ZNIEFF 230000310
LES COTEAUX D'HÉNOUVILLE

(n° régional : 85160002)

Commentaires généraux

Les Coteaux d’Hénouville s’étendent en rive droite du fleuve, sur des versants raides autrefois façonnés par l’érosion fluviatile de la Seine, lors de phases humides du Quaternaire. Sur le plan géologique, on note de haut en bas des formations à silex résiduelles sur la lèvre du plateau, et les épaisses couches de craies Cénomanienne et Turonienne, qui constituent l’essentiel des affleurements.

Ces côtes particulièrement abruptes s’étirent suivant une orientation Nord-Ouest / Sud-Est. Cette pente raide (dénivelé de plus de 100 mètres) et cette exposition génèrent des conditions de themophilie qui, associées au substrat crayeux perméable, favorisent la présence d’espèces végétales thermocalcicoles remarquables.

Les hauts de versants portent des formations de hêtraies-acéraies neutrophiles ou calcicoles sur craie (Mercurialo-Aceretum ; Daphno-Fagetum sur les versants les plus chauds).

Le principal intérêt de ce site provient de ses vastes superfices de pelouses sèches. Bien que l’envahissement par le Brachypode penné (Brachypodium pinnatum), graminée sociale colonisatrice, crée une densification du couvert herbacé, il subsiste par endroits des pelouses rases et des écorchures.

Ces pelouses étaient plus étendues autrefois : suite à l’arrêt du pâturage ovin traditionnel, la dynamique spontanée de recolonisation par les ligneux tend à les faire régresser.

De nombreuses espèces végétales déterminantes de ZNIEFF (exceptionnelles à assez rares dans la région) ont été observées dans ce site:

-l’Epipactis rouge-foncé (Epipactis atrorubens) et l’Ophrys bourdon (Ophrys fuciflora), légalement protégés,

-la très rare Euphraise raide (Euphrasia stricta),

-les rares Colchique d’automne (Colchicum autumnale) et Liondent des éboulis (Leontodon hyoseroides),

-la Raiponce grêle (Phyteuma orbiculare subsp. tenerum), la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium), le Genévrier commun (Juniperus communis), assez rares…

L’Ibéride intermédiaire (Iberis intermedia), espèce exceptionnelle des éboulis calcaires, a également été notée. Le Chêne pubescent (Quercus pubescens) atteint ici sa limite occidentale d’aire de répartition.

Les populations d’orchidées et d’Anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris) sont importantes.

La faune associée à ce vaste coteau comprend aussi de nombreux éléments remarquables.

Les lépidoptères semblent assez bien connus. On recense notamment la présence du Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) et de l’Écaille chinée (Callimorpha quadripunctaria), lépidoptères inscrits à l’annexe II de la directive Habitats, l’Agreste (Hipparchia semele), et la Turquoise des Globulaires (Adscita globulariae).

L’étendue remarquable des pelouses thermocalcicoles ainsi que les lisières et les boisements calcicoles, qui sont des milieux relevant de la directive Habitats, confèrent aux coteaux d’Hénouville un intérêt écologique et paysager particulièrement élevé.

Ce site est de ce fait retenu pour faire partie à terme du futur réseau Natura 2000, en application de la directive européenne sur la Conservation des habitats, de la flore et de la faune sauvage (dite directive Habitats).

La conservation de ce patrimoine passe notamment par le maintien des pelouses ouvertes et la limitation de l’avancée des lisières, afin d’éviter le boisement naturel qui fait disparaître tous les milieux ouverts. Également, la limitation des enrésinements, voire la restauration en pelouses de certains secteurs boisés, apparaissent souhaitables.

Dans l’idéal, la restauration d’un pâturage extensif permettrait une valorisation pastorale de ce coteau traditionnellement fréquenté par les troupeaux, et assurerait la pérennisation de son patrimoine biologique.

Commentaires sur la délimitation
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