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ZNIEFF 260005927
SOURCES DE L'IGNON

(n° régional : 12002049)

Commentaires généraux

Aux confins sud de la Montagne châtillonnaise, au sein d’un paysage de plateaux occupés par des massifs boisés côtoyant de grands espaces cultivés, le site des sources de l’Ignon correspond à une combe profonde au paysage préservé et riche en habitats et espèces d’intérêt régional.

1/ Un ensemble de forêts de ravins constitué d'habitats d'intérêt européen domine au sein du site; on y retrouve notamment :

- de la hêtraie à Dentaire pennée (Cardamine heptaphylla),

- de la hêtraie sèche sur calcaire à Laîche blanche (Carex alba),

- de la tiliaie - érablaie sur éboulis.

Ces habitats sont riches en espèces typiques du climat continental ou montagnard et déterminantes pour l'inventaire ZNIEFF, avec par exemple :

- l'Hépatique à trois lobes (Anemone Hepatica), plante forestière à caractère montagnard, rare en Bourgogne,

- le Maïanthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium), plante forestière très rare en Bourgogne,

- la Dentaire pennée (Cardamine heptaphylla), plante forestière rare en Bourgogne,

- la Nivéole de printemps (Leucojum vernum), plante forestière péri-alpine et de l'est de la France, rare en Bourgogne,

- la Renoncule à feuilles de platane (Ranunculus platanifolius), plante montagnarde exceptionnelle en Bourgogne,

- le Polypode du calcaire (Gymnocarpium robertianum), fougère des rochers ombragés, très rare en Bourgogne.

2/ Ces forêts de pente surplombent des habitats humides d’intérêt européen dont :

- les sources tufeuses de l'Ignon,

- une zone de marais tufeux,

- une moliniaie.

Ces milieux hébergent des espèces végétales déterminantes pour l'inventaire ZNIEFF avec :

- la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe), plante des prairies humides et des marais, rare en Bourgogne et protégée réglementairement,

- l'Epipactis des marais (Epipactis palustris), orchidée des marais, rare en Bourgogne et protégée réglementairement.

La faune du site est riche, notamment aux abords des cours d’eau où on retrouve entre autres le Cincle plongeur (Cinclus cinclus), petit oiseau pêcheur qui niche sur le ruisseau de l’Ignon.

Ce ruisseau abrite également des poissons déterminants pour l’inventaire ZNIEFF comme le Chabot (Cottus gobio), d’intérêt européen, et la Loche de rivière (Cobitis taenia).

Au niveau du marais, les dépôts de tuf sont exceptionnels pour la région (de 10 à 20 m d'épaisseur).

Le site est une curiosité géomorphologique, constituant un "bout du monde" en forme d'hémicycle.

Le patrimoine naturel dépend d’une gestion forestière à base de peuplements feuillus et de traitements adaptés aux conditions stationnelles (sol, climat, topographie, hydrographie), conservant les milieux annexes (marais tufeux, clairières, layons, cours d'eau).

Des zones de marais sont susceptibles de se boiser et de perdre leur intérêt pour la faune et la flore des milieux ouverts. Une restauration (débroussaillage) et un entretien (pâturage, fauche) permettraient de contrecarrer cette évolution.

Il convient de maintenir le régime hydraulique des cours d'eau, sans seuils ni enrochement des berges et en respectant les ripisylves.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre englobe la partie amont de la vallée de l'Ignon et ses versants. Il inclut les forêts de ravin bordant les sources jusqu'à la D26 à l'ouest et jusqu'au rebord du plateau forestier au sud et à l'Est. Au nord, la ZNIEFF est limitée par l'ancienne usine d'amiante.