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ZNIEFF 220014327
MARAIS DE LEUILLY, LES PATURES DE NOUVION ET BOIS CORNEIL À NOUVION-LE-VINEUX

(n° régional : 02LAN112)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le périmètre englobe un vaste secteur de plaine, situé en limite nord du pied de la cuesta de l'Ile-de-France. La micro-topographie laisse apparaître, ponctuellement, des sols crayeux relativement secs, d'assez grandes dépressions argileuses à fond plat et des petites buttes sableuses. Un réseau d'écoulements naturels et de fossés, d'origine humaine, collecte les eaux de surface et les dirige vers la rivière Ardon, située à l'ouest de la zone. Les milieux aquatiques sont assez variés et l'on observe un gradient allant des mares riches en bases aux mares très acides, avec développement de Sphaignes.

La chênaie acidocline couvre une grande partie des sols sableux de cette ZNIEFF, alors que des éléments d'aulnaie-frênaie sont installés sur des sols argileux à paratourbeux. Un bel ensemble de prairies oligotrophes et pâturées persiste au sein de la zone. Cette derinère est bordée de formations buissonnantes dominées par les saules, par des roselières et des cladiaies en cours de colonisation.

Ponctuellement, des fragments de landes acidoclines à Molinie et des éléments de bétulaies à Sphaignes persistent.

INTERET DES MILIEUX

- Landes acidoclines à Molinie, présentant des fragments de landes à Bruyère quaternée (Erica tetralix*) et de bétulaies à sphaignes, milieux qui, autrefois, étaient assez fréquents dans ce secteur mais qui, actuellement, sont très peu représentés en Picardie.

- Eléments d'aulnaie-frênaie avec présence d'une espèce végétale protégée, la Prêle d'hiver (Equisetum hyemale*) et de sous-bois à Cerisier à grappes (Prunus padus), bien développé. Ce type de boisement s'observe fréquemment dans les forêts fraîches du Laonnois, mais est fortement localisé ailleurs dans la région.

- Présence d'un bel ensemble de prairies oligotrophes pâturées, possédant de nombreuses espèces végétales peu communes en Picardie et présentant une micro-topographie favorable à l'expression d'une flore variée.

Les milieux aquatiques présentent un gradient, allant des pièces d'eau oligo-mésotrophes riches en bases aux dépressions des bas-marais acides.

On note, enfin, la présence de fragments de pelouses silicicoles des sols nus, avec cortège partiel du Corynephorion.

INTERET DES ESPECES

Quatre espèces végétales, légalement protégées, ont été notées : la Prêle d'hiver (Equisetum hyemale*), le Potamot rougeâtre (Potamogeton coloratus*), la Bruyère quaternée (Erica tetralix*), la Laîche de Reichenbach (Carex Reichenbachii*).

De nombreuses autres espèces végétales sont en voie de raréfaction : le Scorsonère humble (Scorzonera humilis), la Saxifrage granulée (Saxifraga granulata), le Marisque (Cladium mariscus), la Valériane dioïque (Valeriana dioica), le Tétragonolobe siliqueux (Tetragonolobus maritimus), le Cirse anglais (Cirsium dissectum), la Laîche bleuâtre (Carex panicea) et la Laîche distante (Carex distans).

On remarque l'abondance du Cerisier à grappes (Prunus padus), espèce à caractère montagnard, dont la répartition en France est très morcelée.

D'autre part :

- présence de sphaignes, non déterminées, en plusieurs endroits ;

- présence de l'Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), petit odonate peu fréquent en Picardie et qui devient exceptionnel dans le quart nord-est de la France. Très importante station d'Hémérobe aquatique (Osmylus fulvicephalus), névroptère très rare en Picardie et plus largement dans une grande partie du bassin Parisien.

- présence de deux éphéméroptères très rares en France et généralement plus abondants dans les eaux acides des régions montagneuses du nord de l'Europe : Leptophlebia vespertina et Leptophlebia marginata.

- présence de la Vipère péliade (Vipera berus), serpent qui subit, depuis plusieurs dizaines d'années, une très forte réduction de ses populations et un fractionnement de son aire. Ses stations isolées, comme celles du Laonnois, sont les plus sensibles à cette dérive faunique.

FACTEUR INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

Des signes d'eutrophisation des milieux aquatiques et des formations végétales sont observés aux abords de la rivière Ardon.

Les boisements sont globalement d'une grande valeur patrimoniale, mais leur qualité tend à être progressivement altérée par l'extension des plantations de peupliers. Des travaux hydrauliques précèdent généralement ces plantations, ce qui perturbe le fonctionnement hydrique de ce secteur.

Les chênaies acidoclines les plus humides, ainsi que les bétulaies à sphaignes, sont parcourues par des fossés assez anciens, phénomène certainement à l'origine de perturbations profondes de ces milieux originaux.

Les quelques prairies de fauche reçoivent des amendements trop importants pour permettre de garder durablement certains éléments floristiques remarquables, comme la Saxifrage granulée ou le Scorsonère humble.

N.B. : Les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre englobe un vaste secteur comprenant différents types de boisements, prairies et milieux aquatiques possédant des espèces végétales et animales rares dans la région picarde.