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ZNIEFF 220120020
BOIS DE GERNICOURT

(n° régional : 02CHP111)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le « Bois de Gernicourt » est isolé au milieu des cultures de la vallée de l’Aisne, sur les marges de la Champagne picarde.

Il repose essentiellement sur des dépôts quaternaires éoliens, datant des épisodes glaciaires Gunz et Mindel. Ces dépôts recouvrent les sables thanétiens qui affleurent localement en lisière du bois. Les petits bois du sud du site (« Bois de la Justice ») se sont développés sur la craie sénonienne.

Les boisements couvrant les dépôts quaternaires sont à rattacher au Lonicero-Carpinenion, là où les dépôts sont les plus épais et les plus lessivés, et au Mercurialo-Carpinenion, dans les zones de mélange avec la craie sous-jacente.

Les lisières sont colonisées par des bois thermophiles (Cephalanthero-Fagion fragmentaire), où le Chêne pubescent (Quercus pubescens) est encore présent, mais uniquement sous la forme de son hybride avec le Chêne sessile (Quercus petraea), et par des stades divers de la recolonisation forestière, depuis l’ourlet thermophile (Geranion sanguinei) jusqu'aux fourrés du Berberidion.

Les pelouses calcaires (Mesobromion) sont relictuelles et sont cantonnées aux lisières et aux bermes des chemins.

Les franges des cultures accueillent une flore proche de celle des pelouses calcaires.

INTERET DES MILIEUX

- Pelouses aux fortes influences précontinentales, sans doute proche des unités champenoises, présentes à quelques kilomètres au nord-est, presque complètement disparues du site.

- Ourlets thermophiles, devenus rarissimes en Picardie, habitats d’espèces rares.

- Boisements de la série du Cephalanthero-Fagion, proche de sa limite nord de répartition.

- Marges des cultures remarquables par les espèces pelousaires qu’elles accueillent, témoignant de l’important potentiel de la banque de graines contenue dans le sol.

- Lisières utilisées par certains insectes rares, comme zone de maturation et de chasse.

Les sols sablo-calcaires ont été pendant très longtemps valorisés par l’élevage du mouton. Avec l’évolution des techniques de fertilisation, la plaine crayeuse environnante a été cultivée mais alors que les îlots sableux les moins productifs sont restés longtemps pâturés. Les boisements thermophiles jeunes observés ici sont issus de l’abandon des savarts. Les bois de recolonisation, tel que le « Bois de Gernicourt », ont donc une valeur éthno-écologique importante, tant par leur rareté intrinsèque que par le témoignage qu’ils représentent.

INTERET DES ESPECES

Dans les pelouses et les ourlets thermophiles :

- la Véronique en épi (Veronica spicata), exceptionnelle et en danger en Picardie ;

- la Bugrane gluante (Ononis natrix), qui profite des sols sablonneux des marges du bois ;

- la Brunelle à grandes fleurs (Prunella grandiflora), témoignant des influences continentales subies par le site ;

- le Lézard agile (Lacerta agilis), localisé aux ourlets bien exposés;

- le Fluoré (Colias australis), en régression en Picardie.

Dans le bois :

- la Goodyère rampante (Goodyera repens), orchidée des litières acides d’aiguilles de pins ;

- le Monotrope glabre (Monotropa hypopitys), très rare en Picardie.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les savarts, phénomène déjà ancien sur le site, qui conduit à la disparition d'espèces et de milieux exceptionnels.

- Mise en culture de la majorité des lisières herbeuses des bois, pratique néfaste pour la faune et la flore.

- Transport de produits phytosanitaires et d’engrais par le vent, depuis les cultures environnantes, nuisible à la flore des lisières.

Commentaires sur la délimitation

Le site englobe le bois de Gernicourt et ses lisières. Les cultures sont exclues.