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ZNIEFF 310013677
Les ravins de Pihem et Noir Cornet et Coteau de Wizernes

(n° régional : 00240007)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF s’étend le long de la rive droite de l’Aa où elle forme un ensemble des plus remarquables tant d’un point de vue paysager qu’écologique. Le site est composé à l’Ouest de deux vallées sèches et d’un coteau sur affleurement de craie sénonienne et de marnes superficielles : les ravins de Pihem et Noir Cornet et le coteau de Wizernes. Ces trois espaces sont caractérisés par des versants présentant un relief parfois abrupt. Ainsi le ravin de Noir Cornet, assez fortement marqué par l’influence anthropique, abrite une petite carrière de craie, des prairies mésotrophiles à eutrophiles, des cultures, des petites plantations et des ourlets calcicoles relictuels des anciennes pratiques culturales et pastorales de ces coteaux. Ceux-ci recèlent des taxons et des végétations présentant un enjeu patrimonial majeur. Des ourlets calcicoles relevant notamment du cf. Bunio bulbocastani - Brachypodietum pinnati abritent plusieurs espèces déterminantes de ZNIEFF (Blackstonia perfoliata, Scabiosa columbaria, Cirsium acaule, Dactylorhiza fuchsii et Bunium bulbocastanum). Dans le ravin de Pihem, un voile à Genévrier commun (Juniperus communis), espèce protégée au niveau régional, compose un paysage remarquable sur la pente colonisée par les ourlets calcicoles ; cette végétation du Rubo ulmifolii - Juniperetum communis est le témoin de la présence d’anciens parcours pastoraux extensifs sur ces pentes abruptes. Actuellement, suite à l’arrêt du pâturage, les pelouses calcicoles ont évolué vers des ourlets du Centaureo nemoralis - Origanetum vulgaris, présentant des faciès de brachypodiaies denses sur la plupart des secteurs, puis vers des fourrés de recolonisation du Tamo communis - Viburnetum lantanae. Plus en amont de ce ravin, une forêt apparentée aux forêts de ravin relevant d’une forme appauvrie du Phyllitido scolopendri - Fraxinetum excelsioris constitue un remarquable paysage aux ambiances ombragées et humides contrastant avec les versants herbacés plus ensoleillés. A l’est de ces deux ravins s’étend un long coteau crayeux correspondant aux versants Nord et Ouest du Mont d’Helfaut. La morphologie de ce coteau a été modifiée au fil du temps par des carrières, aujourd’hui à l’abandon, qui ont laissé des parois très abruptes. Ce paysage est fortement marqué par les taillis de recolonisation forestière et leurs manteaux associés, Sur ce sol crayeux se développent notamment des végétations mésohygrophiles de pelouses (pelouses pionnières du Tetragonolobo maritimi - Mesobromenion erecti et pelouses plus évoluées de l‘Avenulo pratensis - Festucetum lemanii. blackstonietosum perfoliatae) et d’ourlets. Ce sont les pelouses qui hébergent la plupart des espèces végétales déterminantes de ZNIEFF (Gentianella germanica, Orchis anthropophora, Dactylorhiza fuchsii, etc.). Les boisements calcicoles relèvent du Mercuriali perennis - Aceretum campestris. Ce coteau héberge l’espèce emblématique du site : la Parnassie des marais (Parnassia palustris). Protégée dans la région, cette espèce, se développant notamment sur les pelouses oligotrophiles des coteaux à craies marneuses, régresse fortement au sein de cet habitat du fait de l’abandon du pâturage. La présence du Gaillet de Fleurot (Galium fleurotii) est également attestée sur quelques éboulis crayeux. Au total, 9 végétations et 17 plantes déterminantes de ZNIEFF ont été observées sur le site, dont 9 protégées régionalement (Gentianella germanica, Lathyrus sylvestris, Orchis anthropophora, Parnassia palustris, Dactylorhiza fuchsii, Juniperus communis, Cephalanthera damasonium, Ophrys apifera var. apifera et Ophrys insectifera). Le site abrite un nombre important d’espèces de Rhopalocères, dont neuf espèces déterminantes. L’Hespérie du chiendent (Thymelicus acteon), espèce dont le statut est défavorable en Europe, est assez rare dans le Nord – Pas-de-Calais (HAUBREUX [coord.], 2009). Sa population régionale est principalement concentrée autour du Boulonnais. L’Hespérie des sanguisorbes (Spialia sertorius) est identifiée comme étant rare en région (HAUBREUX [coord.], 2009), elle n’est observée que dans l’Ouest de la région. Ces deux espèces affectionnent les prairies maigres et les pelouses sèches (LAFRANCHIS, 2000). L’Argus frêle (Cupido minimus) et le Point-de-Hongrie (Erynnis tages) sont tous deux assez rares au niveau régional (HAUBREUX [coord.], 2009). Le site présente également un fort intérêt chiroptérologique avec quatre espèces déterminantes. Le Murin des marais est quasi-menacé au niveau mondial et il est inscrit à l’Annexe II de la Directive Habitats. Le Nord – Pas-de-Calais, où le Murin des marais est rare (FOURNIER [coord.], 2000), est la seule région en France où il est régulièrement présent (ARTHUR & LEMAIRE, 2009). Le Grand rhinolophe, inscrit à l’Annexe II de la Directive Habitats et quasi-menacé au niveau national, est assez rare et en danger dans le Nord – Pas-de-Calais (FOURNIER [coord.], 2000). Le Murin à oreilles échancrées et l’Oreillard roux sont tous deux peu communs dans la région (FOURNIER [coord.], 2000).

Commentaires sur la délimitation

Une petite extension est proposée à l'extrémité est du site, sur la commune d'Andres, où les espèces suivantes sont présentes : Gesse des marais (Lathyrus palustris), Laîche vésiculeuse (Carex vesicaria) et Scirpe des forêts (Scirpus sylvaticus). Elle permet également d’inclure une station de Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis).