurements de calcaire (dalles de l'Alysso-Sedion) ;

- des lisières thermophiles du Berberidion et bois thermocalcicoles du Cephalanthero-Fagion (accompagnés d'éléments du Quercion pubescentis) ;

- des aulnaies et peupleraies plus ou moins humides en bordure du ru, ce dernier alimentant une petite mare (en aval de la ferme de la Faloise) ;

- des bois de pente nord ;

- de rares prairies en fond de vallée, parfois resemées après un emblavement.

Des plantations de peupliers ont été effectuées dans le fond de vallée en lieux et places d'aulnaies-saulaies et de prairies humides.

INTERET DES MILIEUX

Parmi les plus remarquables, les pelouses calcicoles (du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae), les lisières et les forêts thermocalcicoles sont des milieux rares et menacés en Europe, inscrits, à ce titre, à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Elles abritent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées.

Les pelouses étaient plus largement valorisées par le pâturage ovin dans le passé. Aujourd'hui, seule une petite pâture, occupée par quelques ovins, subsiste sur un coteau.

Les coteaux exposés au sud bénéficient d'influences méridionales permettant la présence de nombreuses espèces végétales et animales thermophiles rares et/ou menacées.

Globalement, ce complexe de milieux forestiers exposés en pentes nord et sud et de pelouses calcicoles anciennement pâturées par des ovins, favorise l'expression d'une biodiversité élevée pour la Picardie.

INTERET DES ESPECES

De nombreuses espèces végétales, assez rares à très rares (et menacées pour la plupart) en Picardie, sont présentes, notamment les suivantes :

- la Globulaire ponctuée (Globularia bisnagarica) ;

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), sur les écorchures et les dalles calcaires ;

- le Bugle petit-pin (Ajuga chamaepytis) ;

- l'Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens) ;

- le Thésion couché (Thesium humifusum) ;

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium) ;

- la Brunelle laciniée (Prunella laciniata).

Faune

Présence de la Bondrée apivore (Pernis apivorus), rapace insectivore inscrit à la directive "Oiseaux" de l’Union Européenne, qui chasse sur les coteaux et en lisière des bois.

Plusieurs espèces rares de lépidoptères et de reptiles sont susceptibles d'être présentes sur les pelouses et les lisières ensoleillées.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

En dehors de la dernière parcelle pâturée par des ovins, l’absence d’entretien des éléments de pelouses et d’ourlets provoque une fermeture progressive du milieu, par envahissement des broussailles. Cet enfrichement est très peu contenu par l’action des lapins et des chevreuils.

Il s’ensuit une banalisation à la fois biologique, cynégétique et paysagère de ces anciens espaces ouverts originaux et précieux : des coupes circonstanciées des buissons envahissants seraient souhaitables. L’optimum serait une réhabilitation d’un pâturage ovin extensif, là où cela s’avèrerait encore possible.

N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre du site intègre les milieux les plus intéressants pour les habitats, la flore et la faune. Autant que faire se peut, les cultures sont évitées, hormis un fin liseré périphérique faisant office de zone-tampon.