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ZNIEFF 220013965
LARRIS DE LA VALLÉE DE LANGUÉRON À GRIVESNES, BOIS DE COULLEMELLE ET BOIS FERMÉ

(n° régional : 80SAM129)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Entre Ainval et Coullemelle, plusieurs vallées sèches (la « Vallée de Simie », la « Vallée de Languéron », la « Vallée de Coullemelle » et la « Vallée du Mont Foucart »), orientées selon un axe nord-est/sud-ouest, entaillent le plateau crayeux. Les versants s'inscrivent dans la craie blanche à silex du Santonien, tandis que le plateau est couvert de formations résiduelles à silex.

Les versants sont occupés soit par des bois, pour la majorité, soit par des pelouses calcicoles (Mesobromion erecti), au niveau du versant pentu, exposé au nord-ouest de la « Vallée de Languéron ». Faute d'entretien, ce larris est en voie d'ourléification (brachypodiaies du Centaureo nemoralis-Origanetum vulgaris) et d'embroussaillement (Rhamno-Prunetea), notamment par les bouleaux. Quelques secteurs sont cependant maintenus ras, grâce à l'activité des lapins (grattis, broutage).

Les peuplements forestiers correspondent à des chênaies-hêtraies-charmaies du Carpinion betuli. La gestion sylvicole est menée en futaie et en taillis sous futaie. Des plantations de résineux ont été réalisées en plusieurs points du massif.

Certaines lisières thermophiles, à Alisier torminal (Sorbus torminalis) et à hybride de Chêne pubescent (Quercus pubescens x Quercus robur et Quercus pubescens x Quercus petraea), sont également représentés. La position du site, au sein de l'îlot thermophile Sud-Amiénois (secteur de déficit pluviométrique à affinités thermocontinentales), permet l'expression de hêtraies calcicoles du Cephalanthero-Fagion sylvaticae.

INTERET DES MILIEUX

Plusieurs milieux sont d'intérêt européen et sont inscrits, à ce titre, à la directive "Habitats" de l'Union Européenne :

- les pelouses calcicoles de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii subass. seselietosum montani, groupement végétal rare et en voie de disparition en Picardie du fait de l'abandon des pratiques pastorales qui permettaient d'entretenir ces milieux herbacés ; le larris de la « Vallée de Languéron » présente une flore particulièrement riche et diversifiée pour le département de la Somme ;

- les hêtraies du Hyacinthoido non-scriptae-Fagetum sylvaticae et les hêtraies thermophiles du Cephalanthero-Fagion sylvaticae.

INTERET DES ESPECES

Flore :

- l'Herminion caché (Herminium monorchis*), espèce très rare en Picardie (observée sur le site dans les années 1980) ;

- l'Anémone sauvage (Anemone sylvestris*), espèce thermocontinentale rare et en danger en Picardie, qui se trouve ici en limite nord-occidentale de son aire pour la France ;

- la Mélitte à feuilles de mélisse (Melittis melissophyllum), espèce très rare et menacée en Picardie, qui se trouve ici dans son unique localité actuellement connue du département de la Somme ;

- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris), espèce en régression en Picardie ;

- l'Epipactis brun rouge (Epipactis atrorubens), assez rare en Picardie ;

- le Bunium noix-de-terre (Bunium bulbocastanum), assez rare en Picardie ;

- le Dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria), espèce thermophile ;

- la Callune commune (Calluna vulgaris), espèce acidophile rare dans le département de la Somme.

Faune :

Signalons la nidification de deux espèces inscrites à la directive "Oiseaux"de l'Union Européenne : la Bondrée apivore (Pernis apivorus) et le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus).

Plusieurs lépidoptères remarquables ont également été notés : la Lucine (Hamearis lucina), espèce exceptionnelle dans le département de la Somme, et la Zygène de Carniole (Zygaena carniolica).

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Les pelouses ont tendance à être envahies par les hautes herbes et les broussailles, du fait de l'absence d'entretien. Ceci entraîne la régression des espèces héliophiles remarquables. Ce phénomène n'est que trop peu compensé par l'activité des lapins.

- Le site fait l'objet d'une exploitation sylvicole parfois peu compatible avec une biodiversité optimale. Des plantations denses de résineux sont en particulier réalisées. Celles-ci conduisent à dégrader les végétations forestières initiales.

- Les intrants, issus de l'agriculture intensive des abords des bois, sont apportés par le vent et par les eaux de ruissellement vers les lisières forestières. Ces produits sont fortement préjudiciables à la flore en place.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site englobe le larris de Septoutre ainsi que les Bois de Coullemelle et Bois Fermé. Ces milieux présentent un intérêt écologique élevé et hébergent une faune et une flore remarquables pour la Picardie. Les lisières, les ourlets calcicoles, les fourrés de recolonisation attenants sont également pris en compte. Les cultures ont été exclues autant que possible.