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ZNIEFF 220120046
COLLINES DU LAONNOIS ET DU SOISSONNAIS SEPTENTRIONAL

(n° régional : 02LAN201)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le site s’étend entre la cuesta d’Ile-de-France, au nord, la vallée de l’Aisne, au sud, les plaines de Champagne, à l’est et la forêt domaniale de Saint-Gobain, à l’ouest. Il intègre la totalité des collines du Laonnois (au nord de l’Ailette) et les marges nord-est du Soissonnais (entre l’Ailette et l’Aisne).

La cuesta d’Ile-de-France marque la limite nord des dépôts tertiaires dans l’Aisne. Elle domine la dépression de la vallée de l’Ardon et, plus au nord, les plaines cultivées du Marlois.

Cet ensemble est caractérisé à la fois par une diversité exceptionnelle de milieux, par une grande stabilité des séquences géologiques ainsi que par des successions topographiques et temporelles de milieux.

La séquence géologique la plus fréquente est la suivante :

- limons sur le plateau, peu représentés car occupés surtout par des cultures ;

- calcaires grossiers lutétiens (et notamment calcaires à nummulites) sur le rebord du plateau, localement exposés en petites corniches vives ;

- argiles de Vaux-sous-Laon, niveau marqué par des sources au régime irrégulier ;

- sables cuisiens sur les versants, plus ou moins colluvionnés par des éléments provenant du Lutétien, localement entaillés de profonds ravins ;

- argiles sparnaciennes, souvent en bas de pente, générant un niveau de source assez régulier ;

- sables thanétiens ;

- colluvions et alluvions modernes en fond de vallon et tourbe.

Plusieurs ensembles peuvent être individualisés, à l’intérieur desquels la récurrence des cortèges floristiques est frappante : montagne de Laniscourt, pied de la cuesta d’Ile-de-France, collines du Laonnois, secteur de Mauregny-en-haye, coteaux de la rive droite de l’Ailette et de l’Aisne...

Le site possède des caractéristiques topographiques intéressantes, avec des phénomènes de cloisonnement des vallées (Ailette, Ardon sur une partie de son cours) et d’opposition de versant très marqués (présence de Phyteuma nigrum*, en forêt domaniale de Vauclair ; de Carex halleriana* et de Thesium divaricatum, en face, à Chermizy-Ailles).

Le Laonnois présente aussi des originalités biogéographiques remarquables, déjà très bien décrites par M. BOURNERIAS, avec :

- les cortèges boréo-montagnards de la tourbière de Cessières et d’Urcel ;

- la rencontre d’influences continentales et atlantiques (transition entre les deux sous-espèces d’Helianthemum nummularium par exemple) ;

- la limite nord française absolue pour plusieurs espèces de la flore (Carex halleriana*...) et de la faune (Lézard vert...) ainsi que pour certaines unités phytosociologiques (Fumano procumbentis-Caricetum humilis...) ;

- la limite est pour certains groupements (Orchio palustris-Schoenetum nigricantis, unité continentale et montagnarde, aujourd’hui disparus) ;

- une tonalité montagnarde générale très marquée, qui prend toute son ampleur dans les végétations des pentes exposées au nord mais aussi au travers de groupements de pelouses ;

- un micro-endémisme marqué des groupements de pelouses thermophiles, mis en évidence récemment par V. BOULLET.

L’histoire de l’utilisation de cette région est un facteur expliquant parfois la présence de certains milieux aujourd’hui :

- percement de carrières souterraines (surtout après le XIVème siècle semble-t-il) dans le banc lutétien, pour les sites d’hivernage des chauves-souris ;

- utilisation pastorale et présence ancienne de vignes sur les versants de vallée, pour les pelouses calcicoles ;

- exploitation de la tourbe et de la terre de bruyère, pour les tourbières et les landes ;

- pâturage des fonds de vallons humides, pour les prairies paratourbeuses...

Présentation générale des milieux caractéristiques ou structurants.

La plupart des pelouses calcicoles du Laonnois appartiennent au Mesobromion mais avec des originalités locales nettes (Antherico ramosi-Pulsatilletum vulgaris, Helianthemo obscuri-Prunelletum grandiflorae, Astero amelli- Prunelletum grandiflorae).

Les pelouses sur sables calcaires (Veronico scheereri-Koelerietum macranthae) opèrent la transition vers le Koelerio-Phleion phleoidis sur Lutétien dolomitisé. Elles possèdent toutes deux un cortège très original au caractère steppique marqué.

Des pelouses particulièrement thermophiles du Xerobromion (Fumano procumbentis-Caricetum humilis) occupent les éperons les mieux exposés.

Des ourlets du Trifolion medii et du Geranion sanguinei dans les situations les plus chaudes bordent les pelouses. Des unités rares existent (ourlets à Laserpitium latifolium*, Campanula persicifolia et Geranium sanguineum, ourlets à Anemone sylvestris*), mais, la plupart du temps, les ourlets sont à rattacher au Coronnillo variae-Brachypodietum.

Les pelouses sont presque systématiquement entourées par des fourrés arbustifs (Prunetalia spinosae) parfois thermophiles (Berberidion). Le reste des versants est couvert par des boisements jeunes, souvent en taillis denses et impénétrables, résultant de la recolonisation des pelouses.

Les pentes abruptes et la présence de suintements contribuent ensemble à renforcer une ambiance submontagnarde très nette des côtes exposées au nord. Les types forestiers dominants sont alors :

- la hêtraie montagnarde de pente du Lunario-Acerion, caractérisée ici par un sous-bois clairsemé et par des hêtres de grande taille ;

- la chênaie-charmaie fraîche du Carpinion, enrichie en Erable sycomore et en Frêne ;

- la frênaie hygrophile sur suintement ou de fond de vallon de l’Alno-Padion, riche en ptéridophytes, ;

- la tiliaie thermophile (Tilion platyphyllii), sur les versants les mieux exposés et près des lisières sud.

Les groupements forestiers acides, localisés aux grandes dépressions acides, se déclinent surtout en fonction de l’humidité du substrat :

- bétulaie à sphaignes du Sphagno palustris-Betuletum pubescentis ;

- aulnaie-bétulaie à Violette des marais (Viola palustris) de l’Alno-Padion ;

- chênaie mésotrophe tourbeuse à Osmonde royale (Osmunda regalis), proche de l’Alno-Padion ;

- chênaie acidophile sèche du Lonicero-Fagetum (Lonicero-Carpinenion) ;

- chênaie acidophile proche du Fago-Quercetum, sur substrat sec acide oligotrophe.

Des marais tourbeux existent en quelques endroits (Cessières, vallée de l’Ardon, secteur de Mauregny-en-haye). D’ordinaire, les parties centrales des marais sont constituées de tourbe, tandis que les pourtours sont principalement installés sur des sables thanétiens. La profondeur de tourbe peut atteindre dix mètres (à Cessières).

L’essentiel de l’alimentation en eau de ces zones est neutre puisque provenant des nappes de la craie et du Thanétien. Cependant, des déviations dans les écoulements de la nappe laissent certaines zones essentiellement alimentées par les pluies, donc plus acides. C’est à la faveur d’une telle zone, très acide, que s’est constituée la tourbière à sphaigne ombrotrophe de Cessières, tout à fait exceptionnelle en Picardie. Pour la tourbière d’Urcel, les phénomènes de dégradation naturelle de la tourbe pyriteuse pourraient expliquer les acidités extrêmement fortes notées.

Les groupements végétaux héliophiles acidophiles présents sont alors, du plus humide au plus sec :

- gouilles oligotrophes acides du Drosero intermediae-Rhynchosporetum albae, stade régressif initial de la tourbière bombée ;

- tourbière à sphaigne ombrotrophe du Calluno-Sphagnion papillosi, de caractère boréo-montagnarde très net ;

- lande humide du Calluno-Ericetum tetralicis, dans la zone de battement des eaux ;

- lande humide du Genisto anglicae-Callunetum vulgaris ;

- lande sèche du Genisto pilosae-Callunetum vulgaris ;

- pelouses mésophile acidophile du Violion caninae à Laîche des sables (Carex arenaria) et hygrophile à Jonc squarreux (Juncus squarrosus*) ;

- pelouse acidophile du Spergulo morisonii-Corynephoretum, sur sables fins mobiles ;

- pelouse acidophile de l’Airetum praecocis sur sables grossiers.

Les prairies humides paratourbeuses du Laonnois correspondent souvent à l’un des groupements suivants :

- schoenaie du Cirsio dissecti-Schoenetum nigricantis (Hydrocotylo-Schoenion) ;

- moliniaie du Cirsio dissecti-Molinietum coeruleae (Molinion) ;

- prairie du Junco acutiflori-Caricion lasiocarpae aux niveaux acidoclines ;

- prairie du Junco subnodulosi-Caricion lasiocarpae aux niveaux alcalins ;

- groupement pionnier régressif de l’Anagalido-Eleocharetum quinqueflorae, sur tourbe dénudée par le pâturage ;

- groupement acidophile hygrophile à Potentille des marais (Comarum palustre*), du Potentillo palustris-Juncetum acutiflori ;

- groupement à Trèfle-d’eau des fossés et des bourbiers, correspondant à un stade dynamique initial de tourbière acide ;

- groupement tourbeux acide à Linaigrette à feuilles étroites (Juncion acutiflori) ;

- cariçaie à Laîche rostrée (Carex rostrata) et à Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum polystachion*), du Caricion rostratae.

Tous ces groupements des zones tourbeuses ne recouvrent que des surfaces très restreintes.

Les différents cours d’eau parcourant le Laonnois ne sont généralement pas d’une très bonne qualité piscicole mais des micro-milieux, comme les têtes de ruisselets et les sources incrustantes, sont souvent d’un grand intérêt pour les invertébrés aquatiques.

La zone de type II inclut les ZNIEFF de type I suivantes :

- Coteaux calcaires de Cessières, du Bois Roger et bois de pente nord ;

- Plan d’eau et haute vallée de l’Ailette ;

- Côtes de l’Ailette, de Monampteuil à Chamouille ;

- Côtes de l’Ailette, de Neuville-sur-Ailette à Bouconville-Vauclairs ;

- Côtes nord du Laonnois, d’Urcel à Bruyères-et-Montbérault ;

- Tourbière de Cessières-Laniscourt-Montbavin ;

- Grand Marais d’Haye, à Mauregny-en-Haye ;

- Pelouses calcaires de Montchâlons, Orgeval et Bièvres ;

- Coteaux calcaires de Chaillevois ;

- Vallée de la Bièvre ;

- Marais de Leuilly, Pâtures du Nouvion et Bois Corneil, à Nouvion-le-Vineux ;

- Bois de Parfondru ;

- Cuesta sud de Montaigu ;

- Mont Héraut ;

- Marais d’Ardon, d’Etouvelles à Urcel ;

- Vallon du Chérêt ;

- Marais des Pâtures, à Parfondru et Forêt de Lavergny ;

- Oppidum du vieux Laon et boisements environnants ;

- Montagne des Biarts et cuesta du Haut Bouin ;

- Massif forestier de Vauclair/Corbeny/Bouconville ;

- Pelouses du Chemin des Dames ;

- Corniche du Mont de Fer ;

- Massif forestier d’Agasse ;

- Massif forestier de Beau Marais, de Neuville et des Couleuvres.

INTÉRÊT DES MILIEUX

Le Laonnois est sans doute l’une des petites régions naturelle de Picardie les plus diversifiées et les plus originales pour les communautés végétales. Sa situation d’îlot biogéographique, les conditions mésoclimatiques (enclavement de certaines vallées, opposition de versant...) et la diversité des substrats géologiques expliquent principalement cet état de fait.

Pelouses encore en réseau dense le long de certaines vallées et bien saturées coénotiquement :

- pelouses xéromontagnardes ou submontagnardes très riches en espèces floristiques remarquables, dont les unités syntaxonomiques sont probablement endémiques du Laonnois et donc d’une très grande originalité tant au plan régional que national : pelouses de l’Antherico ramosi-Pulsatilletum vulgaris, limitées aux ambiances les plus montagnardes du Laonnois occidental, de l’Astero amelli-Prunelletum grandiflorae, unité xéromontagnarde du Laonnois oriental et pelouses de l’Helianthemo obscuri-Prunelletum grandiflorae, unité xérothermophile submontagnarde endémique du Laonnois oriental ;

- pelouses des sables calcaires du Veronico scheereri-Koelerietum macranthae ;

- végétation des corniches rocheuses, dont les groupements se rapprochent du Xerobromion (Fumano procumbentis-Caricetum humilis du Laonnois méridional) par la présence d’espèces caractéristiques ;

- pelouses sablo-calcaires du Koelerio-Phleion phleoidis fragmentaire, groupement très original au caractère steppique et menacé de disparition en Picardie ;

- pelouses-ourlets du Coronillo-Brachypodietum, niveaux d’évolution des groupements précédents, encore attractives pour des espèces intéressantes de la faune et de la flore ;

- ourlets thermocalcicoles du Geranion sanguinei, très rares en Picardie ;

- petites falaises calcaro-sableuses, très favorables à de nombreuses espèces d'insectes dont des hyménoptères, des bombylidae (diptères). Ce type de milieu est relativement rare à l'échelle régionale. Les colonies d'abeilles primitives (Andrenidae, Colletidae) sont parfois particulièrement développées, ce qui est rarement rencontré en Picardie.

Milieux aquatiques souvent marqués par de fortes influences montagnardes :

- sources incrustantes relictuelles (Cratoneurion commutati) ;

- ruisselets constituant l'habitat larvaire de plusieurs espèces d’invertébrés rares à l'échelle régionale ;

- herbiers aquatiques à Grande Naïde (Najas marina), rares en Picardie ;

- herbiers aquatiques à Potamot coloré (Potametum colorati) ;

- dernière localité connue pour les herbiers aquatiques à Potamot à feuilles de renouée (Potamogeton polygonifolius*).

Parmi les boisements remarquables on citera :

- les boisements des sources de l’Equiseto telmateiae-Fraxinetum, assez bien représenté dans le Tertiaire parisien mais peu fréquent ailleurs ;

- les hêtraies submontagnardes subcontinentales, présentes en Picardie uniquement sur les versants nord du Laonnois et du Soissonnais oriental.

Groupements présents ici sur des surfaces remarquables, de façon discontinue tout le long de la cuesta :

- les tiliaies thermophiles, rares en Picardie lorsqu’elles sont bien structurées ;

- les ravins très encaissés accueillant une flore hygrophile et psychrophile remarquable ;

- les chênaies acidophiles proches du Fago-Quercetum.

Nombreux milieux tourbeux acides et alcalins, exceptionnels en Picardie et inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne :

- gouilles oligotrophes acides du Drosero intermediae-Rhynchosporetum albae, exceptionnelles en Picardie ;

- tourbière à sphaigne ombrotrophe du Calluno-Sphagnion papillosi, unique pour le nord de la France ;

- prairie du Junco acutiflori-Caricion lasiocarpae, exceptionnelle en Picardie ;

- prairie du Junco subnodulosi-Caricion lasiocarpae, exceptionnelle en Picardie ;

- groupement à Marisque du Cladietum marisci, relictuel sur le site ;

- roselière du Thelypterido palustris-Phragmitetum vulgaris, typique du nord de la France ;

- le bas-marais alcalin du Cirsio dissecti-Schoenetum nigricantis, remarquable et exceptionnel en Picardie ;

- la prairie du Cirsio dissecti-Molinietum, d’affinités médio-européennes très marquées ;

- le groupement pionnier régressif de l’Anagalido-Eleocharetum quinqueflorae ;

- le groupement à Trèfle-d’eau des fossés et bourbiers, qui correspond à un stade dynamique initial de tourbière acide, très rare dans la région ;

- le Cladietum marisci.

Groupements acidophiles remarquables, inscrits à la directive "Habitats" :

- lande humide du Calluno-Ericetum tetralicis, en voie de disparition dans le nord de la France ;

- lande sèche du Genisto pilosae-Callunetum, très rare et en régression en Picardie ;

- pelouse acidophile du Spergulo morisonii-Corynephoretum, propre au bassin Parisien et en voie de disparition.

Groupements forestiers rares et très localisés en Picardie, inscrits à la directive "Habitats" :

- bétulaie à sphaignes du Sphagno palustris-Betuletum pubescentis ;

- aulnaie-bétulaie à Violette des marais de l’Alno-Padion, très rare en Picardie ;

- chênaie mésotrophe tourbeuse à Osmonde royale (Osmunda regalis), proche de l’Alno-Padion ;

- bétulaie turficole du Dryopterido cristatae-Betuletum pubescentis, dont l’essentiel des représentants se trouve dans le nord de la France.

Présence d’un maillage extrêmement dense de cavités (anciennes carrières souterraines de pierre) importantes pour l’hivernage des chauves-souris.

Signalons enfin la présence de plusieurs affleurements de Cuisien fossilifère très riches, notamment près de Mons-en-Laonnois, de Parfondru, de Monampteuil et d'Orgeval.

INTERET DES ESPECES

LA FLORE

Sur les pelouses :

- la Laîche de Haller (Carex halleriana*), en disjonction d'aire par rapport à ses stations les plus proches situées en Champagne ;

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), surtout présente en Picardie dans le Tertiaire parisien ;

- la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum*), souvent rencontrée dans le Laonnois ;

- l’Inule à feuilles de saule (Inula salicina*), présente dans les secteurs où la pelouse s’épaissit ;

- le Fumana couché (Fumana procumbens*), en limite nord de répartition en France ;

- l’Aster amelle (Aster amellus*), espèce en danger au niveau national ;

- la Gymnadénie odorante (Gymnadenia odoratissima*), très rare en Picardie ;

- le Petit Pigamon (Thalictrum minus*), en danger en Picardie, du fait de la régression drastique des surfaces de pelouses et des ourlets thermophiles ;

- le Gaillet boréal (Galium boreale*), qui peut également se trouver en marais ;

- l’Orchis musc (Herminium monorchis*), orchidée rarissime en Picardie ;

- l’Ophrys araignée (Ophrys sphegodes*), dont les deux sous-espèces (ssp. araneola et ssp. sphegodes) sont présentes ici ;

- le Polygala chevelu (Polygala comosa*), rare en Picardie ;

- la Laîche pied-d’oiseau (Carex ornithopoda*), espèce discrète des pelouses et des sous-bois ;

- l’Anémone sauvage (Anemone sylvestris*), en danger en France ;

- l’Orobanche élevée (Orobanche major*), dont les populations sont en situation critique en Picardie ;

- le Botryche lunaire (Botrychium lunaria*), petite fougère montagnarde ;

- l'Armerie faux-plantain (Armeria arenaria*) ;

- le Thésion divariqué (Thesium divaricatum), dont la seule station de Picardie anciennement connue se trouvait dans le Laonnois.

Dans les prés-bois et les lisières thermophiles :

- le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum*), orchidée saprophyte rare ;

- le Laser blanc (Laserpitium latifolium*), situé ici sur sa limite nord-ouest absolue ;

- l’Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia*), rare en France ;

- la Gesse noire (Lathyrus niger*), probablement disparue de Picardie.

Sur les pelouses acides :

- la Téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis) ;

- la Pédiculaire des bois (Pedicularis sylvatica) ;

- l’Oeillet couché (Dianthus deltoides) ;

- la Spargoute de Morison (Spergularia morisonii).

Dans les bois :

- la Laîche de Reichenbach (Carex Reichenbachii*) ;

- la Cardamine pennée (Cardamine heptaphylla*), exceptionnelle en Picardie et en danger de disparition ;

- la Prêle d’hiver (Equisetum hyemale*) ;

- le Géranium des bois (Geranium silvaticum*) ;

- la Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia*) ;

- la Ronce des rochers (Rubus saxatilis*) ;

- le Polypode du chêne (Gymnocapium dryopteris*) ;

- la Nivéole (Leucojum vernum*) ;

- l'Aconit du Portugal (Aconitum napellus ssp lusitanicum*) ;

- la Laîche des ombrages (Carex umbrosa) ;

- le Corydale solide (Corydalis solida), très rare dans la région ;

- la Petite Pyrole (Pyrola minor), espèce de répartition montagnarde et très rare en Picardie.

Milieux aquatiques :

- le Potamot à feuilles de Renouée (Potamogeton polygonifolius*),

- le Petit Rubanier (Sparganium natans*),

- le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*).

Dans les tourbières et les prairies tourbeuses :

- le Rossolis intermédiaire (Drosera intermedia*), en sa seule station de Picardie ;

- le Rhynchospore blanc (Rhynchospora alba*), en sa seule station de Picardie ;

- la Linaigrette grêle (Eriophorum gracile*), non revue ces dernières années ;

- la Linaigrette vaginée (Eriophorum vaginatum*) ;

- la Linaigrette à larges feuilles (Eriophorum latifolium*) ;

- la Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum polystachion*) ;

- la Canneberge (Vaccinium oxyccocos*), en ses deux seules stations de Picardie ;

- la Grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris*) ;

- la Parnassie des marais (Parnassia palustris*) ;

- le Ményanthe trèfle-d’eau (Menyanthes trifoliata*) ;

- la Germandrée scordium (Teucrium scordium*) ;

- la Potentille des marais (Comarum palustre*) ;

- la Laîche filiforme (Carex lasiocarpa*) ;

- la Fougère à crêtes (Dryopteris cristata*) ;

- la Laîche puce (Carex pulicaris*) ;

- la Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia*) ;

- la Pédiculaire des marais (Pedicularis palustris*) ;

- la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe*) ;

- la Violette des marais (Viola palustris*) ;

- le Saule à feuilles étroites (Salix repens ssp. angustifolia*) ;

- le Séneçon à feuilles spatulées (Senecio helenitis*) ;

- le Mouron délicat (Anagallis tenella*) ;

- l’Ophioglosse commune (Ophioglossum vulgatum*) ;

- la Véronique en écus (Veronica scutellata*) ;

- l’Orchis incarnat (Dactylorhiza incarnata*) ;

- l’Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa*) ;

- le Peucédan des marais (Peucedanum palustre*) ;

- la Grande douve (Ranunculus lingua*) ;

- la Sphaigne de Magellan (Sphagnum magellanicum) ;

- le Cirse des Anglais (Cirsium dissectum).

A noter la présence de l’Andromède (Andromeda polifolia*), absente originellement, mais qui a été transférée à Cessières en 1973, à la suite de la destruction d’une station normande.

Dans les landes :

- le Genêt d'Angleterre (Genista anglica*) ;

- le Genêt poilu (Genista pilosa*), qui se maintient difficilement dans ses stations du Laonnois ;

- la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix*) ;

- le Jonc squarreux (Juncus squarrosus*).

Dans les boisements humides :

- l’Osmonde royale (Osmunda regalis*),

- la Laîche blanchâtre (Carex canescens*).

LA FAUNE

Lépidoptères :

- le Nacré de la Sanguisorbe (Brenthis ino), papillon des prairies tourbeuses, en grande raréfaction ;

- le Cuivré des marais (Thersamolycaena dispar*), papillon protégé en France et inscrit à l’annexe IV de la directive "Habitats" ;

- le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia*), papillon protégé en France ;

- la Phalène de la Pulsatille (Horisme aquata), dont la chenille se développe sur la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris).

Reptiles :

- la Vipère péliade (Vipera berus), en raréfaction en Picardie ;

- le Lézard vert (Lacerta viridis), pour lequel le « Mont des Vaux » représente la station la plus septentrionale de France ;

- la Coronelle lisse (Coronella austriaca), une couleuvre discrète des lisières thermophiles.

Oiseaux nicheurs :

- l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), lié aux grands massifs forestiers ;

- la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), inscrite à la directive "Oiseaux" ;

- la Bondrée apivore (Pernis apivorus), également inscrite à la directive "Oiseaux" ;

- le Guêpier d’Europe (Merops apiaster) ;

- le Pic noir (Dryocopus martius).

Odonates :

- le Cordulégastre annelé (Cordulegaster boltoni), libellule rare en Picardie ;

- le Leste fiancé (Lestes sponsa), rare en Picardie ;

- l'Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), petit odonate peu fréquent en Picardie et qui devient exceptionnel dans le quart nord-est de la France ;

- l’Agrion nain (Ischnura pumilio) ;

- le Sympétrum noir (Sympetrum danae) ;

- l'Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) ;

- la Cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata).

Orthoptères :

- le Criquet palustre (Chorthippus montanus), très rare en Picardie ;

- le Criquet des pins (Chorthippus vagans), caractéristique des zones écorchées et thermophiles ;

- cortège des pelouses thermophiles, avec présence de plusieurs espèces rares à l'échelle régionale : le Grillon d'Italie (Oecanthus pellucens), la Decticelle chagrinée (Platycleis albopunctata) et la Decticelle des bruyères (Metrioptera brachyptera).

Autres invertébrés :

- la Mante religieuse (Mantis religiosa), élément méridional rare en Picardie ;

- la Cigale des montagnes (Cicadetta montana), élément méridional en limite nord de répartition en France ;

- importantes stations d'Hémérobe aquatique (Osmylus fulvicephalus), névroptère très rare en Picardie et, plus largement, dans une grande partie du bassin Parisien ;

- présence de deux éphéméroptères très rares en France et généralement plus abondants dans les eaux acides des régions montagneuses du nord de l'Europe : Leptophlebia vespertina, Leptophlebia marginata ; ainsi que Caenis lactea, espèce médio-européenne à distribution boréo-alpine, rare en France ;

- importantes stations de Fourmilion (Myrmeleon formicarius), principalement installées sur les zones sableuses ;

- Eresus niger, araignée dont très peu de stations sont actuellement connues en Picardie.

Mammifères :

- le Muscardin (Muscardinus avellanarius), petit rongeur qui fait son nid dans les ronces ou les clématites ;

- présence du Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), du Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et du Grand Murin (Myotis myotis), trois espèces de chauves-souris menacées en Europe et inscrites à l’annexe II de la directive "Habitats".

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les pelouses calcaires, lequel conduit à un embroussaillement rapide et à une régression des espèces liées à ces milieux.

- Surfréquentation des derniers espaces pelousaires restants, entraînant des destructions directes sur la faune, la flore et les milieux (piétinement, feux, pratique du moto-cross,...).

- Appauvrissement des lisières calcicoles du plateau au contact des cultures (fauchage excessif, traitements à l'aide de produits phytosanitaires).

- Action régressive des lapins, maintenant des écorchures favorables à la flore pelousaire la plus exigeante.

- Orientation de la sylviculture vers des essences dont la plantation se fait au détriment des milieux existants (peupliers dans les marais de pied de pente, châtaigniers sur les sables des versants).

- Plantations de résineux sur des pelouses, éliminant la flore caractéristique et rare de ces milieux.

- Pratiques sylvicoles parfois brutales (ouvertures de pistes, comblement de sources).

- Embroussaillement des prairies.

- Eutrophisation des eaux.

- Creusement de mares de loisirs, détruisant de manière irréversible les milieux tourbeux initiaux et pouvant avoir de graves conséquences en terme de circulation hydrologique.

- Drainage important de certaines zones humides, entraînant l’envahissement du sous-bois par la Molinie et la disparition d’éléments remarquables.

- Abandon de la culture des champs de pied de côte, élément favorable, à court terme, à la flore et à la faune.

- Abandon des petits vergers qui hébergeaient souvent une avifaune intéressante.

- Retournement de prairies et remplacement par des cultures intensives de maïs et de betteraves.

- Transport d’engrais par les eaux depuis le plateau voisin, nuisible pour la faune et la flore des sources et des ruisseaux.

- Augmentation du niveau trophique des sols des marais, du fait de l’absence d’entretien régulier et donc d’exportation de la matière organique. Ce changement des caractéristiques trophiques des sols entraîne la disparition des milieux et des plantes héliophiles les plus remarquables ainsi que le boisement spontané du marais.

- Mise en place d’une gestion conservatoire sur quelques sites du Laonnois afin de préserver les espèces et les milieux les plus menacés.

N.B. : les noms d’espèces suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Les limites de la zone englobent les collines du Laonnois et le nord-est du Soissonnais, en continuité directe avec le Laonnois. La ZNIEFF déborde localement au sud de l'Ailette, pour tenir compte de la présence d'espaces prairiaux d'intérêt écologique et classé à ce titre en ZNIEFF de type I.

En complément du réseau déjà dense des ZNIEFF de type I contenu dans la zone, la zone de type II apporte une approche globale sur un territoire possédant une forte cohérence du point de vue des milieux et des cortères floro-faunistiques.

Depuis 2015, le périmètre ZNIEFF intègre les prairies de Chavignon au sud ouest permettant une bonne cohérence avec la ZNIEFF I 220013421 qui comprend déjà ces espaces de grand intérêt écologique et patrimonial