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ZNIEFF 310013686
Pelouses et bois de la Comté et du Mont d'Anzin

(n° régional : 00000098)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF fait partie d’un ensemble de coteaux crayeux en grande partie boisés aujourd’hui, s’étendant de la forêt domaniale d’Olhain au Mont-Saint-Eloi et à la crête de Notre-Dame-de-Lorette, à Ablain-St-Nazaire. Ce site illustre parfaitement la dynamique végétale sur substrat crayeux avec la présence de toutes les végétations depuis celles des éboulis jusqu’à la forêt neutrophile à Mercuriale vivace. Les «Pelouses et bois neutrophiles de la Comté et du Mont d’Anzin» constituaient le site NPC-017 du recensement des sites susceptibles d’être retenus dans le cadre de la Directive Habitats en raison de la qualité et de l’originalité des pelouses présentes (site non retenu). En effet, le site du coteau de La comté compte parmi les sites les plus remarquables de la région car il représente un noyau intérieur isolé à affinités plus continentales de pelouses mésophiles à mésoxérophiles calcicoles, situé sur les contreforts orientaux de l’Artois. Ainsi, deux sous-associations de l’Avenulo pratensis - Festucetum lemanii sont-elles probablement présentes sur cette ZNIEFF, celle mésophile typique des coteaux de la vallée de l’Aa (blackstonietosum perfoliatae) et celle mésoxérophile qui apparaît dans l’Artois méridional sur les versants exposés au sud de la vallée de l’Authie (Avenulo pratensis - Festucetum lemanii polygaletosum calcareae), Hippocrepis comosa en étant une espèce typique. Il représente également l’un des derniers sites connus de la Parnassie des marais pour la zone est du Ternois (HENDOUX et al., 2001). On y rencontre l’Euphraise officinale (Euphrasia officinalis), l’Hippocrépide en ombelle (Hippocrepis comosa), la Gentiane d’Allemagne (Gentianella germanica), le Genévrier commun (Juniperus communis subsp. communis), l’Orchis pourpre (Orchis purpurea)… Le Mont d’Anzin n’apporte pas d’avantage d’éléments d’intérêt en raison d’une gestion moins adaptée, mais s’inscrit très bien dans la continuité paysagère de ce petit coteau. Le pâturage bovin présent sur ce mont permet l’expression de végétations différentes, mais souvent plus eutrophiles. De manière plus générale, ce mont présente aujourd’hui moins d’intérêt que le Mont de la Comté, marqué par une rudéralisation plus forte : plantation d’arbres dans les prairies de pentes, bosquets plus ou moins eutrophiles, pâtures plus ou moins intensifiées. C’est cependant sur ce mont qu’avait été observée en 2009 une petite population de Buplèvre en faux (Bupleurum falcatum) qui serait à rechercher, deux stations de cette plante thermophile continentale à subméditerranéenne ayant été découvertes cette année-là. Au total, cette ZNIEFF héberge au moins 6 végétations et 17 taxons déterminants de ZNIEFF dont 9 protégés au niveau régional. Elle mériterait d’être intégrée dans le réseau régional des réserves naturelles. L’intérêt de ce site ne fait donc aucun doute et ne réside pas seulement dans les habitats, la flore et la faune qu’il héberge. Il faut prendre aussi en compte sa valeur paysagère : le coteau présente une vue exceptionnelle sur le bassin minier, la vallée de la Lawe et les premiers reliefs de l’Artois. La topographie du site offre un contraste surprenant, dans une région au relief peu marqué. Cet ensemble composé de boisements et de prairies abrite un nombre conséquent d’espèces de Rhopalocères et d’Orthoptères, dont trois espèces déterminantes. Le Demi-deuil (Melanargia galathea), inféodé aux prairies maigres et pelouses (LAFRANCHIS, 2000), et l’Hespérie de la houque (Thymelicus sylvestris), observé dans les milieux ouverts herbeux et les prairies sylvatiques (LAFRANCHIS, 2000), sont deux rhopalocères identifiés comme étant peu communs dans le Nord – Pas-de-Calais (HAUBREUX [coord.], 2005). On peut souligner la présence dans le périmètre de la ZNIEFF de la Dectique verrucivore (Decticus verrucivorus), exceptionnelle dans la région (FERNANDEZ et al., 2004). Elle est fortement menacée dans le domaine némonal (atlantique au sens large) d’après la Liste rouge française (SARDET & DEFAUT, 2004). L’espèce est observée dans des végétations semi-arides à faible couverture (COUVREUR & GODEAU, 2000). Des inventaires complémentaires ciblant les autres groupes pourraient permettre de compléter la liste d’espèces déterminantes présentes sur le site.

Commentaires sur la délimitation

Pas de modification franche du périmètre mais celui-ci a été ajusté de façon à englober le complexe pelouse-ourlet-fourré calcicole qui se trouve de part et d’autre du sentier partant de la route D74 et montant sur le Mont d’Anzin. En effet, on y retrouve des fragments de la pelouse calcicole de l’Avenulo pratensis - Festucetum lemanii accueillant le Cirse acaule (Cirsium acaule) et la Dactylorhize de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) et qui se trouve en lien dynamique avec les ourlets calcicoles mésophiles du Trifolion medii.