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ZNIEFF 420007204
Collines calcaires du Bischenberg et environs à Rosheim, Boersch, Bischoffsheim et Obernai

(n° régional : 1677030)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF I constitue l’extrémité sud de la ZNIEFF II « Paysage de collines et grands ensembles de vergers de Saverne à Obernai » et s’étend entre Rosenwiller, Rosheim, Bischoffsheim, Obernai et Boersch. Elle rassemble deux entités assez distinctes : le coteau de vergers remarquablement conservés du piémont de Rosheim à Boersch à l’ouest et les collines du Bischenberg (361m) et du Mont-National (321m) à Bischoffsheim à l’est.

N’étant pas adossé à de hautes montagnes, le secteur de Rosheim-Bischoffsheim ne profite que modérément de l’effet parapluie de la chaîne vosgienne. Cela explique que ce secteur ait plus été planté de vergers que de vignobles. « Dans toute la zone des collines de la moyenne Alsace - de Bischoffsheim à Westhoffen - la culture des arbres fruitiers à toujours été florissante, et leurs produits jouissent d’une bonne renommée : mirabelles, quetsches, cerises, pommes » écrivait Kapp, E. en 1976. Outre ces fruitiers classiques, le Cormier (Sorbus domestica), issu des chênaies thermophiles était autrefois cultivé (Kapp, E., 1976), mais ne s’observe plus que rarement, de façon subspontanée.

La forêt primitive était une chênaie thermophile de Chênes sessiles (Quercus petraea) et de Chênes pubescents (Quercus pubescens) avec le Prunier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) et son cortège d’arbustes associés. Elle se maintient encore sous forme de lambeaux de pré-bois dominés par des Chênes de petites dimensions, présentant localement un aspect naturel. Une flore exceptionnelle s’est maintenue, particulièrement riche en espèces des lisières et des sous-bois clairs, chauds et ensoleillés : Laiche des montagnes (Carex montana), Céphalanthère rouge (Céphalanthera rubra), Fumana couché (Fumana procumbens), Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium), Primevère officinale blanchâtre (Primula veris ssp. canescens), Lys martagon (Lilium martagon), Crépide rongée (Crepis praemorsa), Violette étonnante (Viola mirabilis) ou Faux-Baguenaudier (Hippocrepis emerus), par exemple.

Ces forêts clairiérées ont été progressivement défrichées, mises en culture ou pâturées puis partiellement abandonnées conduisant à l’apparition de pelouses sèches qui se maintiennent dans les espaces interstitiels sur des sols rendziniformes issus de la dégradation du sol brun forestier. Sur les pentes plus fortes, l’érosion rend le sol encore plus minéral et conditionne des pelouses sèches pierreuses. Citons parmi d’autres plantes remarquables sur ces milieux l’Aster amel (Aster amellus), l’Epiaire d’Allemagne (Stachys germanica), la Véronique d’Autriche à feuilles de germandrée (Veronica austriaca ssp teucrium), le Cirse tubéreux (Cirsium tuberosum), le Peucédan à feuilles de carvi (Holandrea carvifolia) et l’Orchis militaire (Orchis militaris). Le retour vers la forêt s’effectue ensuite par l’apparition d’une fruticée d’arbustes épineux accompagnées d’espèces fuyant le plein soleil comme la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum), puis d’arbustes non épineux avant qu’enfin les chênes ne fassent leur retour. L’ensemble de ces stades s’observent encore aujourd’hui dans des états de conservation variés.

Certaines parcelles de vignes peuvent accueillir le Muscari botryoïde (Muscari botryoides) et la Gagée velue (Gagea villosa), deux plantes pas si rares dans les vignobles mais qui ont régressé du fait des pratiques agricoles (engrais et désherbants chimiques).

Les insectes sont mal connus et seul le Petit Sylvain (Limenitis camilla) a été mentionné sur ce site pourtant très favorable aux espèces thermophiles ou xérophiles.

L’ensemble du site est remarquable par son avifaune typique des collines : le Bruant zizi (Emberiza cirlus), l’Alouette lulu (Lullula arborea), mais aussi la Bondrée apivore (Pernis apivorus), nicheuse régulière, et surtout la Chevêche d'Athéna (Athene noctua). Cette chouette des milieux ouverts recherche des cavités d’arbres pour nicher. La ZNIEFF héberge un noyau de population important qui profite des vieux fruitiers et des nichoirs posés à son intention.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre est conçu pour englober un ensemble cohérent d’habitats d’espèces remarquables, inféodées aux milieux calcaires chauds, secs et ensoleillés typiques des collines.

La ZNIEFF est dessinée à partir des données disponibles concernant ce groupe d’espèces, sur un pas de temps déterminé (2001-2012), des connaissances bibliographiques concernant leurs exigences vitales (qualitativement et en termes de surfaces) et à partir des connaissances des habitats biologiques en présence. La ZNIEFF exclue des zones forestières, agricoles et urbaines.

Les contours de la ZNIEFF suivent des limites géographiques repérables sur le terrain : limites parcellaires, limites de zones urbaines, chemins, lisières.

Les deux entités, verger de Rosheim d'une part et colline du Bischenberg d'autre part, sont assez significativement distinctes du point de vue géographique et biologique. Elles ont été fusionnées car les vergers de Rosheim ne cumulent pas assez de points pour fournir une ZNIEFF indépendante tout en étant d'un grand intérêt.