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ZNIEFF 220014091
COTEAUX DU MONT SAINTE-HÉLÈNE, DU MONT DE RÉPIS ET DES COMMUNAUX DE MONTEL

(n° régional : 60PDT101)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les coteaux du Mont Saint-Hélène, du Mont de Répis et des Communaux de Montel sont localisés en limite septentrionalo-occidentale du plateau du Pays de Thelle.

Ces larris et bois sont essentiellement exposés à l'ouest, le long de la vallée de l'Epte, orientée nord-sud. Celle-ci franchit,à cet endroit, en une cluse, la cuesta sud de l'anticlinal évidé (ou boutonnière) du Pays de Bray.

Ces côtes s’étirent sur la craie turonienne des vallées sèches, aux pentes particulièrement raides en maints endroits, et sur les limons à silex acides, sur le rebord du plateau.

Les boisements sont essentiellement constitués de taillis sous futaie de charmes et de chênes mêlés à des hêtres, des érables, des tilleuls, des frênes...

Les milieux sylvatiques du plateau sont composés de hêtraies-chênaies neutro-acidoclines atlantiques/subatlantiques à Jacinthe (Hyacinthoido non scriptae-Fagetum sylvaticae), traitées en futaie. Elles peuvent localement faire place, sur des sols plus acides, à une hêtraie atlantique à Houx (Ilex aquifolium) de l’Illici-Fagion.

Sur les versants crayeux aux sols rendziniformes et orientés au sud, dominent les hêtraies thermocalcicoles (Cephalanthero-Fagion introgressé d’éléments du Quercion pubescentis).

Les versants plus froids, exposés au nord sur le rebord de la cuesta du Pays de Bray, sont occupés par des frênaies-acéraies-hêtraies neutrocalcicoles à Mercuriale pérenne et à Actée en épi (Lunario redivivae-Acerion pseudoplatani).

Les pelouses sont caractérisées par la présence du groupement de l’Avenulo pratensis-Festucetum lemanii. Plusieurs sous-associations traduisent les différentes influences microclimatiques en fonction de l'exposition (subass. polygaletosum calcarae, typique des conditions de thermophilie des coteaux exposés au sud, subass. blackstonietosum perfoliatae, sur les versants plus hygrophiles exposés à l'ouest).

Les pelouses de la Côte Sainte-Hélène ont fait l'objet d'une mise en culture au début du siècle. Puis, les troupeaux d'ovins ont valorisé ces milieux secs, jusque dans les années 1950-60.

D'importantes surfaces d'ourlets (Centaureo nemoralis-Origanetum vulgare et Senecio erucifolii-Succisetum pratensis), de pré-bois et de fourrés de recolonisation (Berberidion) se maintiennent également sur ces côtes, à la suite des évolutions naturelles des pelouses délaissées par le pâturage.

Quelques bosquets et prairies, ces dernières étant parfois entourées de haies et plantées de pommiers, subsistent sur le plateau, près de Mont-de-Fly et des Frères Jean notamment.

INTERET DES MILIEUX

Les coteaux exposés au sud connaissent des influences méridionales permettant l’expression d’une biodiversité élevée. De nombreuses espèces végétales et animales thermophiles d'affinités subméditerranéennes s'y développent.

Le site constitue aussi une limite pour des espèces continentales qui parviennent, ici, en limite ouest de leur aire, en ayant "longé" la cuesta du Bray (Digitale jaune, Polygale amer..).

Enfin l'orientation nordique des versants de la cuesta du Bray confère au nord du site un caractère montagnard particulièrement original, marqué par la présence de l'Actée en épi. Cet ensemble occupe ainsi une position biogéographique particulièrement originale.

Les pelouses à orchidées connaissent une raréfaction considérable dans le nord de l'Europe. Elles sont, à ce titre, inscrites à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. La surface des pelouses sèches de Picardie a, par exemple, été divisée par vingt environ depuis un siècle, à la suite des évolutions de l'agriculture, qui délaisse ces espaces peu productifs.

Avec les lisières et les bois calcicoles, ces pelouses abritent de nombreuses espèces végétales et animales, rares et menacées en Picardie.

Par ailleurs, la Côte Sainte-Hélène, déjà occupée au Néolithique, est un site archéologique et historique prestigieux.

INTERET DES ESPECES

La flore comprend bon nombre de taxons remarquables (assez rares à très rares, et souvent en régression en Picardie), dont de nombreuses orchidées, et notamment :

- l’Ophrys bourdon (Ophrys fuciflora),

- la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium),

- l’Orchis singe (Orchis simia),

- l’Orchis militaire (Orchis militaris),

- l’Ophrys mouche (Ophrys insectifera),

- la Néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus avis),

- l'Anacamptis pyramidal (Anacamptis pyramidalis),

- l'Orchis mâle (Orchis mascula),

- la Chlore perfoliée (Blackstonia perfoliata),

- l'Actée en épi (Actaea spicata),

- le Dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria),

- l’Epiaire des Alpes (Stachys alpina),

- la Belladone (Atropa bella-donna),

- la Digitale jaune (Digitalis lutea),

- le Tabouret perfolié (Thlaspi perfoliatum),

- le Séséli libanotide (Seseli libanotis),

- l'Hellébore fétide (Helleborus foetidus),

- le Daphné lauréole (Daphne laureola),

- la Fétuque hétéropachys (Festuca heteropachys),

- la Digitale pourpre (Digitalis purpurea), sur les sols acides.

Faune :

Quelques oiseaux remarquables ont été observés, notamment la Bondrée apivore (Pernis apivorus), au-dessus des pâtures et larris, et le Pic noir (Dryocopus martius), dans les bois exposés au nord.

Ces deux espèces sont inscrites à la directive "Oiseaux" de l’Union Européenne.

Les pelouses et lisières thermocalcicoles abritent des populations conséquentes de lépidoptères menacés, entre autres :

- le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia), menacé au niveau européen et inscrit en annexe IV de la directive "Habitats" de l'Union Européenne, protégé en France ;

- le Fluoré (Colias australis) ;

- l’Azuré bleu céleste (Polyommatus bellargus) ;

- l’Azuré bleu nacré (Polyommatus coridon) ;

- la Lucine (Hemaris lucina) ;

- la Virgule (Hesperia comma) ;

- la Petite Violette (Clossiana dia) ;

- la Grisette (Carcharodus alcae) ;

- la Noctuelle grisette (Acronicta strigosa) ;

- la Noctuelle de la Linaire (Calophasia lunula) ;

- la Zygène de Carniole (Zygène de Carniole)...

Mentionnons également l'Azuré de la Sarriette (Pseudophilotes baton) et le Flambé (Iphiclides podalirius), qui auraient disparu du site.

Exceptionnel élément méditerranéo-montagnard, la Cigale des montagnes (Cicadette montana), a été observée récemment sur la Côte Sainte-Hélène.

La rare Vipère péliade (Vipera berus) est présente, bien que particulièrement discrète.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

La réhabilitation d'un pâturage ovin extensif sur la Réserve Naturelle Volontaire de la Côte Sainte-Hélène permet de rendre à ce larris toute sa valeur écologique et sa qualité paysagère.

La problématique des autres coteaux reste cependant celle de l'embroussaillement : la fermeture du milieu limite en effet notablement leur intérêt à la fois biologique et paysager.

Par ailleurs, la réhabilitation d'une carrière, transformée en décharge, apparaît nécessaire.

La mise en culture et la disparition des haies sur les marges réduisent l'intérêt, tant biologique que paysager et cynégétique des lisières, importants espaces de transition fonctionnels entre les bois et les grandes cultures.

Commentaires sur la délimitation

Les contours du site englobent les milieux les plus remarquables pour la flore, la faune et les paysages. Les cultures, sans intérêt particulier, sont évitées.