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ZNIEFF 220420025
MASSIFS FORESTIERS, VALLÉES ET COTEAUX DE LA BRIE PICARDE

(n° régional : 02BRI201)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La zone se compose d’un ensemble complexe de massifs boisés (forêts de Fère, de Ris, de Verdilly, de Condé, de Vigneux, de Brûlé, de Coincy, du bois du Chatelet...) ; de coteaux calcaires (Chartèves, Barzy, Courcelles, Trélou, Coupigny...) ; de vallées parcourues par des rus (Jaulgonne, Brasles, Surmelin, Verdonnelle...) ; d’une partie de la vallée de la Marne ; de fragments de bocages (Epieds, Courpoil...) et de milieux plus ou moins anthropisés interstitiels (vignes, villages typiques de la Brie, prairies...). Ces milieux variés, entretiennent entre eux d’étroites relations écologiques et fonctionnelles. Cet ensemble géomorphologique, qui forme le paysage de la Brie picarde, est situé à l’est de la ville de Château-Thierry.

Constituant une entité à la fois écologique, paysagère, fonctionnelle et culturelle forte, cette zone possède un patrimoine naturel remarquablement bien conservé, qui justifie son classement dans le cadre de l’inventaire des ZNIEFF. Du point de vue géomorphologique, la Brie est constituée d’une structure tabulaire, le plateau meulier de Brie qui est recouvert de limons. A la faveur de l’écoulement de rus et de l’érosion, due principalement à l’écoulement de la Marne, les versants se sont creusés et montrent alors une toposéquence géologique typique, avec, de haut en bas : meulière de Brie et argiles à meulières (Sannoisien), marnes supragypseuses et gypses (Ludien), calcaires de Saint-Ouen (Marinésien), sables de Beauchamp (Auversien), calcaires du Lutétien et argiles sparnaciennes.

Cette grande diversité de substrats, liée à des expositions variées et à un fort relief, notamment sur les versants, entraîne une grande hétérogénéité de milieux. L’altitude des massifs forestiers (supérieur à 200 m et atteignant 230 m) implique des influences submontagnardes relativement nettes, tant au niveau des cortèges animaux que végétaux.

De façon schématique, les groupements forestiers peuvent se décliner en fonction de la géomorphologie de la manière suivante :

- au niveau des parties en pente douce du haut de versant, les calcaires de Brie meuliérisés et les argiles à meulière sont occupés par des groupements acidoclines de type chênaie-charmaie (Lonicero-Carpinenion). Localement, à la faveur de rétentions superficielles d’eau dans les layons, des groupements plus acidophiles, proche du Carici demissae-Agrostietum, apparaissent. Dans les parties les plus sèches, certaines parcelles présentent des cortèges floristiques typiques du Querco-Fagetum (Quercion), avec un sous-bois clairsemé de Germandrée scorodoïne (Teucrium scorodonia) et de Callune (Calluna vulgaris) ;

- à mi-pente, les marnes supragypseuses et les gypses du Ludien déterminent la présence d’une chênaie-charmaie fraîche à Ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum), typique de la Brie picarde. Les layons, fauchés ou broutés par la grande faune, présentent des groupements marnicoles à Laîche tomenteuse (Carex tomentosa), à rapprocher d'une variante fraîche du Trifolion medii. Ponctuellement, sur les niveaux de résurgences marneuses, la frênaie à Grande Prêle (Equisetum telmateia), de l’Equiseto-Fraxinetum, est observée ;

- en bas de pente, les calcaires de Saint-Ouen (Marinésien) sont occupés par une chênaie-charmaie mésophile calcicole, du Mercurialo-Carpinenion, dans les parties les plus mésotrophes, et par une hêtraie à Jacinthe (Hyacinthoido-Fagetum) dans les parties fraîches et plus mésotrophes ;

- le niveau sous-jacent des sables de Beauchamp (Auversien) détermine la présence de groupements acidophiles du Lonicero-Fagetum, avec des ourlets acidophiles du Teucrion scorodoniae à Gesse des montagnes (Lathyrus linifolius ssp. montanus) que l'on retrouve sur les argiles à meulière et qui indiquent des influences submontagnardes ; des blocs de grès apparaissent sporadiquement et sont colonisés par des groupements bryophytiques des stades terminaux (Isothecion myosuroidis) ;

- enfin, les calcaires du Lutétien, lorsqu’ils ne sont pas plantés de Robiniers faux-acacias, sont occupés par différents groupements, en fonction de l’exposition :

. la tiliaie-charmaie des culées exposées au sud (Tillion platyphyllis) ;

. la charmaie neutrophile calcicole à Mercuriale pérenne (Mercurialo-Carpinenion).

Certains ravins, exposés à l’est ou au nord, et donc d’ambiance froide submontagnarde, accueillent des groupements forestiers riches en espèces psychrophiles avec, notamment, une frênaie-acéraie du Lunario-Acerion. Le fond des vallons abrite des groupements forestiers hygromorphes ou frais, sur des substrats d’origine alluvionnaire. Sont alors observés :

- l’aulnaie-frênaie à Laîche pendante (Carici pendulae-Alnetum), sur substrat mésotrophe engorgé ;

- la frênaie à Egopode podagraire (Aegopodium podagraria), de l’Adoxo-Fraxinetum.

Des habitats connexes intraforestiers, de layons et de coupe, complètent cet ensemble boisé :

- les layons acidoclines du Violion caninae ;

- les layons acidoclines hygrophiles du Carici demissae-Agrostietum caninae, sur le plateau de limons ;

- les fondrières acidoclines à Laîche espacée (Carex remota) et à Laîche maigre (Carex strigosa) du Caricion remotae ;

- les prairies tourbeuses intraforestières du Junco acutiflori-Molinietum à Laîche noirâtre (Carex nigra) ;

- les ourlets calcicoles thermophiles du Trifolion medii, sur les substrats calcaires ;

- les ourlets acidophiles du Teucrion scorodoniae ;

- le fourrés acidophiles de recolonisation forestière du Sarothamnion, sur le plateau de limons ;

- les landes mésohygrophiles à Callune (Calluno-Genistetum anglicae fragmentaire) ;

- les mares de meulière à Sphaignes, formant localement des mini-tremblants à Laîche vésiculeuse (Carex vesicaria) ;

- les mares de meulières, sans végétation pour la plupart, mais constituant des sites de reproduction de nombreux batraciens.

Ces layons forestiers, localement imperméables, présentent des conditions de vie favorables aux amphibiens.

Des groupements bryophytiques remarquables sont aussi présents dans ces contextes forestiers. Ce sont notamment :

- les groupements de l’Isothecion myosuroidis, sur blocs de grès de l’Auversien ;

- les groupements des Brachythecietalia plumosi, sur les blocs de meulières, dans les rus intermittents qui occupent les ravins encaissés ;

- les groupements bryophytiques des blocs calcaires exposés au nord, typiques du Tertiaire parisien.

Les abords des forêts présentent des pâtures qui, en fonction de la nature du substrat et de l’humidité, peuvent se décliner de la manière suivante :

- prairies mésophiles à mésohygrophiles méso-oligotrophes remarquables (Agrostietalia stoloniferae), parfois ponctuées par des mares occupées par des herbiers aquatiques à Renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis) ;

- prairies à Renouée bistorte (Polygonum bistorta), qui témoignent d’influences montagnardes très fortes ;

- pâtures intensives du Cynosurion cristati, présentes essentiellement sur les limons.

Certains étangs (notamment celui de la Logette) sont entourés de ceintures de végétations remarquables pour la Picardie, avec, de l’intérieur vers l’extérieur :

- les herbiers du Nymphaeion albae (Myriophyllo-Nupharetum) et du Riccio-Lemnion trisulcae ;

- la ceinture à Scirpe des lacs (Scirpus lacustris), du Phragmition ;

- la ceinture de roseau à Massette (Typha latifolia), du Phragmition ;

- la ceinture de l’Eleocharo-Oenanthetum fistulosae (Carici distichae-Oenanthion fistulosae), puis la prairie du Mentho-Juncion inflexi, dans les parties pâturées ;

- la ceinture de Sphaignes et Hydrocotyle commune (Hydrocotyle vulgaris) de l’Hydrocotylo-Baldellion, puis les fourrés de saules humides à Sphaignes (Salicion cinereae), dans les parties non pâturées.

Lors des périodes d’assec, une végétation thérophytique exceptionnelle, de l’Eleocharetum ovatae, se développe sur les milieux exondés.

D’autres étangs (notamment celui de Trugny), gérés différemment, mais encore mésotrophes, possèdent des groupements plus communs tels que la ceinture constituée du Caricetum vesicariae et les herbiers à Potamot nageant et luisant (Potamogeton natans & P. lucens) et à Myriophylle en épis (Myriophyllum spicatum). Enfin, les étangs du nord de la forêt de Ris sont colonisés par le Rorippo-Oenanthetum aquaticae, par des herbiers à Utriculaire (Utricularia sp.) et des gazons à Agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera).

Les pelouses calcicoles, encore appelées savarts en Champagne, sont relictuelles du fait de la plantation de vignes sur les coteaux classés en AOC Champagne. Il en existe encore, situées principalement sur les abords des forêts inscrites sur les versants. Plus ou moins embroussaillés, ces savarts conservent une grande originalité et sont le témoin de milieux quasiment disparus et fortement menacés actuellement.

Les milieux principaux de ces savarts sont respectivement :

- la pelouse rase thermocontinentale située en limite des domaines atlantiques et continentaux, notamment sur le coteau de Coupigny ;

- la pelouse marnicole mésophile très originale au caractère médio-européen et submontagnard, proche du Carici tomentosae-Festucetum lemanii, notamment dans la vallée de la Verdonnelle ;

- l’ourlet en nappe du Coronillo-Brachypodietum, encore riche du point de vue patrimonial, qui précède l’installation des ligneux ; les pelouses de Barzy-sur-Marne et de Trélou-sur-Marne sont principalement constituées de ce type de milieu ;

- les fourrés de recolonisation du Tamo-Viburnetum (Berberidion), qui forment une transition avec des habitats de caractère nettement forestier.

Des boisements jeunes, issus de la recolonisation spontanée de pelouses et de vergers, occupent une grande partie de ces espaces pelousaires.

La structure géomorphologique de la Brie implique l’existence de nombreux rus, dont une partie des linéaires ont un écoulement intermittent. La forte pente et la température fraîche de ces rus sont favorables à un peuplement salmonicole. De plus, la forte diversité des substrats et des courants génère autant d’habitats colonisables par la faune d’invertébrés. Le tri granulométrique ménage des zones de frayères de Truite intéressantes et fonctionnelles. La zone aval de certains de ces rus présente un fort intérêt pour les populations de poissons de la Marne, lesquels viennent s’y réfugier en cas de perturbations hydrauliques majeures.

D’autres rus tels que le Surmelin sont des cours d’eau de première catégorie, présentant une grande diversité de types de fonds, grâce à l’alternance de séquences rapides et lentes. Les versants de certaines vallées sont très pentus et occupés par des vignes (laissant donc le sol nu presque en permanence), ce qui explique le caractère torrentiel du régime des eaux.

La présence de prairies humides, de vergers et d’une structure bocagère, plus ou moins dense en fonction des villages, dans les espaces interstitiels aux grands types de milieux décrits ci-dessus, implique ainsi une grande cohésion de l’ensemble de la zone, tant d'un point de vue fonctionnel que patrimonial.

INTERET DES MILIEUX

Ensemble de groupements forestiers inscrits à la directive "Habitats" de 'l'Union Européenne :

- la chênaie-bétulaie acidophile hygrophile du Querco-Betuletum molinietosum, rare en Picardie ;

- la chênaie-hêtraie acidophile sèche du Querco-Fagetum, localisée en Picardie ;

- la chênaie-hêtraie acidophile du Lonicero-Fagetum ;

- la chênaie-charmaie fraîche à Ornithogale des Pyrénées du Fraxino-Carpinion, typique de la Brie picarde ;

- la hêtraie du Hyacinthoido-Fagetum, en limite est de répartition ;

- la tiliaie-charmaie des culées exposées au sud (Tillion platyphyllis) ;

- la frênaie de l’Equiseto-Fraxinetum, sur substrat alcalin hygromorphe des niveaux de suintement ;

- la frênaie de l’Adoxo-Fraxinetum, rare en Picardie, souvent remplacée par des plantations de peupliers ;

- la frênaie-érablière, de pente nord et de ravins à Fougères (Lunario-Acerion), au cortège riche en fougères remarquables ;

- l’aulnaie-frênaie à Laîche pendante (Carici pendulae-Alnetum), souvent remplacée par des plantations de peupliers.

Ensemble de milieux connexes rares ou en régression en Picardie :

- les prairies tourbeuses intraforestières du Junco acutiflori-Molinietum, en régression en Picardie ;

- les mares de meulière à Sphaignes, milieu original et exceptionnel en Picardie ;

- les layons acidoclines du Violion caninae et du Carici demissae-Agrostietum caninae, inscrits à la directive "Habitats" ;

- les layons basophiles marnicoles à Laîche tomenteuse et les ourlets calcicoles du Trifolion medii, typiques de la Brie, très rares dans le reste de la région.

Ensemble de milieux acides oligotrophes relictuels :

- les pelouses à Thérophytes (Airetum praecocis), en grande régression en Picardie ;

- les landes à Callune du Genisto pilosae-Callunetum, inscrites à la directive "Habitats", très rares en Picardie et fortement menacées ;

- les landes mésohygrophiles à Callune (Calluno-Genistetum anglicae fragmentaire), inscrites à la directive "Habitats", très rares en Picardie.

Groupements des pelouses calcicoles :

- les pelouses du Koelerio-Phleion, sur les sables calcaires, en grande régression en Picardie, inscrites à la directive "Habitats" et situées principalement dans le nord de la Brie ;

- les pelouses marnicoles mésophiles très originales, au caractère médio-européen et submontagnard, proche du Carici tomentosae-Festucetum lemanii, présent sur la majorité des coteaux de la Marne ;

- les pelouses rases thermocontinentales, très originales pour la Picardie, dégradées et appauvries ;

- les pelouses thermophiles du Mesobromion, riches en orchidées et au cortège faunistique remarquable, également inscrites à la directive "Habitats", présentes sur les talus et sur les affleurements lutétiens ;

- les pelouses-ourlets du Coronillo-Brachypodietum, bien représentées dans le Tertiaire parisien, mais peu fréquentes ailleurs en Picardie ;

- les ourlets calcicoles mésophiles du Trifolion medii, hébergeant des espèces rares ;

- les pelouses ourléifiées, dérivant d’anciens prés-vergers, accueillant une faune et une flore remarquables ;

- les boisements de recolonisation, accueillant des espèces remarquables.

Ensemble de groupements aquatiques et rivulaires d’étangs, exceptionnels en Picardie :

- les herbiers du Nymphaeion albae et du Riccio-Lemnion trisulcae, en régression en Picardie ;

- la ceinture du Phragmition de caractère oligotrophe, en régression en Picardie ;

- la ceinture de l’Hydrocotylo-Baldellion, inscrite à la directive "Habitats" ;

- le groupement de l’Eleocharetum ovatae, exceptionnel en Picardie et en voie de disparition, également inscrit à la directive "Habitats".

Réseau de cours d’eau (de la Marne à ses plus petits affluents), aux caractéristiques physico-chimiques et aux peuplements faunistiques remarquables :

- milieux aquatiques diversifiés, avec des zones graveleuses non colmatées et des eaux fraîches d’assez bonne qualité, présentant de nombreuses zones de frayère favorables pour la Truite (Salmo trutta fario) ;

- milieu laissant présager une productivité moyenne à forte, en raison de la fréquence des séquences de plats et de radiers ;

- partie aval des affluents de la Marne jouant un rôle essentiel en terme d’abri pour les poissons lors des perturbations ;

- berges présentant de nombreuses caches pour les poissons ;

- ruisseau de première catégorie, riche en invertébrés (Hydropsyche sp., Rhyacophila sp., Baetis sp., Ephemera sp.,...).

INTERET DES ESPECES

Cortège de plantes remarquables de milieux humides :

- la Grande Douve (Ranunculus lingua*), rare et vulnérable en Picardie ;

- l’Eléocharis à inflorescences ovoïdes (Eleocharis ovata*), exceptionnel et menacé de disparition ;

- la Stellaire des marais (Stellaria palustris*), rare et vulnérable en Picardie ;

- la Scutellaire naine (Scutellaria minor), très rare en Picardie ;

- Sphagnum recurvum var. mucronatum très rare en Picardie.

Cortège de plantes hygrophiles et de prairies oligotrophes :

- le Myosotis versicolor (Myosotis discolor), très rare en Picardie ;

- le Polygala à feuilles de Serpolet (Polygala serpyllifolia), rare et vulnérable ;

- la Renoncule peltée (Ranunculus peltatus), assez rare ;

- la Renouée bistorte (Polygonum bistorta), plante d’affinité montagnarde, rare et vulnérable en Picardie ;

- la Véronique en écus (Veronica scutellata*), assez rare en Picardie.

Cortège de plantes forestières remarquables :

- l’Anémone fausse-renoncule (Anemone ranunculoides), très rare en Picardie ;

- l’Asaret d’Europe (Asarum europeum), dont c'est la seule station connue actuellement en Picardie ;

- l’Actée en épis (Actaea spicata), rare et vulnérable en Picardie ;

- l’Epipactis pourpré (Epipactis purpurata), très rare en Picardie ;

- la Gesse des montagnes (Lathyrus linifolius ssp. montanus), rare et vulnérable en Picardie ;

- l’Orme lisse (Ulmus laevis*), rare en Picardie ;

- l’Ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum), assez rare et dont les plus belles populations de Picardie se trouvent en Brie ;

- la Pédiculaire des bois (Pedicularis silvatica), très rare et vulnérable en Picardie ;

- le Polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum) et le Polystic à soies (Polystichum setiferum), tous deux assez rares en Picardie ;

- la Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia*), très rare en Picardie ;

- la Raiponce en épis (Phyteuma spicatum), assez rare et localisée en Picardie ;

- la Raiponce noire (Phyteuma nigrum*), exceptionnelle et en danger en Picardie ;

- la Sphaigne squarreuse (Sphagnum squarrosum), très rare ;

- le Sorbier domestique (Sorbus domestica), rare en Picardie en tant qu’espèce indigène.

Cortège de plantes de savarts, dont de nombreuses orchidées :

- l’Acéras homme-pendu (Aceras anthropophorum), rare et vulnérable en Picardie ;

- la Céphalanthère à longues feuilles (Cephalanthera longifolia*), très rare et gravement menacée d’extinction en Picardie ;

- la Cuscute du Thym (Cuscuta epithymum), très rare et menacée en Picardie ;

- le Cytise couché (Chamaecytisus supinus*), espèce exceptionnelle en Picardie, en limite occidentale de son aire de répartition ;

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), surtout présente en Picardie dans le Tertiaire parisien ;

- l’Helianthème obscur (Helianthemum nummularium ssp. obscurum), espèce continentale, en limite ouest de répartition, assez rare en Picardie ;

- l'Herminie à un seul bulbe (Herminium monorchis*), exceptionnelle en Picardie ;

- l’Inule à feuilles de saule (Inula salicina*), assez rare et localisée en Picardie ;

- la Laîche tomenteuse (Carex tomentosa), commune en Brie, très rare dans le reste de la région ;

- l’Orchis brûlé (Orchis ustulata*), qui persistait dans les prairies mésophiles ;

- l’Oprys araignée (Ophrys sphegodes*), très rare en Picardie ;

- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris), vulnérable en Picardie.

Cortège de sabulicoles remarquables :

- l’Aphane à petits fruits (Aphanes inexpectata), assez rare ;

- l’Armoise des champs (Artemisia campestris), rare et menacée d’extinction en Picardie ;

- la Germandrée botryde (Teucrium botrys), assez rare ;

- la Mibore naine (Mibora minima), très rare et vulnérable ;

- l’Orpin réfléchi (Sedum rupestre), rare ;

- l’Orpin rouge (Sedum rubens), exceptionnel et menacé d’extinction en Picardie ;

- la Silène à oreillettes (Silene otites), rare et vulnérable en Picardie.

Faunes batrachologique et herpétologique exceptionnelles :

- la Coronelle lisse (Coronella austriaca), couleuvre rare en Picardie, inscrite à la directive "Habitats" ;

- la Grenouille agile (Rana dalmatina), en limite nord de répartition pour la France ;

- le Lézard agile (Lacerta agilis), rare en Picardie ;

- le Lézard vert (Lacerta viridis), proche de sa limite nord de répartition ;

- le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), petit crapaud inscrit à l'annexe II de la directive "Habitats", dont la zone correspond à sa limite nord-ouest de répartition pour la France ;

- le Triton alpestre (Triturus alpestris), vulnérable en France ;

- le Triton crêté (Tritutus cristatus), inscrit à l'annexe II de la directive "Habitats" ;

- le Triton ponctué (Triturus vulgaris), assez rare en Picardie.

Faune mammalogique remarquable :

- le Cerf élaphe (Cervus elaphus), rare dans le département de l’Aisne, plus commun dans l’Oise ;

- le Chat forestier (Felix sylvestris), très rare et en limite nord-ouest de répartition dans la région ;

- la Martre (Martes martes), typique des grands massifs forestiers.

Cortège avifaunistique remarquable :

- l’Autour de palombes (Accipiter gentilis) ;

- la Bécasse des bois (Scolopax rusticola) ;

- le Pic mar (Dendrocopos medius), également inscrit à la directive "Oiseaux" ;

- le Torcol fourmilier (Jynx torquilla), qui forme un noyau de population relictuel en Brie picarde, inscrit à la directive "Oiseaux" ;

- la Bondrée apivore (Pernis apivorus), espèce inscrite à la directive "Oiseaux" ;

- la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), espèce inscrite à la directive "Oiseaux".

Cortège entomologique remarquable :

- L’Azuré des coronilles (Plebejus argyrognomon), uniquement présent dans l’Aisne, en Picardie ;

- l’Azuré des cytises (Glaucopsyche alexis), papillon en voie de disparition connu par ailleur en picardie uniquement au camp de Sissonne;

- l’Hespérie de la Passe-rose (Carcharodus alcae), rare et localisée en Picardie ;

- l’Hespérie du Brome (Carterocephalus palaemon), papillon diurne très rare en Picardie ;

- l’Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus), très rare en Picardie ;

- la Lucine (Hamearis lucina), encore présente dans le sud de l’Oise et de l’Aisne ;

- la Petite Violette (Clossiana dia), papillon dont les plus belles populations picardes se trouvent dans le département de l’Aisne ;

- la Melitée des centaurées (Mellicta athalia), qui était considérée comme disparue de Picardie depuis les années 50 ;

- le Grand Sylvain (Limnetis populi), considéré comme disparu de Picardie jusqu’alors et retrouvé dans la forêt de Ris en 1997 ;

- le Leste brun (Sympecma fusca), libellule très rare en Picardie ;

- le Leste fiancé (Lestes sponsa), libellule très rare, inféodée aux eaux oligotrophes, milieux en régression dans la région ;

- le Criquet des bruyères (Chorthippus vagans), localisé aux espaces de landes, donc très rare en Picardie ;

- l’Oedipode turquoise (Oedipoda coerulescens), criquet thermoxérophile très rare en Picardie ;

- la Mante religieuse (Mantis religiosa), élément méridional rare en Picardie ;

- la Cigale des montagnes (Cicadetta montana).

Peuplements piscicoles et de macro-invertébrés benthiques remarquables :

- la Truite fario (Salmo trutta fario), rare en tant que reproductrice, dont les populations sont ici naturelles ;

- le Chabot (Cottus gobio), espèce assez répandue, mais typique de la zone à Truite, et qui présente ici des densités remarquables ;

- cortège complémentaire d’espèces remarquables comme le Brochet (Esox lucius), la Lote de rivière (Lota lota), l’Anguille (Anguilla anguilla) et la Lamproie de Planer (Lampetra planeri) ;

- assez bonne diversité des macro-invertébrés benthiques, avec 19 à 26 taxa identifiés (Hydropsyche, Rhyacophila, Baetis, Ephemerella,…).

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

Au niveau des milieux forestiers :

- gestion sylvicole en taillis sous futaie, compatible avec le maintien de la biodiversité.

- plantations de résineux et de peupliers, au détriment des groupements et cortèges associés originels.

- aménagement des chemins forestiers, avec création de fossés de drainage.

- développement de plantes envahissantes en sous-bois (Fougère Grand-aigle et ronces).

- position sommitale des bois, leur évitant de recueillir les intrants agricoles par migration dans les eaux.

- protection des layons contre les biocides transportés par le vent, grâce à la présence des bois.

- maintien souhaitable d’un entretien extensif des layons.

- boisements alluviaux relictuels, menacés par les emprises des villages et par la populiculture.

Au niveau des pelouses calcicoles :

- abandon de la gestion par pâturage des derniers savarts, dommageable pour les habitats et les cortèges floro-faunistiques associés.

- plantation de vignes sur les derniers lambeaux de pelouses calcicoles.

- traitements phytosanitaires importants sur les vignes, entraînés par les vents sur les derniers espaces pelousaires, très préjudiciables au maintien de la biodiversité de ces pelouses.

- nécessité d’une protection forte des dernières pelouses, occupant de petites surfaces, véritables vestiges et témoins des anciens parcours à ovins des coteaux de la Marne.

- impact des lapins sur la végétation, permettant le maintien de zones de pelouses rases originales.

- mutation profonde des systèmes d’exploitation agricole conduisant systématiquement à une intensification des terrains productifs et à un abandon des terres marginales (dont font partie les pelouses calcaires et les prairies sur les sols très pentus).

- surfréquentation des espaces pelousaires, entraînant des destructions directes sur la faune, la flore et les milieux (piétinement, feux, pratique du moto-cross,...).

- entretien régulier du talus de la Dhuys, très favorable à la flore pelousaire.

Au niveau des mares et des étangs :

- dépôts de gravats et de débris divers dans les anciennes mares d’extraction de meulière, au détriment des cortèges animaux et végétaux en place ;

- eutrophisation des mares par apports d’engrais ;

- présence de nombreux étangs, notamment dans le département de la Marne, occasionnant des dévalaisons de poissons non conformes à la typologie du cours d’eau.

Au niveau des cours d’eau :

- pente assez forte du ruisseau permettant d’éviter le colmatage du substrat ;

- cloisonnement important de certains cours d’eau, limitant les migrations des poissons ;

- faibles débits de certains cours d’eau, limitant les capacités d’accueil du milieu ;

- bassins hydrographiques en conversion agricole : les prairies régressent au profit des cultures, plus sensibles à l’érosion. La quantité de particules fines transportées par les eaux de ruissellement augmente, phénomène qui risque de colmater les frayères à Truite.

Autres milieux :

- extraction de sables suivie d'un "réaménagement écologique" non respectueux des conditions stationnelles (plantations de résineux) ;

- extraction de sables ;

- mise en culture des prairies mésophiles les plus originales du fond de vallée, au détriment de la flore en place.

N.B. : les espèces végétales dont le nom est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Les contours de la zone prennent en compte l'ensemble des boisements, des pelouses, des vallées et les cours d'eau qui y circulent ainsi que les prairies, les vergers et les villages typiques de la Brie picarde orientale. Une récurrence de paysage forte ainsi qu'une identité locale forte entraine une cohérence importante de la zone.

Depuis 2015, la ZNIEFF intègre un espace de pelouses et de prairies au nord-ouest du site qui correspondent au limites du périmètre de la ZNIEFF de type 1 220013587