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ZNIEFF 430002217
VALLEE DU HERISSON

(n° régional : 46484022)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le Hérisson est un affluent de l’Ain en rive gauche. Dans son cours amont, cette rivière parcourt une reculée légèrement sinueuse qui s'ouvre largement sur la Combe d'Ain après avoir entaillé profondément le plateau calcaire du Frasnois sur une dizaine de kilomètres. Le Hérisson, dont les sources sont issues des exutoires des lacs d’Ilay et de Bonlieu, pénètre dans cette reculée par une série de cascades spectaculaires, avec un dénivelé de plusieurs centaines de mètres. Ce plateau a été considérablement remodelé par l'avancée et le recul des glaciers. Ainsi, en aval, le fond est occupé par les lacs du Val et de Chambly, bordés de vastes zones marécageuses. Leur origine est liée au blocage de la vallée par des barrages naturels constitués de moraines glaciaires. L’ensemble, d’un remarquable attrait paysager, est un haut lieu touristique. De plus, cette région est riche en sites préhistoriques (néolithique et âge des métaux).

 

Du fait de la géomorphologie accidentée, la variété des groupements végétaux représentés est remarquable : forêts (dont de remarquables érablières de pente et des hêtraies thermophiles), végétation des falaises calcaires, pelouses sèches, mais également bas-marais alcalins et toute une végétation humide associée, sans oublier le cours du Hérisson lui-même. Les lacs de Chambly et du Val revêtent un grand intérêt patrimonial, tant pour leur flore aquatique qu’amphibie. De plus, la proximité de milieux contrastés humides et secs confère à ce site un grand intérêt écologique. Au total, le cortège recensé dans ce secteur comprend neuf plantes protégées en France ou dans la région, dont certaines sont rarissimes. Le choin ferrugineux, la gentiane pneumonanthe, la fritillaire pintade ou encore la fougère des marais, par exemple, sont inféodés aux secteurs marécageux. Le lac de Chambly constitue l’une des rares stations jurassiennes du potamot allongé, qui compte moins de 10 localités en France. La calamagrostide argentée et le plantain toujours vert se trouvent quant à eux dans les secteurs de rochers (unique mention régionale pour cette dernière). Ces habitats sont également favorables à une faune rare et menacée : cuivré des marais (papillon de jour protégé en France), cortège remarquable de libellules, comprenant notamment la très discrète et rare æschne paisible et le cordulégastre annelé, tous deux inféodés aux cours d’eau aux rives boisées. Les falaises escarpées dominant les cascades du Hérisson abritent également le prestigieux faucon pèlerin qui niche dans les anfractuosités des parois.

 

STATUT DE PROTECTION

Les falaises bénéficient d'une protection réglementaire sous forme d'un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope. L'ensemble de la zone est un site classé selon la loi de 1930. En outre, la présence d’espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92, 23/04/07, 19/11/07 et 29/10/09).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

La préservation des zones humides est un enjeu majeur ; il est impératif d’éviter toute opération susceptible de modifier et perturber l'équilibre hydrodynamique des secteurs marécageux (drainage, trous, remblais). La poursuite de pratiques agropastorales extensives dans ces zones et en périphérie, permettant de limiter l’enfrichement naturel de ces habitats, est également à encourager. Dans ce but, le bas-marais du Val Dessous bénéficie d'une gestion conservatoire en relation avec le Conservatoire Régional d’Espaces Naturels.

 

Par ailleurs, afin de garantir des conditions de tranquillité lors de la période de nidification, il convient d'éviter toute source de dérangement aux oiseaux rupestres.

 

Enfin, les cours d’eau de tête de bassin étant particulièrement fragiles, il est essentiel de préserver leurs caractéristiques dynamiques (éviter toute opération d'endiguement, de curage et de recalibrage mécanique), ainsi que la qualité chimique des eaux et l’intégrité des habitats.

Commentaires sur la délimitation
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