ZNIEFF 220120037
PELOUSES DE LATILLY ET COURS DU RU DE WADON

(n° régional : 02VAL106)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le ru de Wadon a découpé le plateau agricole du Valois et a dégagé une série de coteaux exposés à l’ouest et au sud. Le site occupe les versants et le fond de la vallée.

Les parties hautes des versants reposent sur les calcaires de Saint-Ouen (Marinesien). Les pentes sont constituées de sables de Beauchamp (Auversien), plus ou moins colluvionnés d’éléments des couches supérieures. Le fond de la vallée repose sur des colluvions. Au nord du site, près du débouché sur la vallée de l’Ourcq, le cours d’eau entaille les couches du Lutétien mais n’entre pas en contact avec elles.

Les versants en exposition sud sont occupés par des pelouses sablo-calcaires. On y identifie divers types:

- pelouses de l’Alysso alyssoidis-Sedion albi, sur les écorchures et les dalles rocheuses ;

- pelouses du Koelerio macranthae-Phleion phleioidis, sur les sols calcaro-sableux squelettiques ;

- pelouses du Mesobromion sur les sols plus évolués.

Des pelouses secondaires intéressantes se retrouvent au niveau des talus de routes.

A la périphérie des pelouses, se trouvent différentes ceintures comprenant :

- la pelouse-ourlet (à rattacher encore au Mesobromion dans bien des cas) ;

- les ourlets thermophiles du Geranion sanguinei ;

- les fourrés de recolonisation forestière du Berberidion.

Ponctuellement, des blocs de grès sont dégagés des sables de Beauchamp et sont colonisés, dans leurs interstices, par une flore ptéridophytique des Asplenietea trichomanis.

Le fond de vallée est presque intégralement voué à la culture du peuplier. Pourtant dans quelques zones encore, persistent les traces de ce qui devait former le paysage de cette vallée, il y a quelques dizaines d’années :

- les pâtures (Cynosurion) ;

- les aulnaies riveraines (Alnion et Alno-Ulmion minoris), souvent eutrophes.

Les sables de Beauchamp ont été exploités, près de la ferme Vareille. C’est à proximité que l’on trouve une source dont les eaux, enrichies par les calcaires de Saint-Ouen, forment des incrustations calciques, colonisées par des communautés bryophytiques du Cratoneurion commutati.

Le ru de Wadon serpente essentiellement au milieu des cultures et est bordé, localement, par un ruban linéaire de boisements très denses d’aulnes et de frênes, qui ombrage fortement le ruisseau (de ce fait la végétation aquatique est clairsemée, voire absente). Ce ru est cloisonné au niveau de la confluence avec l’Ourcq par des grilles dépendant d’une pisciculture.

INTERET DES MILIEUX

- Pelouses pionnières riches en thérophytes de l’Alysso-Sedion, très rares en Picardie ;

- Pelouses calcaro-sableuses du Koelerio-Phleion, en grande régression et présentant des affinités steppiques et continentales remarquables ;

- Pelouses mésoxérophiles du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae, association inféodée au Tertiaire parisien en Picardie ;

- Pelouse-ourlet du Coronillo-Brachypodietum, accueillant de nombreuses espèces d’orchidées et de papillon ;

- Végétation bryophytique des sources incrustantes du Cratoneurion commutati.

Les milieux cités sont tous inscrits à la directive "Habitats" de l’Union Européenne.

Les fortes pentes et la température fraîche des eaux des rus offrent des conditions favorables à l’installation d’un peuplement salmonicole. Le tri granulométrique présente un grand intérêt, car il ménage de nombreuses zones susceptibles d’accueillir la Truite. Les cavités sous berge, nombreuses, jouent un rôle important en matière d’abris-repos.

La vocation première du ru réside dans un rôle de ruisseau-pépinière, accueillant les truites pour la reproduction.

INTERET DES ESPECES

Sur les pelouses :

- l’Armérie faux-plantain (Armeria arenaria*), vulnérable en Picardie ;

- l’Oeillet prolifère (Petrorhagia prolifera), assez rare en Picardie ;

- l’Orpin élégant (Sedum forsterianum), exceptionnel et en danger de disparition en Picardie ;

- l’Alysson calicinal (Alyssum alyssoides), présent sur les écorchures et sur les dalles rocheuses ;

- le Gomphocère tacheté (Myrmeleotettix maculatus), inféodé aux sables nus ;

- le Grillon d’Italie (Oecanthus pellucens), élément méridional, en expansion dans le nord de la France.

Les rochers abritent la Doradille noire (Asplenium adiantum-nigrum), rare et vulnérable dans la région.

Dans le ruisseau, la Truite fario (Salmo trutta fario) est présente en bonne biomasse.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les pelouses, qui conduit à un embroussaillement rapide et à une régression des espèces liées à ces milieux.

- Substrat géologique très aride sur les versants, limitant l’évolution des pelouses abandonnées.

- Migration de fertilisants et de biocides, depuis les cultures du plateau vers les pelouses et les pâtures, nuisible à la flore et à la faune.

- Manque d’entretien du lit du ru ; pratiques agricoles et industrielles sur les terres riveraines, favorisant le colmatage du fond des ruisseaux : les frayères potentielles à salmonidés deviennent ainsi impropres à la reproduction.

- Pollution des eaux, faisant courir le risque d’une apparition des phénomènes d’eutrophisation.

- Faibles débits, limitant la dynamique du cours d’eau et le décolmatage du substrat.

N.B. : Les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le site comprend le Ru de Wadon de sa source à sa confluence avec l'Ourcq et une portion de la vallée avec ses boisements humides et les pelouses qui occupent le versant est. Les cultures ont été exclues, mis à part de certaines zones interstitielles où elles participent à la continuité fonctionelle des milieux entre eux.