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ZNIEFF 250002608
ZONES HUMIDES FORETS ET COTEAUX DU HAUT-PERCHE

(n° régional : 00050000)

Commentaires généraux

Le Perche constitue un pays de transition entre le Bassin Parisien et le Massif Armoricain.

Le présent site correspond au Haut-Perche, et plus particulièrement à ce que l'on nomme l'arc des collines du Haut-Perche, dessiné par les affleurements cénomaniens, où les sables du Perche recouverts d'argiles à silex constituent la zone sommitale.

L'ensemble est sillonné par de petites vallées recouvertes d'alluvions modernes, souvent tourbeuses.

La forêt occupe une superficie importante au sein de cette zone, sous forme de grands massifs et de plus petites unités le plus souvent situées sur les hauteurs.

Le bocage constitue l'essentiel du paysage restant, même si les surfaces cultivées sont localement importantes.

Enfin, de nombreux étangs, parfois de grande taille, parsèment pour l'essentiel tout le nord du secteur.

La diversité d'habitats de l'ensemble est exceptionnelle : landes, tourbières, mégaphorbiaies, étangs à larges roselières de bordure ou à ceintures oligotrophes, pelouses calcaires, cours d'eau préservés, forêts d'essences et d'âges variés... Ceci engendre une richesse spécifique très élevée tant floristique que faunistique.

Dans le cadre du dispositif Natura 2000, cette large zone d'une part est constitutive de la ZPS "Forêts et étangs du Perche" FR2512004 au titre de la Directive Oiseaux, et d'autre part intègre une grande partie de la ZSC FR2500106 "Forets, étangs et tourbières du Haut-Perche" au titre de la Directive Habitats. Sur ce dernier aspect, on note sur cette Znieff la présence de peuplements de végétation caractérisant les habitats d’intérêt communautaire 6410 « Prairies à Molinie», 6510 « Prairies maigres de fauche", et 9130 "Hêtraies".

Enfin notons qu'une partie de cette zone relève du Parc Naturel Régional du Perche, et qu'elle intègre en limite Est une Znieff de type I relevant de la région Centre (HAUTE VALLEE DE LA DONNETTE. Identifiant national 240003952).

 

FAUNE

Les nombreux relevés entomologiques réalisés dans différents types de milieux ont permis de recenser des espèces rares, parfois protégées au niveau national (**).

De nombreuses espèces de libellules peuplent les différents types de milieux humides mis à leur disposition. Citons particulièrement le peu commun Gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus).

Trois espèces très rares d'orthoptères ont été recensées : le Phanéroptère commun (Phaneroptera falcata), le Gomphocère tacheté (Myrmeleotettix maculatus) et le Tetrix des vasières (Tetrix ceperoi). Citons également le Criquet des clairières (Chrysochraon dispar), inféodé aux milieux boisés.

La Mante religieuse (Mantis religiosa), très rare dans l'Orne, a également été observée.

En matière d'hémiptères hétéroptères, les eaux dormantes sont parfois le refuge de la Ranâtre (Ranatra linearis).

Parmi les coléoptères, mentionnons le rare Carabe aux reflets d'or (Carabus auronitens) et Carabus arvensis.

Les papillons ont été bien étudiés et de nombreuses espèces intéressantes ont été observées. Citons le Nacré de la sanguisorbe (Brenthis ino), l'Echiquier (Carterocephalus palaemon), le grand Sphinx de la vigne (Deilephila elpenor), le Damier de la succise (Euphydryas aurinia**), le petit Porte-Queue (Everes argiades), l'Azuré des mouillères (Phengaris alcon**), la Mélitée noirâtre (Melitaea diaminea), le petit Paon de nuit (Saturnia pavonia)...

Parmi les araignées, mentionnons deux espèces intéressantes contactées en forêt du Perche et de la Trappe : Gonatium rubens et Oxyptila brevipes.

Les nombreux cours d'eau sillonnant cette zone renferment, lorsque la qualité de leurs habitats aquatiques est préservée, de belles populations fonctionnelles d'Ecrevisses à pieds blancs (Austropotamobius pallipes) et de Truite fario (Salmo trutta fario).

Le cours aval de la Corbionne fait partie de la zone à Ombre commun (Thymallus thymallus) du bassin de l'Huisne.

Cette zone, du fait de sa richesse en milieux humides, renferme une grande variété d'amphibiens dont certains sont rares. Mentionnons notamment le Triton lobé (Triturus vulgaris).

Les reptiles sont également nombreux ici et comptent quelques raretés : la Coronelle lisse (Coronella austriaca), la Couleuvre d'Esculape (Zamenis longissimus) et le Lézard agile (Lacerta agilis).

Cette zone du Haut-Perche est d'un grand intérêt ornithologique, en rapport avec la variété et la qualité des biotopes qu'elle recèle. Cet intérêt s'articule principalement autour des milieux boisés et bocagers d'une part et des milieux humides d'autre part.

Les premiers accueillent des espèces nicheuses peu communes comme l'Autour des palombes (Accipiter gentilis), l'Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus), le Grimpereau des bois (Certhia familiaris), le Pic mar (Dendrocopos medius), le Pic noir (Dryocopus martius), le Pic cendré (Picus canus), le Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), la Mésange noire (Parus ater), le Pouillot de Bonelli (Phylloscopus bonelli), le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), la Bécasse des bois (Scolopax rusticola).

Les étangs accompagnés de zones humides (prairies, marécages) et de mégaphorbiaies offrent de nombreux sites de nidification pour un grand nombre d'espèces. Parmi les plus remarquables, citons le Canard souchet (Anas clypeata), la Sarcelle d'hiver (Anas crecca), le Héron cendré (Ardea cinerea), le Fuligule milouin (Aythya ferina), la Mouette rieuse (Larus ridibundus) avec de belles colonies, le Grèbe huppé (Podiceps cristatus), le Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis), le Râle d'eau (Rallus aquaticus), la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti)...

La faune mammalogique est également intéressante et compte des espèces peu communes telles que le Lérot (Elyomys quercinus), le Muscardin (Muscardinus avellanarius), la Martre (Martes martes) et plusieurs espèces de chiroptères.

FLORE

L'exceptionnelle richesse floristique de ce vaste site est principalement liée à la diversité des milieux, notamment des zones humides : étangs, tourbières, nombreuses associations herbacées (prairies, molinaies, cladiaies, phragmitaies, cariçaies, pelouses calcaires...), bois et forêts. Beaucoup d'espèces végétales bénéficient d'un statut de protection de niveau national (**) ou régional (*).

Aux eaux souvent oligotrophes, les nombreux étangs parsemant le site renferment notamment la Pilulaire à globules (Pilularia globulifera**), le Flûteau nageant (Luronium natans**), la Littorelle uniflore (Littorella lacustris**), les Utriculaires citrine (Utricularia australis*) et petite (Utricularia minor*) correspondant à des espèces aquatiques carnivores.

Sur les berges soumises à des inondations et exondations périodiques, s'observent la Damasonie étoilée (Damasonium alisma**), le Scirpe ovale (Eleocharis ovata*), et le Jonc des marécages (Juncus tenageia*).

Dans les vallées, généralement au niveau des queues d'étangs, les tourbières plus ou moins acides mais aussi les prairies tourbeuses contribuent largement à la richesse écologique du site. De nombreuses espèces rares s'y trouvent telles la Laîche des tourbières (Carex limosa**), la Linaigrette à feuilles larges (Eriophorum latifolium*), l'Ossifrage brise-os (Narthecium ossifragum*), le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia**), la Parnassie des marais (Parnassia palustris*), la Grassette commune (Pinguicula vulgaris*).

La Queue de l'étang de Vaugelé constitue la seule station percheronne pour la Renoncule grande douve (Ranunculus lingua**). Localisée en plusieurs points du Perche, la Benoîte des ruisseaux (Geum rivale*) colonise quant à elle de façon plus ou moins continue les berges des cours d'eau.

Bien représentées, les forêts abritent la petite Pyrole (Pyrola minor*) inféodée aux sols acides, tandis que les humus plus doux sont plutôt favorables au Maïanthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium*) ainsi qu'à la Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia*) franchement calciphile. De belles stations de Prêle d'hiver (Equisetum hyemale) s'observent également, notamment dans la forêt du Perche et de la Trappe. Les landes plus ponctuelles abritent l'Airelle (Vaccinium vitis-idae*) ou encore le Genêt poilu (Genista pilosa*).

Enfin, sur les coteaux, là où les niveaux calcaires affleurent, ont été recensés la Céphalanthère pâle (Cephalanthera damasonium), l'Orchis grenouille (Coeloglossum viride*) correspondant à une orchidée discrète mais aussi le rare Genêt ailé (Chamaespartium sagittale*).

Le site abrite également la Fougère des montagnes (Oreopteris limbosperma), la Laîche allongée (Carex elongata), le Jonc raide (Juncus squarrosus), l'Avoine pubescente (Avenula pubescens), la Laîche à bec (Carex rostrata), le Condrille à tige de jonc (Chondrilla juncea*), le Mélampyre des champs (Melampyrum arvense), la Renouée bistorte (Polygonum bistorta), la Berle érigée (Berula erecta), la Littorelle uniflore (Littorella uniflora**) et pour mémoire enfin une espèce non revue récemment et présumée disparue dans l'Orne, le Trèfle pied d'oiseau (Trifolium ornithopodioides).

Commentaires sur la délimitation

Vaste ensemble composé de milieux naturels variés et dont la qualité et la surface induisent la présence d'espèces animales et végétales d'intérêt patrimonial.