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ZNIEFF 310013695
Marais d'Hébécourt et les Prés Valloires à Saulchoy

(n° régional : 01060003)

Commentaires généraux

Les marais de Saulchoy sont tout à fait représentatifs de la multiplicité des milieux naturels composant la basse vallée de l’Authie : vastes prairies humides à inondables pâturées ou fauchées, cariçaies, mares et étangs bordés de roselières, de mégaphorbiaies ou de bouquets de saules arbustifs, aulnaies inondables, mais aussi plantations artificielles de peupliers. Plusieurs plans d’eau de taille variable sont implantés dans le marais, qui est aussi émaillé d’un réseau de fossés de drainage et de chenaux plus ou moins fonctionnels. Le marais est notamment drainé par deux canaux de dessèchement principaux (grand canal de dessèchement au Nord, Fossé d’Aulnes au centre) qui se prolongent dans la vallée sur plusieurs kilomètres en aval. Au sud-est, le Marais d’Hébécourt est majoritairement composé de pâtures encore consacrées à l’élevage bovin. Certaines prairies sont ceinturées de peupleraies linéaires. La chasse (à la hutte dans les étangs, à la botte dans les milieux terrestres environnants) et la populiculture dominent dans le secteur des Prés Valloires au Nord-Ouest. Quelques étangs de pêche existent entre le canal de dessèchement et le pied du plateau crayeux.
Les marais de Saulchoy semblent avoir souffert d’un déficit de prospections des botanistes ces dernières années car très peu d’observations récentes ont été signalées pour ce site. Une partie importante du site est constituée de propriété privée grillagées. La flore patrimoniale connue à ce jour après 2001 comporte huit espèces déterminantes de ZNIEFF parmi lesquelles trois sont protégées dans la région Nord-Pas de Calais (Dactylorhiza praetermissa, Juncus subnodulosus, Scirpus sylvaticus).
Plusieurs taxons d’intérêt patrimonial majeur avaient été notés en 1988, lors du 1er inventaire et seraient à rechercher/confirmer par des prospections ultérieures ciblées. De la même manière, un certain nombre des habitats déterminants observés à l’époque serait à rechercher dans les parties privées, notamment : le Cf. Potentillo palustris - Caricetum rostratae, ou la communauté fragmentaire relictuelle de l’ Hydrocotylo vulgaris - Schoenenion nigricantis Royer in Bardat et al. 2004 prov.). Depuis 2001, cinq végétations déterminantes de ZNIEFF ont été identifiées sur le site.
Malgré des aménagements  inadéquats dans certains secteurs du marais, de vastes zones peu perturbées subsistent, qui accueillent une avifaune intéressante. Deux espèces de fauvettes paludicoles déterminantes de ZNIEFF, le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) et la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti) s’installent par exemple dans les roselières parsemées de bouquets de saules, en marge des boisements ou au bord des mares (MNHN, 2012). La chasse limite l’utilisation du site par les anatidés et de nombreux oiseaux d’eau et des zones humides ne profitent qu’occasionnellement des milieux complémentaires qui leur sont pourtant offerts comme le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna)….
Bien que réduites en nombre, les activités humaines ont fortement marqué les marais de Saulchoy de leur empreinte. Les milieux naturels y ont subi de multiples aménagements dont certains ont causé des bouleversements préjudiciables à la qualité de l’écosystème originel.
A l’échelle de l’ensemble du site, le drainage excessif entraîne une baisse de la nappe phréatique préjudiciable aux végétations les plus hygrophiles. L’assèchement prématuré des sols est sensible dès le printemps. Les boisements artificiels (peupleraies surtout mais aussi une plantation d’épicéas au cœur du marais) représentent aujourd’hui la majorité de la surface boisée. Ils contribuent à l’assèchement du marais, mais aussi à la rudéralisation et à la banalisation de la flore herbacée des parcelles plantées et de leurs environs. La dernière aulnaie inondable d’une superficie significative a été sérieusement dégradée par la création d’une infrastructure pour la détention de canards de chasse : la création d’un parcours clôturé sous le couvert des arbres a entraîné une banalisation, voire une disparition de la végétation herbacée par piétinement et eutrophisation. Les alentours sont fortement dégradés (hangars, dépôts de déchets, artificialisation de la végétation).
La gestion des mares de chasse et de leurs alentours est loin d’être optimale pour permettre l’expression de la diversité phytocénotique, floristique et faunistique que l’on pourrait attendre de ce site. Une partie de ces marais a aussi été victime d’un mitage par les habitations légères de loisirs autour des étangs de pêche, dont les alentours immédiats sont fortement artificialisés.
Au pied du hameau d’Hébécourt, la présence du camping dans la zone humide à la périphérie de la ZNIEFF est inopportune. Cet équipement touristique implanté le long du canal de dessèchement induit un risque permanent de pollutions des eaux des marais en aval de Saulchoy. Enfin, l’absence de zone tampon entre le marais et le plateau cultivé jusqu’au bas du versant suggère la nécessité de limiter l’utilisation des fertilisants et produits phytosanitaires sur les parcelles les plus proches du marais.

Commentaires sur la délimitation

Le Marais d’Hébécourt et les Prés Valloires appartiennent au système écologique de la basse vallée de l’Authie. Situé intégralement sur le territoire de la commune de Saulchoy, ce site occupe le fond de la vallée sur la rive droite de l’Authie en aval du village. Ce vaste complexe de zones humides est délimité au sud-ouest par le cours de l’Authie, frontière administrative avec le département de la Somme et au nord-ouest par la limite avec la commune voisine de Maintenay située en aval. Au nord-est, la limite de la ZNIEFF coïncide avec la base du versant nord de la vallée occupé par des cultures, avant de s’écarter de celui-ci pour exclure un terrain de camping installé dans la vallée au pied du hameau d’Hébécourt. Au sud-est, la limite de la ZNIEFF est marquée par la route départementale 137-E. Le périmètre de la ZNIEFF couvre la majeure partie des zones humides du fond de la vallée à Saulchoy, mais ce complexe de marais et prairies humides ne peut être dissocié dans son fonctionnement écologique des vastes marais qui se prolongent en aval sur le territoire de la commune de Maintenay et au-delà.