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ZNIEFF 310030098
Marais tourbeux d'Eeckhout Veld à Merckeghem

(n° régional : 00000189)

Commentaires généraux

Ce petit site, en contrebas du talus des collines de Flandre intérieure, se situe exactement à la limite de la Flandre maritime, dans une cuvette dont le point le plus bas se situe à la hauteur du niveau de la mer. Il repose sur des sédiments récents composés d’alluvions et de tourbe et est bordé par une langue d’argile yprésienne formant un bombement qui vient enclore presque complètement cette ancienne tourbière.

Cette tourbière alcaline constitue l’un des derniers vestiges des marais de la Flandre. C’est à ce niveau qu’il faut « tirer la sonnette d’alarme » ! En effet, les prospections de terrain 2010 ont révélé que cette petite tourbière d’une très grande valeur floristique et phytocénotique est gravement menacée : une partie de l’aulnaie où se trouvait la Dryoptéride à crêtes (Dryopteris cristata), dernière station régionale de cette espèce rarissime, a été détruite pour instaurer du pâturage bovin et l’autre partie où se cantonnent le Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris) et l’Osmonde royale (Osmunda regalis) est en voie de disparition pour des raisons inconnues (assèchement prolongé ? cerclage des aulnes ?). L’étang central a des berges trop abruptes et est eutrophisé par des canards, la mare au Nord semble avoir été recreusée et agrandie, les peupliers qui ceinturent la tourbière et remplacent le bois originel de Merckeghem drainent le sol et contribuent à son assèchement…

Bien que de nombreuses espèces caractéristiques des tourbières, très rares dans la région et d’autant plus en Flandre, aient été retrouvées (Jonc à fleurs obtuses (Juncus subnodulosus), Peucédan des marais (Peucedanum palustre), Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris), Osmonde royale (Osmunda regalis), Calamagrostide blanchâtre (Calamagrostis canescens)…) leurs populations sont en nette régression et sont clairement menacées à court terme. C’est particulièrement le cas de l’Osmonde royale et du Thélyptéride des marais qui se trouvent dans l’aulnaie dépérie qui est actuellement envahie d’espèces de mégaphorbiaies nitrophiles.

Il est encore possible de compter une douzaine d’espèces et une dizaine de végétations déterminantes de ZNIEFF et d’intérêt patrimonial majeur qui sont pour la plupart, menacées à court terme de disparition. Ces chiffres restent tout à fait remarquables pour un site de cette surface.

Commentaires sur la délimitation

Périmètre non modifié et reprend l'ensemble du marais tourbeux d'Eeckhout Veld à Merckeghem.