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ZNIEFF 230030732
LES PELOUSES DES CÔTES ENTRE LE LANDIN ET BARNEVILLE-SUR-SEINE

(n° régional : 85150001)

Commentaires généraux

Inscrit dans les boucles de la Seine à l’aval de Rouen, le vaste versant des Côtes s’étend en rive gauche du fleuve, sur des coteaux autrefois dessinés par l’érosion fluviatile dans un méandre convexe. Ces coteaux à la géomorphologie caractéristique suivent une orientation allant du Nord au Nord-Est.

Sur le plan géologique, les épaisses couches de craies Cénomanienne et Turonienne constituent l’essentiel des affleurements. En bas de versant s’étendent des assises argilo-marneuses qui retiennent l’eau car moins perméables que la craie.

Ces côtes sont particulièrement raides, et présentent un dénivelé de plus de 100 mètres. L’exposition génère des ambiances fraîches qui, associées à l’humidité du fond de vallée, favorisent la présence de végétations psychrophiles (= qui aiment le froid).

La majorité des peuplements sont des hêtraies-frênaies-acéraies neutrophiles ou calcicoles sur craie caractéristiques des expositions froides : Érablières à Mercuriale (Mercurialo-Aceretum), Frênaies-acéraies à Scolopendre (Phyllitido-Fraxinetum), Tiliaies-frênaies à Tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos), etc.

L’intérêt de ce site provient essentiellement des pelouses relictuelles qui subsistent près des corniches crayeuses, en bas de versant, voire sur d’anciennes carrières. Le groupement à Seslérie bleuâtre (Sesleria caerulea) domine : cette graminée adaptée aux ambiances froides possède surtout un fort pouvoir de colonisation et de fixation des éboulis crayeux. Ces végétations de pelouses sont inscrites à la directive Habitats de l’Union Européenne.

L’envahissement par le Brachypode penné (Brachypodium pinnatum), graminée sociale colonisatrice, crée une forte densification du couvert herbacé. Mais il n’a pas encore totalement recouvert les pelouses rases et écorchées.

Ces pelouses étaient plus étendues autrefois : la dynamique spontanée de recolonisation par les ligneux (frêne, érables, hêtre, etc.) tend à les faire disparaître.

Plusieurs espèces végétales déterminantes de ZNIEFF (assez rares en Haute-Normandie) ont été observées sur ces coteaux, notamment des orchidées : l’Orchis militaire (Orchis militaris), la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium). On trouve également la Laîche pendante (Carex pendula), l’Avénule pubescente (Avenula pubescens), l’Orme glabre (Ulmus glabra), etc.

La faune de ces pelouses reste à être mieux étudiée. La Vipère péliade (Vipera berus), peu commune dans la région, est observée sur les secteurs de pelouses et de lisières.

Ces pelouses et ces éboulis calcicoles, qui confèrent à ces côtes leur important intérêt écologique et paysager, sont des milieux qui relèvent de la directive Habitats. Ce site est de ce fait retenu pour faire partie du futur réseau Natura 2000, dans le cadre de l’application de la directive européenne sur la conservation des habitas, de la flore et de la faune sauvage (directive Habitats).

La pérennisation de ce patrimoine implique notamment le maintien des stades pelousaires ouverts et des éboulis. Ainsi, la limitation de l’avancée des ligneux, qui feront à terme disparaître les pelouses, est nécessaire. Des coupes des ligneux, éventuellement accompagnées de fauche exportatrices des brachypodiaies, seraient indiquées.

Commentaires sur la délimitation
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