ZNIEFF 220120027
RESEAU DE PELOUSES DE LA VALLÉE DE LA CRISE

(n° régional : 02SOI140)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La Crise et ses tributaires ont découpé la dalle structurale du Lutétien pour former des digitations complexes dans le plateau agricole du Soissonnais. Le site occupe certaines parties des versants de la vallée, principalement en rive droite du cours d’eau. L’exposition des versants varie du sud-est au nord-ouest avec, tout de même, une orientation préférentielle vers le sud.

Le réseau rassemble : « la Montagne d’Acy », les larris d’Ambrief, l’éperon de « la Tuilerie », les pelouses du « Louvre », l’éperon du « Minouët », le coteau du « Val », à Nampteuil-sous-Muret, l’éperon de « la Croutte », les « Boves du Grand Géant » et les pelouses du « Guet d’Albert ».

Les parties hautes des sites, plateau et haut de versant, reposent sur les calcaires grossiers du Lutétien. Les pentes sont constituées de sables cuisiens, plus ou moins colluvionnés d’éléments soliflués des couches supérieures.

Tous les sites possèdent une partie plus ou moins vaste en pelouse (Mesobromion), entourée d’un ourlet (Geranion sanguinei et Trifolion medii) qui fait la transition avec les fourrés de recolonisation forestière du Berberidion. A cette organisation récurrente des milieux, typique des anciennes côtes pâturées par les moutons, s’ajoutent des milieux périphériques tels :

- les boisements de transition à base de Bouleau, très riches en espèces de pelouses comme à la montagne d’Acy ;

- la frênaie-charmaie fraîche de pente (aile fraîche du Carpinion), souvent méso-eutrophe en bas de versant ;

- la jeune chênaie-charmaie à Mercuriale (Mercurialo-Carpinenion) ;

- l’ancienne plantation de pins, bien développée près d’Ambrief ;

- la hêtraie de pente, souvent trop jeune sur la zone pour être bien structurée.

INTERET DES MILIEUX

- Pelouse calcaire mésoxérophile, proche du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae, association limitée au Tertiaire parisien en Picardie et inscrite, comme toutes les pelouses calcaires, à la directive "Habitats" de l’Union Européenne ;

- pelouse-ourlet du Coronillo-Brachypodietum, accueillant de nombreuses espèces d’orchidées et de papillons ;

- affleurements rocheux au sein des pelouses, permettant la présence d’espèces thermoxérophiles rares ;

- prés-bois calcicoles thermophiles, habitats d’espèces protégées ;

- marges des cultures et jachères très diversifiées ;

- réseau de pelouses remarquable, permettant aux populations d’invertébrés de prospérer.

INTERET DES ESPECES

Sur les pelouses :

- l’Inule à feuilles de saules (Inula salicina*), qui prospère dans les pelouses-ourlets denses ;

- la Gentiane croisette (Gentiana cruciata*), présente dans les ourlets thermophiles ;

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium), souvent rencontré dans le Soissonnais et le Laonnois ;

- le Lézard vert (Lacerta viridis), très rare en Picardie ;

- le Lézard des souches (Lacerta agilis), présent ici en densité remarquable ;

- la Cigale des montagnes (Cicadetta montana), élément méridional cantonné au sud de la Picardie ;

- la Mélitée des centaurées (Mellicta aurelia), papillon en grande régression en Picardie.

Dans les prés-bois thermophiles :

- le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum*), orchidée saprophyte rare ;

- la Goodyère rampante (Goodyera repens), orchidée discrète souvent rencontrée sous les pins.

Dans les bois de pente :

- le Cynoglosse d’Allemagne.(Cynoglossum germanicum*), exceptionnel en Picardie ;

- la Platanthère à deux feuilles (Platanthera bifolia), rare en Picardie.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les pelouses calcaires, qui conduit à un embroussaillement rapide et à une régression des espèces liées à ces milieux.

- Surfréquentation des derniers espaces pelousaires restants, entraînant des destructions directes sur la faune, la flore et les milieux (piétinement, feux, moto-cross,...).

- Mise en décharge sauvage à la périphérie des pelouses.

- Substrat géologique très aride, limitant l’évolution de la pelouse.

- Fortes populations de lapins, permettant le maintien de pelouses très rases.

N.B. : Les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site est un réseau de pelouses présentant des similitudes dans les cortèges spécifiques. Les échanges de populations sont très nets pour les insectes. Les contours se limitent aux noyaux de pelouses, de fourrés thermophiles associés et aux bois de pentes les mieux structurés. Les cultures sont exclues.