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ZNIEFF 430002242
LAC A LA DAME ET MONT À LA CHÈVRE

(n° régional : 41047009)

Commentaires généraux

Description générale

 

Situé sur le Plateau de Champagnole, à cheval sur les communes de Foncine-le-Bas et Fort-du-Plasne, le site du lac à la Dame et Mont à la Chèvre, occupe une petite dépression formée à la faveur du retrait des glaciers au début du Quaternaire et témoigne ainsi de l’histoire géologique de cette partie du Jura. Le fond de cette cuvette, rendu imperméable par les éléments arrachés aux chaînons calcaires qui l’encadrent lors de cet épisode, accueille un petit lac de montagne à une altitude d’environ 900 mètres. Les conditions topographiques, géologiques et climatiques qui définissent ce site sont à l’origine de milieux particulièrement intéressants. D’un côté, la permanence de l’eau dans la zone dépressionnaire permet la mise en place de milieux naturels originaux : les tourbières. À l’opposé, le contrefort calcaire sur lequel s’appuie cette dépression au nord du site héberge des milieux plus « secs », en ambiance thermophile.

 

Situé au sein d’un paysage à aspect de bocage dominé par des prairies animées de nombreuses haies, le petit lac accueille de belles populations de nénuphars, nain et du Jura, rares et protégés dans la région. Ses proches environs sont colonisés par un bas marais alcalin, caractérisé par un cortège floristique tout à fait typique : linaigrettes, parnassie des marais, swertie vivace, épipactis des marais et quelques mousses remarquables, dont Cinclidium stygium, protégé en Franche-Comté. La valeur patrimoniale du site est encore augmentée par la présence de nombreuses espèces rares dans la région, dont trois sont protégées au niveau national (choin ferrugineux, œillet superbe et laîche des bourbiers) et deux au niveau régional (troscart des marais et ciguë aquatique). Formant une ceinture quasi continue autour du lac, des formations à grandes herbes (mégaphorbiaie, roselière, magnocariçaie) ajoutent à la qualité de l’ensemble et marquent la transition avec les prairies marécageuses oligotrophes. La tourbière de la Grosse Pierre, au sud-ouest du lac, est plus dégradée dans l’ensemble, peu à peu envahie par la molinie. Mais quelques gouilles à sphaignes, comaret et trèfle d’eau méritent d’être mentionnées.

 

Dans son ensemble, ce site est également très favorable à la faune et plus particulièrement aux insectes. Plusieurs espèces de papillons (fadet des tourbières, virgule, hespérie des potentilles…) et de libellules (grande aeschne, aeschne des joncs, cordulégastre annelé…) ont été observées dans cette mosaïque de milieux. Le cuivré écarlate, espèce prioritaire, est également un hôte de la tourbière au sud-ouest du site.

 

Statut de protection

 

Retenu au titre de la Directive Habitats qui assure une protection des milieux en même temps que des espèces, ce site bénéficie également de ce statut compte tenu de la présence d’espèces protégées. En effet, les arrêtés ministériels du 20.01.1982 et du 22.06.1992 assurent en France et en Franche-Comté la protection de certaines plantes et de leur biotope, ce qui est le cas ici pour huit d’entre elles.

 

Objectifs de préservation

 

À l’heure actuelle, ce site ne fait l’objet d’aucune menace généralisée, si ce n’est une augmentation de pratiques agricoles intensives sur les prairies de transition ainsi que l’atterrissement progressif de la tourbière de la Grosse Pierre. La restauration ou le maintien du site ne peut être effectif qu’en agissant sur quelques points. L’équilibre hydrodynamique sera préservé par l’abandon de tout drainage, de creusement de mares ou d’étangs. L’’interdiction ou la diminution forte de l’apport d’effluents, aussi bien dans la tourbière que dans les prairies environnantes, sont nécessaires au maintien de l’équilibre trophique. Des pratiques agricoles extensives (fauche tardive, pâturage raisonné par exemple), de même qu’un débroussaillage manuel occasionnel, permettraient de maîtriser la dynamique naturelle vers la fermeture des milieux ouverts. Le creusement de gouilles, favorable aux odonates, s’ajoute à ce lot d’actions.

Commentaires sur la délimitation
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