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ZNIEFF 430002268
ROCHES DE CHATARD

(n° régional : 33207006)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Entre Hyèvre-Paroisse et Deluz, l'incrustation du Doubs dans le faisceau bisontin rend par endroits le relief presque montagneux, avec des crêts, des monts et des cluses. Au sud de Baume-les-Dames, la Côte d'Aucroix et la Roche de Châtard dominent la vallée du Doubs d'une centaine de mètres. Ces escarpements, constitués des calcaires fissurés du Bajocien, sont très souvent ombragés du fait de leur exposition nord à nord-ouest. Le beau linéaire de falaise et les pentes forestières abruptes confèrent à ce site un grand intérêt paysager et écologique.

Les parois présentent toujours un fort intérêt patrimonial en raison de leur nature primaire et de leur fonction de refuge pour de nombreuses espèces très spécialisées, adaptées à la rudesse des conditions régnant dans de tels milieux. Ces végétaux investissent les anfractuosités, où est parvenue à s'accumuler de la terre fine, à l'instar de la primevère oreille d'ours. Cette espèce, protégée en France, n'est connue en Franche-Comté que de deux autres stations en dehors de la Roche de Châtard. Les fissures les plus ensoleillées abritent également ici l'hornungie des pierres, une plante méditerranéenne protégée en Franche-Comté. Enfin, les nombreuses vires de la falaise fournissent au faucon pèlerin des sites de nidification privilégiés.

En surplomb, certaines corniches accueillent la pelouse xérophile à œillet de Grenoble et fétuque des rochers, avec son cortège d'espèces remarquables. Ce gazon ras côtoie parfois les communautés d'orpins des affleurements rocheux et les buissons épars d'une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier et nerprun des Alpes. Au pied des falaises, des éboulis, anciennement exploités, sont le domaine d'une végétation originale adaptée à la mobilité du substrat, même si ces pierriers tendent à être stabilisés par le développement d'une fruticée à coudrier et par la colonisation de pins. Au sein de cet ensemble graveleux, certaines terrasses pentues offrent également des conditions favorables à la pelouse mésoxérophile à kœlérie et seslérie, un groupement montagnard, assez rare à cette altitude.

Le reste du site est couvert par la forêt, représentée essentiellement par la hêtraie-chênaie à aspérule odorante. Les futaies de la partie sommitale cèdent assez brutalement la place en bordure de corniche à des peuplements rabougris, composés de hêtres et d'alisiers blancs tortueux et plus rarement de chênes pubescents. Sur les pentes, une hêtraie thermocalcicole se substitue à la hêtraie neutrophile sur les stations les plus sèches de la Côte d'Aucroix, tandis que l'érablaie à scolopendre convoite les éboulis mobiles et ombragés de la face nord. Le polystic à soies, fougère protégée en Franche-Comté, peut y être observé. Outre leur intérêt communautaire, toutes ces formations constituent un refuge pour de nombreuses espèces. L'inaccessibilité des pentes les plus fortes favorise en effet la conservation d'arbres morts pour des communautés animales et végétales étroitement liées à cette ressource, beaucoup plus rare dans les forêts exploitées, et offre des zones de quiétude aux mammifères forestiers.

 

STATUT DE PROTECTION

La protection de la falaise est assurée par un arrêté préfectoral de protection de biotope qui garantit la tranquillité du faucon pèlerin en période de nidification. En outre, la présence d'une plante protégée nationalement par l'arrêté ministériel du 20.01.82, de trois plantes protégées régionalement par l'arrêté du 22.06.92, et de deux reptiles et de trois amphibiens protégés nationalement par l'arrêté ministériel du 19.11.07 assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu.

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

La gestion conservatoire de ce site consiste à veiller au maintien des pelouses de corniche et à poursuivre une exploitation forestière respectueuse de la haute valeur patrimoniale des groupements en place. Notons que la spécificité de ces forêts plaide en faveur d'une gestion jardinatoire par bouquets ou pied à pied, voire même d'un abandon de l'exploitation pour les peuplements à faible potentialité.

 

Commentaires sur la délimitation
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