Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 430002174
MONT GUERIN

(n° régional : 14000101)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

Au nord de Dole, entre la vallée de la Saône et le massif de la Serre, les paysages sont ponctués de diverses éminences dans la continuité des Avant-Monts dolois, faisant la transition avec la plaine céréalière intensive à l'ouest. Les sommets de ces monts de faciès géologique Callovien et Bathonien sont généralement occupés par des pelouses.

 

Le Mont Guérin présente un aspect très contrasté et recèle une grande variété de milieux naturels sur un espace restreint : érablaie de pente sur le flanc nord-ouest, chênaie-charmaie thermophile, pelouse sèche calcicole, falaise d'exposition sud. Ce site a fait l'objet d'une exploitation de roches massives par le passé, comme en témoignent de petites carrières abandonnées. De plus, la présence d'un mur d'enceinte néolithique lui confère un intérêt sur le plan historique.

 

L'existence et le maintien des groupements végétaux herbacés typiques des pelouses sont liés à la présence de sols superficiels, voire squelettiques, à la persistance de pratiques pastorales extensives et à l'absence de fertilisation. Ainsi, avec l'abandon du pâturage, la pelouse se trouve progressivement piquetée d'arbustes puis d'arbres : actuellement, un enfrichement important (de l'ordre de 80 %) est constaté (notamment par des prunelliers). Les conditions écologiques sévères induisent la présence d'une flore spécialisée originale, conférant par là même un grand intérêt patrimonial à ces pelouses. L'eau s'infiltre très rapidement dans ces sols calcaires perméables ; les végétaux qui s'y installent, inféodés aux milieux secs, sont capables de résister à un manque d'eau, à un sol pauvre en nutriments et à un fort ensoleillement. Au sein du cortège floristique typique de cette pelouse mésophile à brome dressé, trois plantes protégées au plan régional sont recensées dont la saxifrage granulée et la gesse à fruit ronds, se développant sur des secteurs décalcifiés.

 

Du point de vue faunistique, ce site est propice à la reproduction de l'alouette lulu et la caille des blés qui affectionnent des milieux ouverts ponctués de buissons. L'intérêt entomologique est marqué par la présence du clepte semi-doré : c'est l'une des deux stations comtoises de cette petite chryside parasite d'hyménoptères vivant dans la mœlle des tiges de ronce. Cette vaste zone est également favorable aux reptiles, tels que le lézard vert, en régression assez forte dans la région et protégé en France.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence de plantes et d'un reptile protégés confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 17/04/81, 22/06/92 et 19/11/07).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

 

Les pelouses sèches sont un témoignage des activités pastorales passées, en voie de disparition. La principale menace active pesant sur la zone est l'abandon. L'enfrichement massif qui en résulte conduira, en l'absence d'intervention, à l'installation d'un stade forestier beaucoup moins intéressant tant sur le plan patrimonial que paysager. Ce site, traversé par le sentier d'interprétation du Tacot, est fréquenté par des promeneurs ; ainsi, la réouverture de la pelouse sommitale permettrait de retrouver un panorama sur les environs. Il est toutefois primordial de canaliser la fréquentation, et notamment d'interdire les engins motorisés, compte tenu de la grande vulnérabilité des sols superficiels des pelouses et de la sensibilité au dérangement des vertébrés.

 

La biodiversité maximale s'obtient par des modes de gestion alternés visant à conserver une mosaïque de milieux de pelouse, d'ourlet et de friches arbustives. Ce résultat pourrait être obtenu par débroussaillage (avec exportation des produits de coupe) en alternance avec un pâturage extensif.

 

Ces milieux relictuels sont également remarquables en tant qu'élément d'un réseau, dans la mesure où ils autorisent des échanges de populations. Leur préservation à l'échelle du nord Jura est donc primordiale.

 

 

 

 

Commentaires sur la délimitation
Aucune information disponible