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ZNIEFF 430002257
LE LAC, LES LÈCHES ROUGES ET COMBALE CHEVRON

(n° régional : 40000013)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Marqués par un important phénomène de glaciation au début du Quaternaire, le deuxième plateau et la Haute Chaîne du massif jurassien en montrent encore aujourd’hui de nombreux témoins. C’est le cas, par exemple, à Viry, au sud de Saint Claude, où une petite combe et ses flancs accueillent un site exceptionnel sur près de 100 hectares. Exceptionnel, c’est le mot pour décrire ce morceau de territoire où les zones humides, représentées principalement ici par un lac, sa ceinture végétale mais aussi par une tourbière, relique glaciaire de l’épisode géologique cité précédemment, côtoient des pelouses sèches qui colonisent les coteaux morainiques. À cet éventail de milieux s’ajoutent un grand nombre d’espèces végétales et animales, renforçant, s’il en est besoin, l’intérêt écologique du site.

Le plan d’eau du lac de Viry est pourvu d’une végétation aquatique intéressante, imbriquant tour à tour groupements de characées, de potamots et de nénuphars. En fonction de la profondeur et/ou de l’éloignement du plan d’eau, des milieux amphibies puis terrestres s’installent en zones concentriques. Le premier, une roselière à scirpe pauciflore, héberge le rubanier nain, espèce protégée en Franche-Comté. Elle se juxtapose à des magnocariçaies, qui s’étendent d’ailleurs bien au-delà du plan d’eau, tant que les conditions d’humidité persistent. En arrière de ces formations, des micro-cuvettes remplies de sols tourbeux accueillent un bas marais alcalin, première étape dans la formation d’une tourbière. La diversité spécifique est importante et marquée par la présence d’espèces d’intérêt patrimonial fort parmi lesquelles le rossolis à feuilles rondes et la grassette commune, toutes deux protégées, comme la laîche des bourbiers qui colonisent les gouilles ponctuant le bas marais. L’évolution du milieu est traduite par la formation de petites buttes de sphaignes, représentant la tourbière « bombée », assez discontinue ici, mais hébergeant tout de même la rare laîche dioïque. Lorsque les conditions sont moins contraignantes, le milieu évolue vers des prairies plus mésophiles, par l’intermédiaire de prairies humides à molinie et de mégaphorbiaies. Ces dernières, formations herbacées à plantes de grand développement, colonisent les sols riches aux abords des petits ruisseaux d’alimentation ou de déversoir du lac. La floraison estivale de l’œillet superbe, espèce protégée, anime quelque peu ce milieu assez dense.

La spécificité de ce site tient également à la présence de groupements végétaux où les conditions écologiques sont totalement opposées à celles des milieux décrits précédemment. C’est le cas sur les flancs peu marqués des coteaux qui accueillent des pelouses relativement sèches. La dynamique naturelle de la pelouse vers son stade ultime (forêt) est traduite ici par la présence d’une fruticée.

La diversité des milieux favorise également l’installation de nombreuses espèces animales dont un assez grand nombre bénéficie d’un statut de protection. Le fadet des tourbières, papillon diurne très menacé, a trouvé là un milieu qui lui convient. Plusieurs espèces d’odonates fréquentent également le site. Les oiseaux sont également de bons indicateurs de la qualité du site : tarier des prés, pipit farlouse...

STATUT DE PROTECTION

La présence d’espèces végétales et animales, citées dans plusieurs arrêtés ministériels (31.08.1995, 22.06.1992 (plantes) ; 23.04.2007, 19.11.2007, 29.10.2009 (animaux), assure directement la protection de ce site puisque tout acte de destruction à l’encontre de ces espèces et de leur biotope est interdit. Ce site bénéficie également d’un statut de zone spéciale de conservation vis-à-vis de la Directive Habitats.

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Peu menacé, ce site mérite tout de même quelques précautions afin de pérenniser sa valeur patrimoniale. Sa gestion passe par une limitation de l’enfrichement (pâturage ou fauche extensives sur les pelouses, fauche annuelle des zones marécageuses), mais aussi par le maintien d’une alimentation hydrique continue et de bonne qualité.

Prospection 2018 :

Les ceintures de végétations proches du lac sont typiques et semblent en bon état.
Dans les niveaux topographiques supérieurs, un début d’enfrichement a été constaté sur une parcelle récemment abandonnée par l’exploitation agropastorale. Un layon est entretenu, traversant des zones de moliniaie paratourbeuse. La dynamique pré-forestière est prégnante autour du lac.
Plusieurs actions pourraient être mises en œuvre pour freiner l’homogénéisation par les stades de saulaies, rajeunir les habitats, tout en maintenant des mosaïques de chaque stade dynamique :
faucardage de la phragmaitaie, avec rotations dans l’espace et le temps ;
gyrobroyage des Saules ;
fauche et exportation de zones de mégaphorbiaies et moliniaies ;
décapage à différents niveaux dans les tremblants et bas-marais à Choin noirâtre.
Expérimenter le pâturage extensif dans les niveaux topographiques intermédiaires.

Commentaires sur la délimitation
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