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ZNIEFF 220013910
CAVÉES DE NAOURS

(n° régional : 80PON125)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le site englobe un ensemble de cinq vallées sèches, appartenant au bassin supérieur de la Nièvre, en limite orientale du Ponthieu :

- le "Fossé des Batailles", entre Wargnies et Naours, orienté globalement dans la direction nord/sud ;

- le "Fossé Bonnet" et le "Vaux Vary", au nord de Naours, orienté globalement dans la direction nord/sud ;

- le "Fossé Mon Clerc" et le "Fond Mathias", au nord de Naours, orientés globalement dans la direction nord/sud ;

- la "Vallée de la Vicogne", de Naours à la Vicogne, de direction générale nord-est/sud-ouest ;

- le "Fond du Bout du Comté" et le "Fond du Bois Catel", au sud-est de Naours, de direction générale nord-sud.

Depuis le fond des vallées jusqu'au plateau, les affleurements géologiques se succèdent de la manière suivante : colluvions limoneuses et crayeuses indifférenciées et colluvions alimentées par les formations résiduelles à silex ; craie du Turonien supérieur, du Coniacien et du Santonien et formations résiduelles à silex.

Cette partie du plateau picard est particulièrement arrosée (jusqu'à 1000 mm/an) et le relief y est vif, modelé par l'érosion : cavées, extension des dépôts colluvionnaires, creusement de rigoles et phénomènes de solifluxion sont les indices majeurs ainsi que les preuves manifestes de l'intensité de l'érosion.

L'originalité géomorphologique des cavées entretient des conditions mésoclimatiques particulières. L'hygrométrie, anormalement élevée, est suffisante à l'implantation d'habitats à affinités submontagnardes ou atlantiques. Ces influences sont d'autant plus perceptibles que les cavées sont étroites, boisées et profondes, avec des pentes escarpées. Les différents types de boisements présents sont les suivants :

- Tiliaie-acéraie du Phyllitido-Fraxinetum, riche en fougères sur les pentes froides les plus fortes ;

- chênaie-charmaie du Mercurialo-Carpinion submontagnard lorsque le profil s'amollit ;

- chênaie-charmaie "classique " (Mercurialo-Carpinion).

Des végétations calcicoles herbacées subsistent très localement :

- éboulis crayeux actifs à Lactuca perennis à affinités submontagnardes (Leontodontion hyoseroidis), notamment au niveau du « Bois de Talmas » ;

- pelouse calcicole à Avenula pratensis et à Festuca lemanii (Avenulo pratensis-Festucetum lemanii) ;

- ourlets calcicoles à Origanum vulgare et Melampyrum pratense (Trifolion medii) ;

- prairies mésophiles pâturées (Cynosurion cristati).

Le fond des vallées est souvent bordé d'une double rangée de charmes taillés en têtards, relique ethnobotanique d'anciennes servitudes de passage. Les grottes de Naours sont intégrées dans la zone. Elles présentent un intérêt à la fois historique, archéologique et peut-être écologique (site d'hibernation potentiel pour les chiroptères).

INTERET DES MILIEUX

Plusieurs milieux sont particulièrement remarquables à l'échelle de la Picardie ainsi qu'au niveau européen :

- les forêts de pente du Phyllitido scolopendrium-Fraxinetum excelsioris,

- les éboulis crayeux du Leontodontion hyoseroidis,

- les pelouses calcicoles de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii.

Ces milieux sont inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. Leur caractère submontagnard apparaît très intéressant pour la Picardie.

De manière plus globale, les différents milieux présents dans la zone accueillent une flore et une faune remarquables.

INTERET DES ESPECES

Dans les cavées, citons entre autres :

- le Polystic à soies (Polystichum setiferum), espèce subatlantique assez rare en Picardie ;

- le Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum), espèce subcontinentale assez rare en Picardie ;

- l'hybride des deux espèces précédentes : le Polystic de Bicknell (Polysticum x bicknelli), rare en Picardie.

Les facies, riches en fougères, sont particulièrement spectaculaires, tant sur le plan biologique que sur le plan esthétique, notamment lorsqu'abonde Polysticum x bicknellii, aux frondes immenses (« Fossé des Batailles » en particulier).

Sur les éboulis crayeux, signalons l'Epervière tachetée (Hieracium maculatum), assez rare en Picardie.

Dans les clairières forestières, se développe l'Ophrys mouche (Ophrys insectifera).

Pour la faune, citons le Faucon hobereau (Falco subuteo), rapace nicheur assez rare en Picardie.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Des phénomènes d'eutrophisation sont visibles dans les secteurs en contact avec les cultures du plateau (ruissellement des intrants).

- Des dépôts d'ordures sont parfois présents dans les fonds de vallons, occasionnant une détérioration de la flore en place.

Commentaires sur la délimitation

Le site englobe un réseau éclaté de vallées sèches ou à écoulement intermittent comprenant des cavées où se développent des forêts de pente d'intérêt écologique élevé. Les lisières, ourlets calcicoles et prairies pâturées attenants sont compris dans la zone (complémentarité fonctionnelle). Les cultures sont exclues hormis un liseré en contact avec le bois jouant le rôle d'une zone tampon.