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ZNIEFF 220420011
COTEAU DE PUISEUX ET BORNEL

(n° régional : 60PDT110)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le coteau de Puiseux, situé entre Bornel et Puiseux-le-Hauberger, occupe un versant raide où affleure la craie du Pays de Thelle.

Le versant est exposé au sud-ouest. Les sols y sont maigres, voire squelettiques.

La pelouse occupe l'essentiel du coteau, avec une bordure de milieux boisés : hêtraies de pente (Cephalanthero-Fagion), plantations de pins, chênaies-charmaies en haut de versant (Mercurialo-Carpinion) et fourrés de recolonisation.

Les alentours sont cultivés. Une friche forme une transition entre le bois acidocline de plateau (Lonicero-Carpinenion) et la pelouse de pente.

La forêt gagne sur les espaces ouverts. Les buissons (prunelliers, Pruniers de Sainte Lucie, Nerprun cathartique, cornouillers, troènes, viornes...) envahissent la pelouse. A terme, une hêtraie thermocalcicole (Cephalanthero-Fagion introgressé d'éléments du Quercion pubescentis) s'installera durablement.

Heureusement, une population de Lapins de garenne limite quelque peu l'avancée des fourrés et contribue au maintien d'une végétation pelousaire.

L'exposition au sud permet le développement d'une flore et d'une faune calcicoles remarquables.

INTERET DES MILIEUX

Les pelouses, les ourlets et les bois thermocalcicoles sont des milieux rares et menacés en Picardie et dans tout le nord-ouest de l'Europe. A ce titre, ils sont inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. La Picardie par exemple a connu une régression de ses surfaces de pelouses divisées de 95 % environ en un siècle, suite aux évolutions de l'économie agricole.

Ces milieux abritent une flore et une faune précieuses, comptant plusieurs espèces rares et menacées.

INTERET DES ESPECES

Les espèces végétales les plus remarquables comprennent notamment les taxons suivants, assez rares à rares en Picardie :

- le Chêne pubescent (Quercus pubescens) ;

- le Daphné lauréolé (Daphne laureola) ;

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium), dont les milliers de pieds forment une des plus importantes stations de l'Oise ;

- la très rare Mélitte à feuilles de Mélisse (Melittis melissophyllum).

De nombreuses orchidées sont également présentes, dont l'Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens) ; de belles populations de Gymnadène moucheron (Gymnadenia conopsea) ; et quelques Himantoglosses à odeur de bouc (Himantoglossum hircinum), ou Ophrys abeille (Ophrys apifera).

La faune comprend plusieurs lépidoptères remarquables, inféodés aux pelouses thermophiles :

- le Fluoré (Colias australis),

- l'Azuré bleu céleste (Lysandra bellargus),

- l'Azuré bleu nacré (Lysandra coridon),

- Scopula ornata, géomètridé nocturne.

D'autres espèces végétales et animales restent très certainement à découvrir sur cette pelouse qui est une des dernières du Pays de Thelle.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

La problématique principale de ces coteaux tient dans l'envahissement progressif par les ligneux. Les espaces de pelouses ouvertes sont menacés par l'extension des stades préforestiers et de la pinède.

Il s'ensuit une perte de diversité biologique importante. La flore et la faune spécifiques des pelouses rases tendent à disparaître. Elles ne persistent actuellement que sur les zones grattées et broutées par les lapins.

Les plantations de résineux conduisent à une même banalisation, à la fois biologique et paysagère.

La coupe circonstanciée des arbustes envahissants serait donc souhaitable.

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site englobent les milieux pelousaires qui concentrent les habitats, la flore et la faune remarquables.

Les cultures sont évitées autant que possible.