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ZNIEFF 260014892
MARAIS ET COTEAUX DE DRUYES A ANDRYES

(n° régional : 24003000)

Commentaires généraux

Au sein des plateaux calcaires d’âge jurassique moyen du Beuvron, le territoire se compose d'une vallée inondable et des coteaux calcaires recouverts de pelouses ou boisés; il englobe l'un des rares marais alcalins de l’Yonne. Un étang et une mine complètent la zone.

Ce site est d’intérêt régional pour ses habitats variés (prairies, marais, pelouses sèches, boisements, étangs et cours d'eau) et les espèces de faune et de flore qui y sont inféodées.

1) Différents milieux secs caractérisent les coteaux calcaires, notamment :

- des pelouses sèches de l'alliance végétale du Mesobromion erecti, d'intérêt européen,

- des pelouses très sèches de l'alliance végétale du Xerobromion erecti, d'intérêt européen,

- des ourlets herbacés, d'intérêt régional,

- des chênaies pubescentes, d'intérêt régional,

- de la chênaie-charmaie sèche.

Plusieurs espèces déterminantes pour l'inventaire ZNIEFF y ont été répertoriées avec par exemple :

- l'Orchis singe (Orchis simia), orchidée des pelouses, protégée réglementairement et très rare en Bourgogne,

- le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum), orchidée des boisements et pelouses calcaires, rare en Bourgogne et protégée réglementairement,

- le Lézard vert (Lacerta bilineata), reptile protégé réglementairement, proche de la limite nord de son aire de répartition.

2) Les fonds de vallées inondables comportent également un panel d’habitats remarquable avec :

- des herbiers aquatiques des cours d’eau, d’intérêt européen,

- de la végétation des berges limoneuses des cours d’eau, d’intérêt européen,

- des ourlets herbacés humides à hautes herbes, habitat d’intérêt européen,

- des prairies humides alcalines, d’intérêt européen,

- des roselières inondables,

- des cariçaies,

- des saulaies marécageuses.

La vallée (cours d’eau, prairies , plans d’eau et marais) accueille diverses espèces déterminantes pour l’inventaire ZNIEFF avec :

- la Marisque (Cladium mariscus), plante des marais, exceptionnelle en Bourgogne,

- le Samole de Valerand (Samolus valerandii), plante des sols humides et alcalins exceptionnelle en Bourgogne,

- le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus), petit crapaud dont les populations sont très fragmentées et menacées par la disparition des zones humides,

- l'Agrion de mercure (Coenagrion mercuriale), libellule d'intérêt européen,

- le Chabot (Cottus gobio), poisson d’intérêt européen,

- le Cincle plongeur (Cinclus cinclus), oiseau qui se reproduit et se nourrit au niveau des cours d’eau et qui indique leur bonne qualité physique et chimique.

Divers oiseaux déterminants pour l’inventaire ZNIEFF viennent s’alimenter en période de halte migratoire avec par exemple le Chevalier sylvain (Tringa glareola), échassier limicole migrateur, d'intérêt européen et rare en Bourgogne.

3) La diversité de milieux rendent le territoire propice à la nidification et à l'alimentation d'une avifaune déterminante pour l’inventaire ZNIEFF avec :

- l'Alouette lulu (Lullula arborea) et la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), passereaux d’intérêt européen,

- l'Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus), oiseau d’intérêt européen menacé par la fermeture du milieu et la modification des techniques sylvicoles.

4) Des chauves-souris d'intérêt européen comme le Grand Murin (Myotis myotis), hivernent dans une mine. Elles utilisent les différents milieux alentours (prairies bocagères, bordures boisées, friches, bordure de marais…) pour se déplacer et s’alimenter.

Ce patrimoine dépend :

- du maintien d’une agriculture et d'un élevage extensifs, respectueux des haies, des milieux prairiaux et des cours d'eau,

- d’une gestion forestière à base de peuplements feuillus et de traitements adaptés aux conditions stationnelles (sol, climat, topographie, hydrographie), conservant les milieux annexes (lisières, milieux humides et aquatiques, clairières),

- d’une gestion douce des plans d’eau, respectueuse des ceintures de végétation.

Il convient de maintenir le régime hydraulique des cours d'eau, sans seuils ni enrochement des berges et en respectant la végétation des berges.

Les pelouses et les marais sont susceptibles de se boiser et de perdre leur intérêt pour la faune et la flore des milieux ouverts. Une restauration (débroussaillage) et un entretien (pâturage, fauche) permettraient de contrecarrer cette évolution.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre est délimité par un fond de vallée parcouru par un ruisseau, ainsi que par des coteaux calcaires. Ces secteurs sont riches en habitats (boisements, pelouses, marais), en faune et en flore d’intérêt régional.