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ZNIEFF 430002219
VALLEE SUPERIEURE DE L'ANGILLON

(n° régional : 46000004)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Le Bassin de l’Angillon, englobant un vaste réseau de milieux humides sur une surface de plus de 320 hectares, présente des particularités topographiques et géologiques ayant été profondément marquées par l’épisode glaciaire. D’abord torrent courant au fond d’une vallée encaissée traversant le vaste domaine forestier de la Fresse, puis ruisseau s’écoulant de façon plus calme en nombreux petits méandres lorsqu’il atteint le plateau proprement dit, l’Angillon présente tout le long de son cours une belle mosaïque de milieux humides.

 

Des forêts alluviales de type aulnaie-frênaie se sont installées de façon linéaire le long des berges, dans la partie étroite de la vallée. En bordure des étangs alimentés par l’Angillon, dans la partie la plus plane du site, de vastes fourrés de saules bordent les prairies humides et les tourbières boisées. D’autres groupements végétaux, plus ou moins liés à la présence de l’eau, complètent cet éventail : mégaphorbiaies, roselières, prairies et forêts feuillues ou mixtes…

L’intérêt floristique est loin d’être négligeable puisque l’on dénombre cinq espèces végétales protégées : œillet superbe, géranium des marais, pédiculaire, gentiane pneumonanthe et orchis de Trausteiner.

 

Ce site est également un lieu d’accueil très important pour de nombreuses espèces d’oiseaux (près de quarante espèces dénombrées), liés au milieu aquatique et marécageux dont nombre de migrateurs (limicoles, anatidés…), et pour les amphibiens et la faune piscicole (respectivement trois et deux espèces protégées).

 

Un autre aspect important de ce site trouve son origine dans les caractéristiques géomorphologiques de la région. En effet, les formations glaciaires si propices à l’installation des milieux humides recouvrent un substratum calcaire dans lequel s’est développé un important réseau karstique. Et qui dit réseau karstique, dit grotte. C’est le cas ici avec la grotte de la Doye, long boyau de 350 m sur 5 m de hauteur, qui abrite un certain nombre de chauve-souris. Même si les effectifs restent réduits, 9 espèces de chiroptères ont été contactées et parmi elles les petit et grand rhinolophes.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune mesure de protection réglementaire n’est mise en place sur le site. Mais la présence d’espèces protégées d’intérêt national et régional implique indirectement un statut de protection au milieu ; la législation interdit en, effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les accueillent (arrêtés ministériels des 20.01.82, 08.12.88, 22.06.92 et 19.11.07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Le bassin de l’Angillon est avant tout un lieu où l’agriculture est particulièrement développée et notamment l’élevage laitier, mais l’évolution vers la culture commence à faire son chemin. La sylviculture tient aussi sa place avec le vaste massif forestier de la Fresse, traversé par l’Angillon. Enfin, le creusement d’étangs est un facteur supplémentaire dans le risque de voir disparaître les milieux humides qui caractérisent ce site.

 

Afin d’assurer la pérennité de sa qualité biologique, diverses mesures sont à étudier. L’évolution des milieux humides sera suivie de près afin d’éviter l’atterrissement des plans d’eau et l’enfrichement des prairies humides (fermeture puis disparition de ces habitats). La pratique d’une fauche annuelle des formations à grandes herbes est efficace pour garantir la pérennité de ces milieux. La préservation des populations de chauve-souris dans la grotte de la Doye passe par la limitation de la fréquentation humaine, notamment en période hivernale.

Le maintien des pratiques agricoles traditionnelles de l’élevage bovin laitier se fera par une pression mesurée du pâturage en limitant le nombre de bêtes. La mise en culture et le drainage des sols est à interdire dans les secteurs les plus sensibles, tout comme la création de nouveaux plans d’eau.

La gestion forestière sera maîtrisée en respectant un choix d’essences compatibles avec la nature des terrains et le paysage, notamment en bordure du cours d’eau où l’on interdira la plantation de résineux.

Commentaires sur la délimitation
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