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ZNIEFF 230000220
LA BASSE VALLÉE DE LA SAÂNE

(n° régional : 74010001)

Commentaires généraux

La ZNIEFF de la basse vallée de la Saâne s’étend sur les communes de Quiberville, Sainte-Marguérite-sur-Mer et Longueil, elle occupe tout le fond de vallon. Les unités écologiques présentes sont en premier lieu des prairies pâturées plus ou moins engorgées, et en milieu de la zone des roselières, mégaphorbiaies, mares et fossés, avec comme élément rassembleur la Saâne qui coule en larges méandres vers la mer.

Cette zone de basse vallée à proximité de la mer a conservé un intérêt écologique très fort tant par son patrimoine faunistique (oiseaux, amphibiens) que floristique. En effet cette zone d’estuaire offre de nombreux habitats humides où l’on retrouve notamment bon nombre de renoncules aquatiques ou grenouillettes des mares dont certaines très rares en Haute-Normandie telles la grenouillette de Baudot (Ranunculus baudotii), la grenouillette à feuilles capillaires (Ranunculus trichophyllus) ou la grenouillette aquatique (Ranunculus aquatilis), et aussi une renoncule des eaux courantes, la grenouillette peltée (Ranunculus peltatus) ainsi que la zannichellie des marais (Zannichelia palustris) dans le lit de la Saâne.

La partie la plus proche de la mer est sujette à des apports salins qui permettent le développement d’une flore halophile, c’est à dire des plantes qui aiment le sel. Nous pouvons signaler le scirpe maritime (Scirpus maritimus), le glaux maritime (Glaux maritima), le jonc de Gérard (Juncus gerardii), le jonc des chaisiers (Scirpus tabernaemontani), la samole de Valerand (Samolus valerandi), le lotier à feuilles étroites (Lotus corniculatus ssp. tenuifolius), tous des espèces rarissimes en Pays de Caux. En bordure des fossés, quelques touffes de bugrane épineuse (Ononis spinosa), espèce des pelouses basophiles mésohydriques mais supportant une légère salinité, rajoutent encore à la valeur patrimoniale globale du site.

C’est également dans les secteurs les plus proches de la mer, au pied de la digue, que se reproduit le crapaud calamite (Bufo calamita), découvert en 2002. C’est une espèce à répartition surtout côtière en Normandie et dont c’est actuellement la seule population haut-normande connue entre Le Havre et la région de Dieppe.

Cinq autres espèces d’amphibiens sont pour l’instant connues du site, trois grenouilles ainsi que le crapaud accoucheur (Alytes obstetricans) et le triton ponctué (Triturus vulgaris).

Ce site est également très important pour l’avifaune, comme site de nidification de la sarcelle d’été (Anas querquedula), du canard colvert (Anas platyrhynchos), du râle d’eau (Rallus aquaticus) ou du bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), mais plus encore, malgré la très forte pression de chasse, comme une des haltes migratoires entre la baie de la Somme et l’estuaire de la Seine avec des séjours réguliers de canards de surface et de limicoles dont le combattant varié (Philomachus pugnax), la barge à queue noire (Limosa limosa), le courlis cendré (Numenius arquata).

Le héron cendré (Ardea cinerea) et l’aigrette garzette (Egretta garzetta) sont maintenant présents toute l’année, la cigogne blanche (Ciconia ciconia) peut être aperçue pendant la période de migration.

C’est dans la basse-vallée de la Saâne qu’a séjourné en début de 1985 pendant 2 mois un pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), c’est à ce jour le séjour le plus long connu en Normandie pour ce rapace pêcheur rarement observé sur les côtes normandes. Les menaces qui pèsent sur ce site sont l’extension du parking de la plage et du camping, à l’endroit où poussent la plupart des plantes halophiles et l’abandon du pâturage. Plusieurs espèces patrimoniales signalées il y a 20 ans n’ont pas pu être observées en 2002.

Commentaires sur la délimitation
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