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ZNIEFF 430002223
LAC DE L'ABBAYE

(n° régional : 41047001)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

Comme de nombreux plans d’eau de cette région du Jura, le lac de l’Abbaye, appartenant à l’entité géographique du Grandvaux, est un témoin vivant de l’histoire géologique du massif jurassien. Tout d’abord, le plan d’eau du lac de l’Abbaye voit son émissaire disparaître dans une perte, élément du karst, avant de rejoindre la Bienne presque vingt kilomètres au sud à la Source de l’Enragé. Ensuite, il doit sa formation aux phénomènes du début du Quaternaire où l’ensemble de la région est envahi par les glaciers. Lors de leur retrait, ces derniers ont abandonné des matériaux fins arrachés au substrat en place, à la faveur d’un relief constitué de chaînons abrupts alternant avec des combes plus ou moins allongées, le tout selon un axe nord-est/sud-ouest. Ces dépôts imperméables, la configuration du site, les conditions climatiques particulièrement rudes de cette région et l’omniprésence de l’eau sont à l’origine de l’installation de milieux naturels originaux : tourbières et autres habitats humides.

 

La surface du lac présente une végétation aquatique assez intéressante, marquée par le nénuphar nain et le nénuphar du Jura, protégés en Franche-Comté. Les abords, à l’est, sont fortement dégradés suite aux activités anthropiques (urbanisation, tourisme, enrochement des rives). La bordure occidentale, moins perturbée, est plus intéressante, montrant une succession de milieux marécageux : bas marais à laîche des bourbiers, communauté végétale en nette régression en France, et tourbière bombée lorsque les conditions sont plus acides, les sphaignes ayant isolé la végétation des eaux alcalines. Ces milieux accueillent des espèces remarquables et parmi elles trois espèces protégées au niveau national : rossolis à feuilles rondes, andromède à feuilles de polium et laîche des bourbiers.

En retrait des secteurs les plus humides s’établissent des roselières et des mégaphorbiaies qui assurent la transition avec des prairies humides et des fourrés de saules. Ces milieux ne sont pas dénués d’intérêt puisqu’ils hébergent également plusieurs espèces protégées au niveau national et régional : grande douve, grassette commune, ciguë aquatique, troscart des marais…

 

La faune est également assez remarquable. De nombreux oiseaux d’eau s’ébrouent sur la pièce d’eau ou utilisent les milieux annexes comme site de reproduction, comme c’est le cas pour le râle des genêts ou le fuligule morillon. Les batraciens, parmi lesquels trois espèces sont inscrites dans le livre rouge des espèces menacées en France, utilisent tout à tour le plan d’eau et les milieux humides. Enfin, le nacré de la canneberge, espèce menacée protégée en France, est également un hôte du lac de l’Abbaye.

 

STATUT DE PROTECTION

 

Retenu par la Directive Habitats, ce site héberge de nombreuses espèces végétales et animales protégées, tant au niveau national que régional, qui, par leur présence, assurent indirectement la protection de ce site puisque tout acte de destruction à l’encontre de ces espèces et de leur biotope est interdit (arrêtés ministériels des 20.01.1982, 22.06.1992, 19.11.2007, 29.10.2009 et 23.04.2007).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

 

Ces milieux humides et tourbeux sont fragiles et extrêmement sensibles à de nombreuses contraintes, notamment l’assèchement, l’abandon de certaines pratiques agropastorales, l’apport d’effluents et la fréquentation. Certaines mesures doivent donc être adoptées afin de les préserver.

L’équilibre de ces zones humides ne peut être maintenu, tant d’un point de vue hydrodynamique que trophique, qu’à la condition que les activités de drainage ou d’assainissement et les apports organiques soient évités aussi bien dans la tourbière que dans les prairies alentour. Des pratiques agricoles extensives, tels que la fauche tardive ou le pâturage raisonné, couplés à un débroussaillement occasionnel, permettront de limiter la dynamique végétale vers la fermeture des milieux. Enfin, la fréquentation du public doit être limitée aux secteurs les moins sensibles.

Commentaires sur la délimitation
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