ZNIEFF 230000891
LE VALLON DU VIVIER À TANCARVILLE

(n° régional : 85040001)

Commentaires généraux

D’une superficie d’environ 10 ha, le vallon du Vivier, appelé aussi «Val Eglantier» prend naissance au pied du Château de Tancarville. Il est creusé perpendiculairement à la Seine dans l’arrière falaise crayeuse à proximité de l’estuaire. Sur la commune de Tancarville, il forme une enclave coincée entre les communes de Cerlangue à l’Ouest et de Saint-Nicolas-de-la-Taille à l’Est.

Le fond du vallon est majoritairement occupé par une végétation marécageuse développée sur tourbe alcaline, mais comprend aussi une végétation alluviale à proximité immédiate du ruisseau du Vivier. Sur les coteaux crayeux du Turonien comprenant aussi des bancs de silex, se développe une végétation essentiellement boisée.

Le fond marécageux est dominé par une saulaie à Saule cendré et par une Aulnaie à Aulnes glutineux et blanchâtre relevant respectivement des alliances phytosociologiques du Salicion cinereae et de l’Alnion glutinosae. Au niveau de la strate herbacée, ces communautés sont principalement caractérisées par la Fougère des marais, espèce légalement protégée au niveau régional. Au niveau des ouvertures du taillis marécageux se développent des cariçaies tourbeuses caractérisées par les Laîches paniculée et vésiculeuse, respectivement assez rare et rare dans la région, relevant de l’alliance phytosociologique du Caricion elatae.

Le fond alluvial, traversé par le ruisseau du Vivier, est dominé par une Aulnaie-Frênaie en mosaïque avec une Saulaie à Saules blanc et des vanniers (Salix alba et viminalis) relevant respectivement de l’Alno-Padion et du Salicion albae, deux formations d’intérêt communautaire éligibles au titre de la directive «Habitats». La strate herbacée de ces boisements abrite plusieurs espèces remarquables assez rares sur la région et notamment la Laîche pendante (Carex pendula), la Laîche maigre (Carex strigosa) et la Dorine à feuilles opposées (Chrysosplenium oppositifolium). La végétation aquatique ou amphibie qui se développe dans le ruisseau et ses annexes abrite plusieurs espèces remarquables dont les très rares Ache inondée (Apium inundatum) et Potamot de Berchtold (Potamogeton berchtoldii), la rare Renoncule à feuilles capillaires (Ranunculus trichophyllus) et la peu commune Lentille à trois lobes (Lemna trisulca).

La faune associée à ce marais boisé comprend également bon nombre d’éléments remarquables :

- la Sarcelle d’hiver (Anas crecca), nicheur rare au niveau national y a déjà niché, ainsi que le Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) inscrit à l’annexe I de la directive «Oiseaux», la Locustelle tâchetée (Locustella naevia) et le Grèbe castagneux (Tachybaptus rufficollis).

- l’entomofaune y est encore assez mal connue. Quelques espèces d’odonates fréquentent le marais du Vivier, dont l’Anax empereur (Anax imperator), peu commun ; d’autres espèces remarquables sont probablement présentes.

- les milieux aquatiques sont essentiels pour la reproduction des batraciens. Parmi eux, on note la présence des trois espèces de Grenouilles les plus fréquentes : Grenouille verte (Rana gr. esculenta), Grenouille agile (R. dalmatina), Grenouille rousse (R. temporaria) et le Crapaud commun (Bufo bufo).

- parmi les mammifères, on note la présence de la rare Musaraigne aquatique (Neomys fodiens) et du Campagnol amphibie (Arvicola sapidus) dans le marais. Le site est également fréquenté par plusieurs espèces de chiroptères, dont la Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii), la Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) et l’Oreillard roux (Plecotus auritus).

- les poissons remarquables recensés sont la Lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis), la Lamproie de Planer (Lampetra planeri) et le Chabot (Cottus gobio).

Au sein de ce vaste massif forestier encaissé, ce petit marais protégé possède un intérêt écologique élevé.

Commentaires sur la délimitation
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