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ZNIEFF 250008496
MARAIS DE GROGNY

(n° régional : 00000095)

Commentaires généraux

Situé au sud de l'agglomération argentanaise, le marais de Grogny -ou marais de Sarceaux- occupe une dépression dans la plaine de Sarceaux, et constitue l'une des zones humides majeures de la plaine d'Argentan.

Le sous-sol est constitué par le niveau dominant de la plaine d'Argentan et de Falaise, le calcaire en plaquette du Bathonien supérieur. Ces calcaires sont recouverts en surface par des alluvions modernes.

Le marais offre une mosaïque de milieux à tendances générales alcalines et humides. Ainsi distingue-t-on des prairies tourbeuses alcalines, des fourrés et bois humides, des zones à phragmites, et une zone plus sèche de type pelouse calcicole.

FLORE

Les marais alcalins étant rares, les plantes caractéristiques le sont aussi. Parmi les espèces rares et/ou protégées au niveau régional (*) ou national (**), citons le Choin noirâtre (Schoenus nigricans) -dont c'est l'une des trois stations ornaises contemporaines-, l'Orchis incarnat (Dactylorhiza incarnata), la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe), la Parnassie des marais (Parnassia palustris *), la Grassette commune (Pinguicula vulgaris*), la Sanguisorbe officinale (Sanguisorba officinalis*) et, en végétation aquatique, le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*).

La pelouse calcicole abrite également des espèces d'intérêt patrimonial telles que l'Herbe à l'Esquinancie (Asperula cynanchica), la Gentiane amère (Gentianella amarella**), la Raiponce délicate (Phyteuma tenerum*), le Seslérie bleue (Sesleria albicans ssp. albicans*). Si la plus grande partie de cet habitat a été banalisé par boisement naturel et mise en culture, des lambeaux existent encore.

FAUNE

Les quelques études menées sur l'entomofaune de ce marais ont permis de recenser trente quatre espèces de papillons. Six d'entre elles sont particulièrement rares et intéressantes. Il s'agit du Nacré de la Sanguisorbe (Brenthis ino) -dont Sarceaux constitue la station la plus occidentale du nord-ouest de la France-, du Damier de la Succise (Euphydrias aurinia) -qui est protégé au niveau national-, du Céphale (Coenonympha arcania), du Miroir (Heteropterus morpheus), du Tacheté (Pyrgus malvae), et de l'Echiquier (Carterocephalus palaemon), ...

Si les papillons sont des insectes très visibles, des espèces aussi discrètes qu'intéressantes sont présentes ici. Citons deux hétéroptères : Dicyphus epilobii -dont ce marais est la seule station bas-normande- et Adelphocoris vandalinus, dont le marais de Grogny est la station française la plus nordique.

Parmi les Hyménoptères, la présence d'un symphyte - Tenthredo albicornis - constitue une particularité très intéressante, cette espèce étant connue uniquement de départements montagnards !

Contrairement aux insectes, les peuplements d'oiseaux sont essentiellement conditionnés par la structure de la végétation.

Les espèces intéressantes de ce marais sont surtout inféodées aux milieux semi-couverts, même si quelques passereaux paludicoles sont également présents.

Le Courlis cendré (Numenius arquata) constitue l'espèce emblématique du site. Ce grand échassier se reproduit dans les prairies humides.

Parmi les rapaces, notons la nidification du Hibou moyen-duc (Asio otus) et du Faucon hobereau (Falco subbuteo).

Parmi les Passereaux, plusieurs espèces nichent ou ont niché sur le site : le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), la Locustelle tachetée (Locustella naevia), la Rousserole effarvate (Acrocephalus scirpaceus), la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), la Cisticole des Joncs (Cisticola juncidis), la Pie grièche grise (Lanius excubitor), le Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), ...

En hiver, on peut observer le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus ) qui exploite le marais de Grogny comme dortoir, le Faucon émerillon (Falco colombarius), le Hibou des marais (Asio flammeus)...

Parmi les oiseaux inféodés aux milieux, signalons la nidification du Râle des Genêts (Crex crex) en 1981 et la très probable nidification de la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) en 1979.

Commentaires sur la délimitation

Interrelations d'écosystèmes variés (marais alcalin, pelouses calcicoles, ...) engendrant une diversité biologique remarquable révélée par la présence d'espèces rares dont certainses sont protégées.