ZNIEFF 230000299
LE LITTORAL DE FÉCAMP À VEULETTES-SUR-MER

(n° régional : 7601)

Commentaires généraux

La côte d’Albâtre est un littoral exceptionnel : plus de120 kilomètres de falaises crayeuses dont la hauteur atteint à son maximum 120m, entrecoupées de « valleuses », ces petites vallées sèches suspendues ou brèches plus ou moins encaissées débouchant sur la mer, et de quelques basses vallées côtières drainées (Bresle, Yères, Arques, Scie, Saâne, Dun, Durdent). C’est une frange encore très sauvage, le relief imposant ayant préservé la côte de l’urbanisation dense (mais pas de quelques grands aménagements).

Les milieux naturels sont déterminés par des facteurs physiques prépondérants : les marées, une muraille de craie (apparemment homogène mais en fait très variée) surmontée d’argile à silex (due à la décarbonatation), des vents et des embruns entraînant des particularités dans la végétation (adaptations morphologiques pour supporter le vent, le sel ou la sécheresse, endémisme), un relief abrupt ou vallonné, des cavités et des drains souterrains et apparents, une érosion ancienne et contemporaine déterminée par les infiltrations pluviales, la fragilité des roches et la houle. De l’estran au sommet des falaises, la diversité des conditions de vie engendre une grande richesse floristique et faunistique. Les habitats terrestres les mieux représentés sont les pelouses aérohalines, supportant les vents et les embruns salés. Les valleuses abritent des formations arbustives, boisées et prairiales originales et variées dont quelques bois frais de ravin à fougères. Le platier héberge une flore et une faune marines spécifiques : algues, mollusques, crustacés, anémones de mer, etc. Les corniches des falaises sont l’habitat d’une avifaune riche, parfois exceptionnelle, permanente ou de passage.

Le littoral cauchois, c’est aussi un paysage unique du aux remarquables formes d’érosion dont les plus connues sont les arches et les aiguilles d’Etretat.

Ce patrimoine naturel est fragilisé par le recul inéluctable du front de falaise, très variable d’un site à l’autre, la pollution diffuse, l’aménagement lourd de sites industriels, la surfréquentation (Etretat).

Ce littoral est classé en Site d’Importance Communautaire n°FR2300139 « Littoral cauchois » du réseau Natura 2000.

La grande znieff qui s’étend de Fécamp à Veulettes-sur-Mer présente de nombreux sites remarquables, riches et complémentaires : les falaises du Cap Fagnet, les plus hautes de la côte d’Albâtre, les pointes découpées du Trou au Chien, de la Porte au Roi et de la Porte à la Reine, un vaste ensemble de falaises élevées au sommet très karstifié, ainsi que plusieurs valleuses de formes et de dimensions variables : le val Saint-Nicolas, le val à Ebran, le val de la Mer, le val Ausson (valleuse d’Eletot), le Grand Val, le Fond de Villon, le Val Saint-Martin et la valleuse du Yaume, pour les plus restreintes et suspendues ; les valleuses de Saint-Pierre-en-Port, les Grandes Dalles, les Petites Dalles et la valleuse de Veulettes-sur-Mer, pour les plus grandes, avec un large débouché sur la mer et une bonne diversité biologique.

La faille de Fécamp a entraîné l’élévation des couches géologiques d’une centaine de mètres. Du Cap Fagnet à Eletot, les falaises montrent un profil particulier : la base (craie dure du Cénomanien supérieur) est massive et en saillie. La partie haute (craie marneuse et sans silex du Turonien) est verticale et fracturée. C’est le karst et l’érosion différentielle qui sont à l’origine des trois pointes et de leurs portes. Outre ces avancées très découpées, de nombreuses cavités occupent la base proéminente. Puis, de Saint-Pierre en Port à Veulettes-sur-Mer, les falaises constituées de la craie homogène du Coniacien forment une grande muraille abrupte et rectiligne.

Les pelouses aérohalines, habitats exemplaires soumis aux embruns et fragilisés par l’érosion, occupent largement les fortes pentes du sommet, les nombreuses corniches du front et les pentes de la base élargie. Les espèces typiques, dont des halophytes rares, sont présentes : Fétuque glauque, Trèfle velu, Betterave maritime, Anthyllide vulnéraire, Chou maraîcher, Carotte intermédiaire, Séneçon blanc (Senecio helenitis ssp candidus) espèce endémique normande, très rare et légalement protégée.

Ces falaises très découpées offrent de nombreux sites aux oiseaux rupestres et marins pour leur stationnement ou leur nidification. Le Cap Fagnet est un haut lieu ornithologique ; pour les nicheurs : Faucon pèlerin, Fulmar boréal, Goélands marin, brun et argenté, Grand Cormoran et Cormoran huppé, Mouette tridactyle ; pour les hivernants : Fou de Bassan, Grèbe huppé, Mouette mélanocéphale etc. ; pour les migrateurs : Plongeon catmarin, Sterne caugek, Sterne pierregarin, Mouette pygmée, anatidés, limicoles, passereaux, etc. Ce littoral est classé dans la Zone de Protection Spéciale européenne n°FR2310045 « Littoral seinomarin ».

Des éboulis situés à la base de la muraille crayeuse, tel celui du Chien neuf (situé entre le val de la Mer et le val Ausson), abritent des plantes calcicoles et nitrophiles (Ophrys abeille, Orchis pyramidal, Orobanche du Picris très rare et protégé, etc.).

Au Chien intrépide (Senneville-sur-Fécamp), des sources ont donné naissance à des tufs, roches calcaires légères, formées par la précipitation du carbonate de calcium grâce au développement de minuscules algues et une mousse (Cratoneuron commutatum).

Les valleuses sont caractérisées par des pelouses aérohalines, des pelouses calcicoles, des prairies mésophiles, des landes à buissons (Ajonc, Prunellier, Troène, ronces), ainsi que des formations boisées atlantiques remarquables, tels les bois de ravin (chênaie-frênaie, frênaie-érablière), frais et humides abritant notamment des fougères. La valleuse de Saint-Pierre-en-Port est remarquable par ses boisements conservés jusqu’au bord de la falaise.

Le val Ausson (valleuse d’Eletot) est inclus dans le périmètre d’intervention du Conservatoire du littoral et classé en Espace Naturel Sensible par le Département.

Commentaires sur la délimitation
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