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ZNIEFF 430002181
RECULEE DE VAUX SUR POLIGNY

(n° régional : 34000001)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La reculée de Vaux-sur-Poligny, ou « Culée de Vaux », typique du Jura, fait partie des reculées externes du Revermont qui incisent le plateau lédonien, premier escarpement du massif jurassien. A l’amont de cette vallée fermée abruptement par un cirque rocheux se trouve l'émergence du ruisseau de la Glantine (affluent de l’Orain). Cette reculée rectiligne, d’axe sud-est/nord-ouest, est assez courte (moins de trois kilomètres) ; elle présente un rétrécissement à son débouché. Des falaises calcaires du Bajocien et du Bathonien forment des promontoires qui surplombent des niveaux marneux moins pentus et un tablier d’éboulis accumulé à la base du relief du Trou de la Lune. Le fond de la reculée est majoritairement occupé par des prairies mésophiles.

 

Son intérêt écologique est marqué par la diversité des groupements végétaux. Ceux-ci sont agencés selon le relief et l’exposition : pelouses sèches à très sèches en bordure de corniche, végétation des éboulis thermophiles et des falaises calcaires, hêtraie neutrophile de plateau, forêts de pente, dont de belles érablaies à scolopendre sur éboulis grossiers et mobiles en situation fraîche. Trois plantes peu communes, protégées au plan régional, y sont recensées : le daphné des Alpes et l’alysson des montagnes, espèces saxicoles et xérophiles, se trouvent sur des corniches calcaires bien exposées, voire des petites vires ou éboulis plus ou moins stabilisés pour la deuxième. Les forêts de versants froids, en conditions d’hygrométrie élevée, abritent le polystic à soies.

 

Les particularités géomorphologiques sont à l’origine d’un intérêt faunistique exceptionnel. D’une part, le faucon pèlerin niche dans les anfractuosités des falaises : les parois escarpées constituent le biotope de prédilection de ce rapace emblématique qui a failli disparaître en France.

 

D’autre part, deux grottes naturelles (la Rivière de la Baume et le Trou de la Baume) hébergent plus de 10 espèces de chauves-souris. Ces cavités sont utilisées en phase d’hivernage, de transit ou comme gîte estival de mise-bas. Avec 28 taxons sur 33 dénombrés au plan national, la Franche-Comté, située au carrefour de différents climats, est l’une des régions les plus riches de France pour ce groupe de mammifères. La Rivière de la Baume abrite en particulier de 60 à 70 individus de grands rhinolophes et une trentaine de petits rhinolophes en hibernation, ainsi que sept espèces différentes de vespertilions. En transit, de 300 à 500 minioptères de Schreibers y trouvent refuge. En outre, le Trou de la Baume constitue un site d'hivernage pour le minioptère de Schreibers et le grand rhinolophe. Cette grotte est également utilisée comme gîte de mise-bas par 40 à 50 individus de cette dernière espèce.

 

STATUT DE PROTECTION

La grotte de la Rivière de la Baume est intégrée dans le réseau Natura 2000 « Cavités à minioptères de Schreibers en Franche-Comté ». De plus, un projet de protection réglementaire des grottes par Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope est en cours. En outre, la présence d’espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 22/06/92, 23/04/07 et 29/10/09).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Il convient d'éviter toute source de dérangement aux oiseaux rupestres, afin de leur garantir les conditions de tranquillité indispensables, tout particulièrement pendant la période de nidification.

 

Compte-tenu d'une activité intense de spéléologie à la Rivière de la Baume, les chiroptères subissent de fortes perturbations, notamment en période hivernale. Or, le réveil en phase d’hibernation se révèle vraiment critique : il entraîne une dépense énergétique très élevée qui peut induire de fortes mortalités. L’entrée de la grotte du Trou de la Baume fait également l’objet d’une fréquentation importante. Il s’ensuit une limitation du potentiel biologique de ces deux sites, d’autant plus que les chauves-souris font preuve d’une grande fidélité à leurs gîtes.

Commentaires sur la délimitation
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