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ZNIEFF 430002331
LES SEIGNES DU MÉMONT

(n° régional : 46000017)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Entre les vallées du Doubs et du Dessoubre, dans la haute chaîne du Jura, le plateau de Maîche est issu de l'érosion d'une structure plissée qui s'est trouvée émoussée. Autour du village du Mémont s'étend un complexe de tourbières d'altitude, dans un contexte paysager de forêts de conifères et de prairies amendées. Ces zones humides sont installées dans des dépressions imperméabilisées par des marnes et calcaires marneux du Jurassique supérieur qui ont favorisé la formations d'horizons superficiels tourbeux..

En altitude, dans le massif du Jura, les facteurs climatiques sont propices à l'installation de tourbières : pluviométrie forte, apportant des eaux acides et peu minéralisées, températures basses et absence de période sèche de longue durée. A partir de cuvettes remplies d'eau, les tourbières se forment et évoluent lentement depuis environ 12 000 ans : colonisation de l'eau libre (tremblants), puis atterrissement (bas-marais alcalin). Le développement d'un réseau karstique induit la création d'îlots soustraits à l'influence des eaux carbonatées. Les sphaignes s'installent sous forme de coussins et contribuent à l'acidification du milieu. Une transition s'opère vers un bas-marais acide, puis vers une tourbière bombée (haut-marais acide). L'écosystème devient complètement isolé fonctionnellement du substrat calcaire. Enfin, l'assèchement et l'installation des ligneux marquent le stade " climacique ".

Les Seignes du Mémont sont occupées par une tourbière boisée, des saulaies, aulnaies et plantations d'épicéas ; les zones ouvertes sont constituées de bas-marais acides, prairies humides tourbeuses, mégaphorbiaies, moliniaie. Quelques ruisselets temporaires et petits plans d'eau sont disposés en bordure des tourbières.

Cette zone recèle une flore typique : bouleau pubescent et violette des marais dans les bois tourbeux, laîche à utricules velus, parnassie des marais et linaigrette à feuilles étroites dans le bas-marais. Sans être rares, ces espèces restent peu fréquentes en raison de la raréfaction des milieux humides qui les hébergent. Parmi les espèces de grand intérêt, citons les linaigrettes à larges feuilles et à feuilles engainantes, la grassette commune, les circées des Alpes et intermédiaire, l'andromède à feuilles de polium, la laîche étoile, ces cinq dernières espèces étant protégées.

Sur le plan entomologique, ce site héberge un cortège de papillons de jour original et varié, typique des formations végétales hygrophiles dans lequel deux espèces protégées sont à signaler : le cuivré de la bistorte et le damier de la succise. Plusieurs espèces d'oiseaux remarquables ont été recensées en période de nidification parmi lesquelles le milan royal, le tarier des prés, la pie-grièche écorcheur. La pie-grièche grise est régulièrement observée en hivernage.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces protégées confère un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92 et 6/05/07 et 29/09/09).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Les tourbières sont d'importants réservoirs hydriques qui jouent un rôle régulateur dans la circulation complexe des eaux superficielles et souterraines de la région. La conservation de l'engorgement des sols est donc la première priorité. Pour cela doivent être évitées toute opération de drainage, d'assainissement ou de creusement d'étangs. La conservation de la qualité des formations végétales passe également par l'interdiction d'apports d'engrais dans les formations humides et dans les prairies situées en périphérie immédiate car ils provoquent un enrichissement en éléments nutritifs générant une banalisation de la flore et de la faune très spécialisées de ces milieux. Cette restriction vise aussi les plantations de résineux qui accélèrent l'assèchement et détruisent les habitats originaux. Il en est de même pour les dépôts de matériaux. Enfin, des opérations de réouverture de boisements doivent être opérées.

 

 

 

 

 

 

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